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La campagne du premier tour a été indigente. Celle du second devient indigne. L'instrumentalisation de faits divers, l'improvisation de bien des propositions, le débauchage sans vergogne de voix extrémistes, tiennent aujourd'hui lieu de débat. Les lignes rouges républicaines sont franchies une à une.

Je veux le dire aujourd'hui avec gravité. C'est une route sans retour. La dérive électoraliste qui s'est engagée est un processus incontrôlable et sans fin. Une concession en entraînera toujours une autre. Un gage à l'extrémisme toujours un plus grand encore. Une digue rompue en fera céder une autre. Halte au feu !

Je ne peux cautionner cette dérive.

Le combat contre la logique des idées simples, de la peur et de la force, c'est l'engagement de toute ma vie politique au nom d'une certaine idée de la France. C'est la même spirale qui a entraîné la guerre en Irak et qui nourrit l'islamisme au nom du choc des civilisations. C'est la même spirale qui entraîne le Proche-Orient vers un désespoir toujours plus profond. La division n'a pas de fin. La haine n'a pas de fond. C'est cette conviction qui avait conduit Jacques Chirac à tracer des limites claires entre la droite républicaine et l'extrême droite. C'est cette conviction qui m'a conduit, cinq ans durant, à alerter contre les risques de dérive, de stigmatisation et de division.

Je ne supporte pas l'hystérie générale qui s'est emparée de l'élection dans laquelle le peuple français est pris en otage par six millions d'électeurs en colère. Aujourd'hui, tout se passe comme s'il n'y avait en France que des électeurs du Front national. Comme s'il n'y avait pas d'autres questions que le halal, l'immigration légale, les horaires de piscines municipales. La compétitivité, l'éducation, l'agriculture, l'innovation : disparues. L'Europe, le chômage, les déficits sociaux, la délinquance ? Lus jusqu'à l'absurde à travers les lunettes déformantes et rétrécissantes du FN. Les responsables politiques ne cessent de se laisser creuser l'écart entre le discours et les actes, nourrissant la rage et le désenchantement. Le FN n'est que le produit dérivé de ce mensonge généralisé.

C'est mon devoir de responsable politique d'assumer aujourd'hui l'exigence de mon héritage gaulliste en disant le poison mortel qui menace la droite : celui du reniement de ses valeurs, celui du sacrifice de ce qui fait notre identité. C'est mon devoir vis-à-vis des électeurs de la majorité qui, comme moi, s'interrogent, doutent du bien-fondé d'une telle politique, mais qui veulent croire que dans cette majorité il y a des hommes et des femmes dont la conscience reste en éveil et qui ne cesseront de se dresser pour que l'intérêt général prévale, pour que la dignité de notre pays l'emporte.

Ne nous abîmons pas. Chacun de nous doit prendre ses responsabilités pour faire revenir notre monde politique à la raison et retrouver un chemin d'espérance, de réconciliation et de refondation. A la force et à la peur, nous ne pouvons, citoyens libres, qu'opposer le droit, la raison et l'humanité.

La véritable réponse à cette dérive, ce sera de reconstruire un avenir pour notre pays.

Aujourd'hui, c'est vrai, la droite m'effraie, mais la gauche m'inquiète. Le 6 mai, quoi qu'il arrive, sera la victoire d'un homme, mais pas la victoire de la France. Tout sera à faire. Tout sera à réinventer. Nous aurons une tâche formidable devant nous: la réconciliation des Français.

Aucun des deux projets ne sera à même d'apporter les réponses nécessaires à une crise d'une gravité exceptionnelle. Alors faisons vivre deux exigences.

La première exigence, c'est de regarder plus loin que cette élection pour affronter les grands défis à venir. Notre réponse au chômage, au déclin industriel, au défi énergétique, notre réorientation vers une économie de la connaissance par une éducation nationale plus juste et plus efficace, notre place en Europe, nous ne les trouverons pas dans l'idéologie. La clé de ces urgences, c'est le rassemblement, c'est l'action, c'est le sens du devoir.

La deuxième exigence c'est, au-delà du bulletin de vote, au-delà du choix d'un nom, d'assumer jour après jour notre citoyenneté, avec vigilance et responsabilité face à tous les grands choix de notre nation.

Mon rôle n'est pas de dire pour qui voter, car chacun doit prendre ses responsabilités. Les citoyens ne sont ni des moutons ni des enfants turbulents. Le 6 mai, que chacun vote en pensant à la France et à ce qu'elle a toujours porté de meilleur, à ses valeurs de respect, de dignité et d'humanisme, parce que, en conscience, il faut bien choisir.

Et le 7 mai, tout restera à faire, il faudra se rassembler pour agir. C'est dans cette ligne que je m'engagerai dans la voie du redressement de notre pays.

 

Dominique de Villepin, ancien Premier ministre

Par P.A. - Publié dans : Discours
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Dominique de Villepin était ce soir l’invité de France 2. Malgré sa volonté indéfectible de concourir à la magistrature suprême, l’ancien Premier ministre a annoncé – «sauf miracle républicain» – ne pas être en mesure de pouvoir réunir les 500 parrainages qui lui permettraient d’être candidat à l’élection présidentielle.

Une triste journée pour la démocratie. «Sauf sursaut républicain» , Dominique de Villepin ne sera pas le onzième candidat à l’élection présidentielle. Il s’en sera fallu de très peu – il a annoncé disposer à l’heure actuelle de 470 parrainages. En dépit de sa stature et de la posture gaullienne dont aucun autre candidat en lice ne peut se targuer, l’ancien Premier ministre ne devrait pas franchir le Rubicon des parrainages le séparant de l’Elysée. Pour Dominique de Villepin, «c’est tout le paradoxe de notre République, un ancien Premier ministre n’est pas en mesure de se présenter à l’élection présidentielle tandis que d’autres candidats plus farfelus réussissent sans encombre à réunir ces précieux sésames» , a-t-il déploré.

Dominique de Villepin a fustigé cette «République des partis» qu’il accuse d’avoir confisqué l’élection présidentielle aux Français. «Les maires et les élus semblent prisonniers de réseaux et autres intercommunalités et ont parfois peur de perdre leur subvention en donnant leur parrainage à un candidat» . Parrainage qui rappelons-le n’est rien d’autre qu’un acte administratif et non un soutien en bonne et due forme.

Invité ensuite à se prononcer sur un soutien éventuel à un autre candidat, Dominique de Villepin a indiqué qu’il ne fuirait pas ses responsabilités, mais a tenu également à mettre en exergue la cohérence et la constance dont il a fait preuve tout au long de cette première phase de campagne : «Le ralliement ne fait pas partie de mon tempérament» . Mais à défaut de soutenir une personnalité, Dominique de Villepin a rappelé soutenir un principe : «L’union nationale» .

La suite ? Dominique de Villepin n’est pas homme à renoncer et jettera toutes ses forces dans la bataille, «jusqu’à la dernière minute» pour retourner une situation fortement compromise. La ligne d’arrivée est toute proche puisque demain à 18h les portes du Conseil constitutionnel se refermeront. Et bon nombre de candidats resteront tels d’éphémères étoiles filantes dans la galaxie politique. Dominique de Villepin n’entend pas être de ceux-là et se battra «jusqu’au bout» . Et de promettre, quoi qu’il advienne, à ses partisans des lendemains qui chantent : «Je continue la politique et apporterai toute mon énergie à la France» .

 

Source: dominiquedevillepin.fr

Par P.A.
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Dominique de Villepin peine toujours à rassembler ses derniers parrainages. L’ancien Premier ministre, qui exclut tout ralliement à un autre candidat, sera l’invité demain soir du 20 Heures de France 2.

 

Le Parisien: Qu’avez-vous pensé du discours de Nicolas Sarkozy dimanche à Villepinte?

Dominique de Villepin: C’est un discours qui s’efforce de faire le point sur les relations entre la France et l’Europe, et qui met l’accent sur un certain nombre de questions difficiles, en particulier les questions de sécurité. Or, il faut avoir une vision de l’Europe, de l’ambition européenne, qui dépasse les questions de protection et de sécurité. Je pense notamment qu’il est très important de mettre sur la table nos relations avec l’Allemagne et de réaffirmer les positions de la France. Ce qui se joue dans la relation franco-allemande, c’est l’équilibre franco-européen. Ce rééquilibrage est le grand sujet absent du discours de Sarkozy. Je regrette que l’Europe ne soit vue qu’à travers une vision critique et punitive, qui est celle de la sécurité, de la protection et du patriotisme économique.

Aurez-vous vos 500 parrainages?

Nous nous battons pour cela. Nous avons aujourd’hui dépassé les 460. Inutile de le dire, la polémique du week-end n’a pas facilité les choses (NDLR : sur son ralliement supposé à Nicolas Sarkozy, nos éditions du 11 mars). Pour un certain nombre d’élus, ce ne sont pas des arguments très favorables à l’octroi des parrainages.

Mettez-vous personnellement la main à la pâte?

C’est un travail constant, que nous faisons les uns et les autres, élus, équipe au QG, nos gens sur le terrain, et moi évidemment à la tâche, à appeler les élus locaux, pour débloquer les situations les plus délicates. C’est une tâche difficile, très difficile. Nous saurons mercredi ou jeudi exactement où nous en sommes. Nous nous donnons tous les moyens pour réussir.

Jacques Cheminade, qui n’est pas comme vous ancien Premier ministre, a pourtant eu ses signatures. Comment est-ce possible?

Je pense qu’il est plus facile pour un maire, en tout cas dans son esprit moins dangereux, de donner son parrainage à un farfelu qu’à quelqu’un de sérieux qui éventuellement peut déplaire à tel ou tel dans le jeu politique.

Si vous n’aviez pas les parrainages requis, appelleriez-vous à voter pour un autre candidat?

Le ralliement ne fait pas partie de mon projet, de mon programme, de ma personne, de mon tempérament. Quand vous défendez comme moi l’union nationale, vous ne rentrez pas dans des querelles de personnes, donc je me déterminerai au vu et au su de la campagne. Ce qui est pour moi l’essentiel, c’est l’esprit de rassemblement, l’ambition de la refondation française et l’ouverture au monde.

Source: Le Parisien

Par P.A. - Publié dans : Interview
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Dominique de Villepin, candidat à la présidentielle, a démenti dimanche tout retrait de sa candidature au profit de Nicolas Sarkozy.

 

Pas question de suivre le chemin d'Hervé Morin ou de Christine Boutin. Dominique de Villepin a une nouvelle fois démenti dimanche les rumeurs de presse selon lesquelles il s'apprêterait à jeter l'éponge et à rallier Nicolas Sarkozy. « Ces rumeurs sont totalement infondées », a assuré l'ex-Premier ministre et candidat à la présidentielle.

François Bayrou, candidat MoDem à la présidentielle, avait également implicitement tendu la main à Villepin cette semaine en affirmant que « tous ceux qui veulent sortir de l'affrontement désespérant droite-gauche » avaient leur place à ses côtés. « Le ralliement ne fait pas plus partie de mon programme aujourd'hui qu'hier. La bataille des parrainages continue », avait aussitôt réagi sur son compte twitter le fondateur de République Solidaire.

 

Dominique de Villepin indique avoir recueilli environ 450 parrainages sur les 500 requis pour pouvoir se présenter. Des difficultés dont il refuse d'endosser la responsabilité. « Que se passera-t-il si je suis empêché, comme c’est le cas aujourd’hui, de me présenter à l’élection ? Il n’y aura aucun candidat à droite pour faire valoir qu’une alternative à la candidature du président sortant est possible », a t-il regretté sur son site de campagne, en fustigeant « ceux qui préféreraient » le voir « se taire ». Le candidat doit impérativement récolter les signatures manquantes avant le 16 mars. En cas d'échec, contrairement à Nicolas Sarkozy, Villepin ne compte pas se retirer de la vie politique. « Je ne vais pas aller bouder et me tourner les pouces », a-t-il ironisé.

 

Source: France Soir

Par P.A.
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http://www.republiquesolidaire.fr/wp-content/uploads/2012/03/villepin-libé.jpg

 

Plus on s’approche de l’échéance, plus la campagne s’oriente vers une confrontation Hollande-Sarkozy. Comment expliquez-vous cette inéluctable bipolarisation?

L’élection présidentielle est devenue un choix dans la main des partis qui imposent aux citoyens leurs candidats. On pourrait avoir des partis pragmatiques. Mais non! Ils sont idéologiques et fonctionnent selon un principe simple, celui de l’électrode qu’on accroche à la queue de la souris blanche: il faut envoyer l’impulsion électrique qui la fera sursauter. A droite, paf, un petit coup d’immigration! Ça ne marche pas assez fort? Un petit coup de sécurité! Pareil à gauche: un petit coup sur les riches! Mais il ne se passera rien. Nicolas Sarkozy ne fera jamais ces référendums et François Hollande, même s’il met en place sa tranche d’impôt à 75%, sera obligé de corriger trois mois plus tard.

Mais un candidat qui se dit «au-delà» des partis et des clivages ne paraîtrait pas inaudible?

On confond toujours la conquête et l’exercice du pouvoir. La classe politique est obsédée par la conquête du pouvoir mais ne l’exerce pas. Même après l’élection, on reste dans la recherche de ce socle dur et rarement dans le rassemblement ou dans le dépassement des clivages.

Est-ce le cas de Nicolas Sarkozy qui entame sa campagne sur un ton très droitier?

Il a un parti pris: durcir les positions comme sur l’immigration, la justice, la sécurité. Il fait le même calcul politique qu’en 2007. Sauf que ça ne rassemble pas les Français et que l’intérêt général est écorné.

Peut-il encore gagner?

Sarkozy croit qu’en appuyant là où ça fait mal, il va reprendre la main. En clivant. Or il n’a pas gagné en 2007 en radicalisant mais parce qu’il a capitalisé sur l’énergie du changement. Il radicalise à nouveau sa campagne mais risque vraisemblablement de perdre car il est en profond déséquilibre, sans vision de la société.

La semaine passée, où Nicolas Sarkozy a été chahuté à Bayonne, a-t-elle été décisive pour lui?

On est dans le moment où les choses se fixent. La semaine passée comptera peut-être double. Rien n’est irrattrapable mais le calcul, la cuisine, l’arrière-pensée électorale, sans finesses, sans âme ni intuition, cela donne une catastrophe annoncée.

Etes-vous encore de droite?

Je suis gaulliste et je crois que, aujourd’hui, être de gauche ou de droite est un luxe qu’on ne peut plus s’offrir.

Est-ce crédible de prôner ce rassemblement et de faire campagne seul? Est-ce qu’il ne fallait pas regrouper vos forces, avec François Bayrou par exemple, pour l’élection?

Les rapprochements sont possibles avec tout le monde mais je ne veux pas tromper les Français. Je ne suis pas pour un rapprochement avec X ou Y, le seul choix qui s’impose à la nation, c’est de se retrouver dans l’action.

Pensez-vous pouvoir porter ce message avec une candidature solitaire?

Vous, les journalistes, êtes guidés par la loi du plus fort. Oui, j’aimerais que ma campagne rencontre plus d’écho. Mais le combat mérite d’être livré en dépit de tout.

A vous écouter, vous seriez le seul à regarder cette réalité en face, à dire des choses qui fâchent…

Je n’ai pas cette prétention mais j’ai une expérience gouvernementale et surtout, une expérience de l’Etat. Je ne suis pas là pour vendre ma camelote mais pour que l’on revienne aux réalités. Or nous sommes aujourd’hui dans des exercices de politique-fiction. En 1995, quand je suis devenu secrétaire général de l’Elysée de Jacques Chirac, j’ai pris conscience que je n’avais rien dans les mains. Tout est si difficile, il y a tant de résistance, d’inertie, qu’il faut y revenir à dix fois. L’Etat est fait d’une tuyauterie complexe, il faut en permanence vérifier que la décision prise en haut est bien appliquée en bas. La politique est devenue une tromperie: on fait semblant d’avoir des leviers dans les mains.

Est-ce à dire que la politique, d’autant plus dans un contexte aussi fort de crises économique, sociale et internationale, ne peut rien?

C’est le non-dit de la campagne: la situation est beaucoup plus grave qu’une crise. Une crise est une étape difficile à passer mais qui prépare un sursaut. Là, nous sommes dans une situation historique irréversible, où le monde a basculé. Ce n’est pas l’affaire de quelques décennies.

Et alors?

Il y a un grand malentendu: nos compatriotes n’ont pas compris – ou on ne leur a pas expliqué – que notre système économique n’est plus viable. On doit le revoir en profondeur, le recentrer sur les secteurs d’excellence, élever la qualité pour compenser le fait que notre main-d’œuvre coûte beaucoup plus cher qu’ailleurs. On assiste à une course compassionnelle aux entreprises qui ferment, avec des candidats qui se font photographier en pleurnichards. Ces images démagogiques ne doivent pas faire oublier qu’une entreprise doit se réinventer pour ne pas fermer.

En quoi votre programme est-il plus connecté à la réalité?

Le cœur de mon projet, c’est de dire que la politique, si elle ne se donne pas des leviers, est impuissante. Réduire le nombre de parlementaires est indispensable pour retrouver une démocratie de responsabilités et de moyens. Quand je plaide pour un gouvernement à dix ministres, ce n’est pas non plus pour couper des têtes mais pour redéfinir le périmètre de l’Etat. Je propose aussi de créer huit régions car, telles qu’elles sont, elles ne peuvent pas se battre à armes égales avec les Länder, ni avec les provinces espagnoles ou italiennes. Si tous les quinze jours, un conseil territorial se réunit sous l’égide du Premier ministre avec les huit présidents de région, on aura enfin des gens qui débattent et décident.

En juin 2009, quand vous créez votre mouvement République solidaire, l’attente est réelle autour de vous. Y a-t-il eu un rendez-vous manqué entre vous et les Français?

Il y a eu beaucoup de bâtons dans les roues, une orchestration pour manger la substance de mon mouvement. Il était aussi plus facile de capitaliser sur un désenchantement. J’ai compris très tôt que ce quinquennat allait échouer. On m’a taxé d’antisarkozysme mais ce n’est pas une question de personnes et à chaque étape j’ai voulu proposer et prévenir, en faisant preuve de lucidité et d’exigence. Les choix d’un gouvernement invisible, d’un non-chef de gouvernement ne pouvaient pas se traduire par des résultats visibles.

Mais dénoncer n’a pas suffi…

Expliquer aux Français que les efforts qu’ils ont faits depuis trente ans n’est rien par rapport à ceux qui les attendent, ça, ça ne passe pas. Ils ne sont pas prêts à faire ce qu’il faut pour sauver la France. Ils vont se réveiller le 7 mai avec la gueule de bois. Comme en 1995: je savais que l’espérance de la réélection de Chirac serait déçue. Le diagnostic sur la fracture sociale était bon, mais les propositions trop limitées. Aujourd’hui, de la même manière, rien n’est à la hauteur du défi qui nous est imposé…

Le vôtre, c’est déjà d’obtenir les 500 parrainages. On a le sentiment que vous en avez fait le deuil.

Mais non! Au contraire! Je consacre toute mon énergie pour les obtenir. Mais c’est un combat difficile. On est aujourd’hui à un peu plus de 430 signatures. Je me battrai jusqu’au bout.

Vous êtes resté discret sur ce point contrairement à d’autres «petits» candidats…

La plainte du politique est insupportable, pathétique. L’homme politique devrait avoir plus de coffre. On dit de moi: “Il n’y croit pas, parce qu’il ne se plaint pas”. Il faut y croire et se battre. J’ai eu du plaisir, et j’ai du plaisir à faire cette campagne…

Et vous vous faites photographier pour «Le Monde» façon Sisyphe poussant son rocher, vous vous dites candidat «par devoir»…

Mais il y a un honneur à se battre. Je souhaite continuer. La politique perd une liberté fondamentale: défendre une idée de la vie collective, de l’audace. Vous dormez facilement, vous, quand on massacre des enfants en Syrie? Il faut agir. Au lendemain de la réélection de Vladimir Poutine, il faut reprendre l’initiative et chercher à travailler avec la Russie à un moment où la pression intérieure est forte. Il faut, pour la Syrie, une intervention humanitaire en s’appuyant sur une organisation régionale, la Ligue arabe, et une organisation immorale, l’Union européenne.

Immorale, l’Europe, ou impuissante?

A un moment, l’impuissance confine à l’immoralité. Elle a peur, l’Europe. Elle est frileuse, minable, pathétique. Elle est surtout dangereuse pour elle-même: elle s’enfonce, elle s’efface. On n’a pas le droit d’être médiocre. On n’a pas le droit, quand on dirige la France ou l’Allemagne, de choisir les plus tièdes pour représenter 27 pays. Elle n’est qu’un espace aux valeurs molles dirigé par des têtes molles. La diplomatie ne doit jamais baisser les bras, c’est l’art du plus grand risque au service de la paix et de la justice et non celui d’accommoder les restes.

Face à ces crises globales, seriez-vous prêts à rejoindre un gouvernement d’union nationale? Que ferez-vous après l’élection?

L’union nationale est indispensable et je ne cesse de plaider en ce sens depuis plus d’un an. Je ne suis candidat ni à une mission ni à un poste ministériel. Je ne suis pas candidat à la mairie de Paris ni dans la circonscription du VIIe arrondissement! J’ai appartenu à cette majorité dont j’ai été le chef. Je n’ai pas le goût de la transgression ou de la stratégie politique perverse. Je crois à l’engagement et à la fidélité. Je ne me suis jamais déterminé par amour-propre, mais en fonction du seul intérêt général.

Source: Libération

Par P.A. - Publié dans : Interview
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L’ancien premier ministre a tempéré lundi ses critiques à l’égard du gouvernement et assuré que, s’il ne peut être candidat, il s’engagerait.

Depuis les retraits de Christine Boutin, Hervé Morin ou Frédéric Nihous, il est le dernier dans la majorité à contester la candidature du président sortant. Dominique de Villepin s’était déclaré le 11 décembre, au terme d’un quinquennat où il n’a pas épargné l’action de Nicolas Sarkozy. L’ancien premier ministre a aussi défrayé la chronique judiciaire ces cinq dernières années, de l’affaire Clearstream – pour laquelle il a été relaxé en septembre 2011 – à ses auditions dans le cadre de l’enquête sur le volet financier de l’affaire Karachi.

En termes d’intentions de vote, Villepin reste cependant loin derrière: depuis la mi-janvier aucun institut ne le donne à plus de 2%. Quant aux parrainages, il vient de dépasser la barre des «420 signatures», comme il l’assurait lundi au «Talk 2012 Orange-Le Figaro». «Il nous reste une dizaine de jours pour en trouver 80. Je me bats pour cela et j’ai décidé de consacrer tout mon temps à la recherche de ces parrainages», dit-il en assurant qu’il a «suspendu un certain nombre de déplacements» pour se concentrer sur la priorité: réunir 500 parrainages avant le 16 mars.

«Le choix des mots»

Et s’il n’était pas candidat? «Je m’engagerai», promet-il. En faveur de qui? L’ancien premier ministre ne veut pas le dire. Mais donne des indices. Il prend encore le soin de renvoyer dos-à-dos gauche et droite. «La gauche va promettre de s’en prendre aux riches, de revenir en arrière sur les retraites, d’embaucher 60.000 fonctionnaires dans l’éducation. Elle ne le fera pas», annonce-t-il. «La droite pointe le doigt vers les étrangers, les immigrés, surenchérit sur la justice et la sécurité», prenant le «risque de stigmatiser», explique-t-il par ailleurs.

«Je n’ai jamais été favorable au vote des étrangers aux élections municipales car je lie la citoyenneté et le droit de vote. Il faut préserver ce lien très fort», explique-t-il encore. Dominique de Villepin désapprouve également la prise de position de Claude Guéant, qui lie droit de vote des étrangers aux municipales et généralisation dans les cantines de repas halal. Mais cette critique relève de la forme, «dans le choix des mots et du moment», explique-t-il.

Et s’il regrette «qu’en Afghanistan nous n’ayons pas engagé plus tôt le retrait de nos troupes» ou «qu’en Syrie, nous n’allions pas plus vite et plus loin», l’ancien ministre des Affaires étrangères reconnaît volontiers des «actions qui méritent d’être saluées» durant le quinquennat, comme la présidence de l’Union européenne ou les initiatives sur la Géorgie ou sur la Libye. Une indulgence dont il a rarement fait preuve à l’égard du gouvernement.

Source: Le Figaro

Par P.A.
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Par P.A. - Publié dans : Interview
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Dominique de Villepin, candidat de République Solidaire à l’Elysée, a assuré vendredi que François Hollande et Nicolas Sarkozy «prennent les Français pour des couillons».

«Nous sommes devant des candidats qui adoptent des marqueurs idéologiques. C’est un combat absurde: ni l’un ni l’autre ne mettra en application ce qu’ils disent, ils ne le pourront pas», a lancé l’ancien Premier ministre sur BFMTV-RMC.

«Ce sont des attrape-couillons, ils vont à la pêche aux voix et prennent les Français pour des couillons», a déclaré Dominique de Villepin.

«Le candidat qui dirait retraite à 60 ans, le 10 ou le 15 mai, serait immédiatement corrigé par les marchés. Et on peut faire abstraction de tout, mais pas de la réalité: on ne peut pas revenir en arrière», a-t-il estimé.

«Nous devrions pouvoir être qualifiés»

De même les projets de référendum de Nicolas Sarkozy «n’auront pas lieu». «Vous êtes devant des candidats qui s’amusent avec les Français et les prennent pour des gogos», a insisté l’ancien ministre des Affaires étrangères et de l’Intérieur.

«Cette élection n’a pas lieu: ce ne sont pas les Français qui choisissent, ce sont les partis, les communicants qui choisissent. Et les candidats de chair et de sang qui ont une expérience, susceptibles d’avancer des idées qu’ils pourraient appliquer, ceux-là n’ont pas droit de cité», a-t-il assuré.

Le président de République Solidaire a indiqué avoir lui-même passé la barre des 400 parrainages sur les 500 requis pour briguer l’Elysée. «Nous devrions pouvoir être qualifiés».

Source: Agence France Presse

Par P.A. - Publié dans : Interview
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