Dominique de Villepin au Parisien: « Le ralliement ne fait pas partie de mon projet »

Publié le par P.A.

Dominique de Villepin peine toujours à rassembler ses derniers parrainages. L’ancien Premier ministre, qui exclut tout ralliement à un autre candidat, sera l’invité demain soir du 20 Heures de France 2.

 

Le Parisien: Qu’avez-vous pensé du discours de Nicolas Sarkozy dimanche à Villepinte?

Dominique de Villepin: C’est un discours qui s’efforce de faire le point sur les relations entre la France et l’Europe, et qui met l’accent sur un certain nombre de questions difficiles, en particulier les questions de sécurité. Or, il faut avoir une vision de l’Europe, de l’ambition européenne, qui dépasse les questions de protection et de sécurité. Je pense notamment qu’il est très important de mettre sur la table nos relations avec l’Allemagne et de réaffirmer les positions de la France. Ce qui se joue dans la relation franco-allemande, c’est l’équilibre franco-européen. Ce rééquilibrage est le grand sujet absent du discours de Sarkozy. Je regrette que l’Europe ne soit vue qu’à travers une vision critique et punitive, qui est celle de la sécurité, de la protection et du patriotisme économique.

Aurez-vous vos 500 parrainages?

Nous nous battons pour cela. Nous avons aujourd’hui dépassé les 460. Inutile de le dire, la polémique du week-end n’a pas facilité les choses (NDLR : sur son ralliement supposé à Nicolas Sarkozy, nos éditions du 11 mars). Pour un certain nombre d’élus, ce ne sont pas des arguments très favorables à l’octroi des parrainages.

Mettez-vous personnellement la main à la pâte?

C’est un travail constant, que nous faisons les uns et les autres, élus, équipe au QG, nos gens sur le terrain, et moi évidemment à la tâche, à appeler les élus locaux, pour débloquer les situations les plus délicates. C’est une tâche difficile, très difficile. Nous saurons mercredi ou jeudi exactement où nous en sommes. Nous nous donnons tous les moyens pour réussir.

Jacques Cheminade, qui n’est pas comme vous ancien Premier ministre, a pourtant eu ses signatures. Comment est-ce possible?

Je pense qu’il est plus facile pour un maire, en tout cas dans son esprit moins dangereux, de donner son parrainage à un farfelu qu’à quelqu’un de sérieux qui éventuellement peut déplaire à tel ou tel dans le jeu politique.

Si vous n’aviez pas les parrainages requis, appelleriez-vous à voter pour un autre candidat?

Le ralliement ne fait pas partie de mon projet, de mon programme, de ma personne, de mon tempérament. Quand vous défendez comme moi l’union nationale, vous ne rentrez pas dans des querelles de personnes, donc je me déterminerai au vu et au su de la campagne. Ce qui est pour moi l’essentiel, c’est l’esprit de rassemblement, l’ambition de la refondation française et l’ouverture au monde.

Source: Le Parisien

Publié dans Interview

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