Action gouvernementale

L'ancien premier ministre ne mâche pas ses mots à l'égard des réformes de Nicolas Sarkozy : un plan de relance inefficace, des libertés individuelles menacées, et un président coupé de la réalité.

C'est un véritable pamphlet à l'encontre de la politique de Nicolas Sarkozy. Sur LCI et dans un entretien au Parisien vendredi, l'ancien premier ministre Dominique de Villepin porte un jugement sévère sur la politique du gouvernement. Il s'en prend notamment à la politique de relance par l'investissement dans les infrastructures et les travaux publics.

C'est une mauvaise décision, à ses yeux : «Les effets risquent d'être trop lents, d'avoir peu d'incidence sur l'emploi et au bout du compte de n'être pas utiles pour notre économie !». Il prône au contraire « deux leviers plus efficaces » : pour lui, la solution aurait été de « privilégier le logement », pour un effet rapide, car il «emploie beaucoup de main-d'œuvre », et « d'investir dans l'innovation», pour des «réformes de fond, qui permet de préparer l'avenir». «Ce n'est pas un plan de relance dont nous avons besoin, mais d'un plan de modernisation s'accompagnant d'une aide aux plus fragiles», souligne-t-il encore. Il appel de ses vœux une réforme qui ne soit pas faite «avec des arrières pensées politiciennes ».

L'ancien premier ministre se fait plus mordant : «aujourd'hui, on est dans la réforme tous azimuts, mais surtout dans la dispersion de l'effort». Il craint ainsi la «confusion et la division qui épuisent nos forces ». Sur LCI, il ne manque pas de stigmatiser « l'hyperactivité » du président. Une critique revendiquée d'ailleurs par Nicolas Sarkozy mercredi : « On dit ‘omniprésident', je préfère qu'on me dise ça plutôt que ‘roi fainéant'.»

 

>Danger à «museler» l'opinion

Pour Dominique de Villepin, le président est coupé de la réalité des Français. «Faire des images, c'est une chose, mais je crois qu'on a besoin de temps en temps de se recaler à la réalité. Donc je souhaite que le président reprenne contact avec la réalité nationale», lance-t-il.

Interrogé sur la stratégie du gouvernement, il précise qu'elle «doit être adaptée à notre situation budgétaire, à notre système économique et à nos fragilités sociales». «Nous sommes un pays à faible consensus social» reconnaît-il. «Nous supportons le fardeau d'initiatives idéologiques, l'une de gauche et l'autre de droite : les 35 heures, qui coûtent au budget plus de 20 milliards d'euros par an, et les 15 milliards du paquet fiscal». «Ne faisons pas comme si accroître les déficits étaient indolore», prévient-il. Et de rappeler le déficit budgétaire de 100 milliard en 2009, et la dette publique de 1100 milliards.

L'ancien premier ministre met en garde enfin contre une «régression des libertés publiques», estimant qu'»il y a un danger à vouloir museler l'opinion dans cette période» de crise. «Les Français souffrent dans leur vie quotidienne, sur le plan économique et social, il ne faut pas qu'ils souffrent sur le plan des libertés». Il clame ainsi haut et fort son opposition à plusieurs réformes récentes du gouvernement : «C'est une erreur de vouloir nommer le président de France Télévision par l'Elysée, une erreur de vouloir supprimer le juge d'instruction sans la contrepartie d'une indépendance du parquet. Et ce serait une erreur de réduire le pouvoir d'amendement des textes de loi par les parlementaires».

Dominique de Villepin est entré en guerre ouverte avec le chef de l'Etat depuis l'affaire Clearstream dans laquelle il est mis en examen. L'ancien premier ministre est en train de préparer sa défense après son renvoi en correctionnel.


Source: Le Figaro

Par P.A.
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Les prélèvements obligatoires diminuent. Après trois années de hausse, les prélèvements obligatoires ont reculé en 2007. Ils ont représenté 43,3% du PIB, soit 0,6 point de moins que l'année précédente. La diminution de l'impôt sur le revenu votée sous le gouvernement Villepin, accompagnée de la revalorisation de la prime pour l'emploi, a allégé la fiscalité, à hauteur de 0,8 point de PIB, calcule l'Insee. Le paquet fiscal voté à l'été 2007 à l'initiative de Nicolas Sarkozy n'a eu qu'un impact marginal sur les comptes publics de 2007.

Source: Challenges.fr
Par P.A.
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Par Hervé Nathan, rédacteur en chef à Marianne. La croissance du PIB ne doit rien aux réformes de Sarkozy : c'est un effet conjugué des réformes Villepin et de l'augmentation du pouvoir d'achat des Allemands. Alors merci qui?

C'est fou ce que la politique française peut être accrochée aux statistiques. C'est même une des « exceptions françaises » dont nous n'avons pas forcément lieu d'être très fiers (à la différence du cinéma). Les exemples de fausses polémiques à propos de la croissance sont légion dans notre histoire politique. Un exemple : dans les années 90, on s'aperçut avec plusieurs années de retard que le gouvernement de Michel Rocard avait bénéficié d'une croissance du PIB d'environ 5%. Historique !… Les mitterrandiens s'en étaient d'ailleurs aussitôt servi pour reprocher à Rocard de ne pas avoir profité de cette période exceptionnelle pour réformer davantage…
Rebelote cette semaine avec le chiffre de la croissance. De quoi s'agit-il ? D'une variation picrocholine de l'estimation du PIB par l'institut de la statistique. Au lieu du +1,9% prévu en 2007, nous avons eu 2,2%. Et le premier trimestre 2008 est bon, à +0,6%. Des chiffres qui seront bientôt rectifiés à leur tour, en positif ou en négatif, puisque l'Insee met plus d'un an à établir des données définitives. Mais cela a suffi à déclencher des tempêtes de félicitations dans la majorité. La ministre de l'Economie a « jubilé » publiquement. Embrassons-nous, Folleville ! Ecrasons la volaille socialiste !
C'est de bonne guerre politique ? Peut-être, mais c'est jouer avec la réalité en tirant la couverture à soi que de prétendre, comme le fait notre président, que « Cette croissance, on l'a dopée par toutes les mesures que nous avons prises (...) L'économie française, si on la libère de ses contraintes, si on encourage les gens à travailler au lieu de les décourager, elle créé des emplois. C'est une réalité. »

Les effets du paquet fiscal sur la croissance? Pas avant juin 2008 !
Et bien non, ce n'est pas une réalité. Si la consommation a bien tenu en 2007, ce n'est pas grâce à la loi TEPA, (le paquet fiscal, 14 milliards d'euros en année pleine), votée en juillet, appliquée à partir de novembre, et dont les effets ne se feront sentir pleinement qu'en milieu d'année 2008. Et encore si les ménages les plus aisés ne profitent pas des milliards distribués pour garnir leur épargne. Non, s'il y a eu un effet fiscal sur l'activité du pays, il est dû à la réforme de Dominique de Villepin. 5 milliards d'euros de réduction de l'impôt sur le revenu redistribués en 2007 . Voici ce qui a un peu amélioré le revenu disponible des ménages, même si cela a accentué les inégalités dans notre pays.
De même, si au début de 2008 les exportations se portent mieux, entraînant la croissance, c'est certainement parce que l'Allemagne, notre premier client, connaît un rebond spectaculaire : +1,5%, grâce à une légère augmentation du pouvoir d'achat.
Alors, à quand un flash spécial, montrant notre Nicolas national, sur le perron de l'Elysée, disant « Merci Dominique, merci Angela, au nom de la France, de l'UMP, de François, de Carla et moi-même ». Et puis leur faisant porter, en notre nom à tous, une Patek Philippe avec son effigie en fond de cadran. Cela aurait de la gueule, et, ce qui est rare, ce serait politiquement honnête.


Source: Marianne | Hervé Nathan

Par ailleurs toujours sur ce sujet, il est assez drôle de voir le gouvernement s'accaparer ces résultats alors même qu'il y a à peine quelques jours nos gouvernants nous expliquaient qu'il fallait attendre avant de voir les résultats des prétendues réformes de ce quinquennat. On nous disait que seul le temps permettrait aux "réformes" de donner toute leur efficacité... Un coup de baguette magique aurait-il permis d'accélerer le temps? Dire tout et son contraire c'est bien là la signature de notre Président. Sauf à être aussi incompétents que ceux qui nous dirigent depuis un an, on ne peut pas penser que, comme pour la baisse du chômage, les résultats en matière de croissance seraient dûs à l'inaction actuelle, la communication ne fait pas de miracles, seul un travail réél comme celui du gouvernement de Dominique de Villepin a pu avoir les effets que l'on constate aujourd'hui. Qui pourrait citer une réforme faite par Nicolas Sarkozy en matière de  lutte contre le chômage? Soyons réalistes depuis un an rien n'a été fait dans ce domaine. Quant à la croissance, tout le monde se rejoint pour dire que le peu de mesures prises sont soit inéfficaces ou n'ont pas encore porté leurs fruits. Il faut bien mettre au crédit du précédent gouvernement ces résultats qui soulignons le, ne sont pas une fin.
Communication et usurpation, la nouvelle devise de notre Président? Avec lui tout devient possible effectivement...

P.A.
Par P.A.
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Devant les députés UMP, Nicolas Sarkozy a lancé plusieurs attaques. Dans le colimateur du chef de l'Etat : Jacques Chirac, mais également plusieurs médias

Recevant pour son premier anniversaire à l'Elysée 262 députés UMP, Nicolas Sarkozy a lancé, mercredi 7 mai, une charge contre son prédécesseur Jacques Chirac, et contre la presse.

Plusieurs participants ont rapporté des propos peu amènes envers le prédecesseur de Nicolas Sarkozy à l'Elysée : "Chirac a mis 21 ans à se faire élire. Moi, je l'ai été du premier coup", aurait par exemple déclaré Nicolas Sarkozy.

Avant de préciser : "Il a fait une réforme et demie, son premier septennat s'est arrêté en décembre 1995 sur un recul sur la réforme des régimes spéciaux".

"Moi, je n'ai pas l'obsession de durer et je mène tout de front", a affirmé le chef de l'Etat.

Le député UMP de la Drôme Hervé Mariton a estimé jeudi 8 mai que les "piques" de Nicolas Sarkozy n'étaient pas "utiles" pour faire valoir son "action réformatrice".

Un sondage qui ne passe pas

Le chef de l'Etat a également accusé la presse de ne pas avoir suffisamment relayé la condamnation de Ségolène Royal dans l'affaire de ses ex-collaboratrices. Il a cité L'Express, Marianne, Le Parisien, l'AFP et le Journal du Dimanche, selon des participants.

Le chef de l'Etat reproche notamment à ce dernier de ne pas avoir publié dans son édition papier un sondage plus positif que les autres sur sa récente intervention à la télévision.

"Décidément, Nicolas Sarkozy ne change pas. Il pense que s'il est en difficulté aujourd'hui dans les sondages et rencontre la défiance des Français à son égard, c'est la faute de la presse", a affirmé M. Hollande.

Pour ce dernier, le président de la République "se pose ainsi en victime, alors que Nicolas Sarkozy a lui-même utilisé jusqu'à l'exhibition le système médiatique".

Source: AFP et AP

Quand se concentrera t'il enfin sur l'essentiel? Chaque jour nous apporte la preuve supplémentaire de l'incompétence et de la médiocrité de Nicolas Sarkozy. Chercher les explications à son échec n'est pourtant pas compliqué. Il en porte l'entière responsabilité. La seule issue à cette situation est l'action. Qu'il se mette enfin au travail et il n'aura plus besoin de désigner des coupables à son inéfficacité!

Par P.A.
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Nicolas Sarkozy n'a jamais été la coqueluche de la presse internationale. Critiqué pour son comportement et pour ses initiatives jugées peu diplomatiques en termes de politique étrangère, le président de la République n'a pas été épargné depuis son élection, notamment par les quotidiens européens.

Sans surprise, le bilan de l'an I de la présidence Sarkozy est jugé très sévèrement par plusieurs quotidiens et peu de commentateurs voient comment le président français pourrait efficacement corriger le tir. "L'effet Carla", supposé et évoqué ici ou là, ne concerne que l'image que renvoit le président et n'a pas grand-chose à voir avec la gestion des affaires. Reste à canaliser son énergie vers des projets essentiels, comme l'évoque le Financial Times (FT).

"LA FRANCE N'A GUÈRE CHANGÉ"

Nicolas Sarkozy avait promis la rupture. C'est le cas "au moins sur un point : sa popularité a plongé bien plus vite et plus bas que celle de ses cinq prédécesseurs au cours des cinquante ans de la Ve République", explique le quotidien britannique dans son éditorial. Et de donner trois pistes de réflexions sur ce qui devrait être modifié : donner la priorité à certaines réformes, concentrer son énergie sur ces réformes et parvenir à les réaliser.

Pour le quotidien britannique, la stratégie adoptée par l'équipe Sarkozy, consistant à lancer tout un tas de réformes en même temps pour dérouter l'opposition et éviter un blocage a eu un effet imprévu : aucune de ces "micro-réformes" n'a été achevée et les électeurs sont déroutés.

Après un an de présidence Sarkozy, la France a-t-elle changé, s'interroge Le Temps dans son éditorial ? La réponse est lapidaire : "En douze mois, le pays n'a guère changé. Il reste pessimiste, angoissé par la globalisation et souffrant des mêmes maux – croissance molle, marché du travail verrouillé, Etat surendetté... – qu'à la fin du mandat de Jacques Chirac".

Comme le FT, Le Temps évoque "des réformes utiles parfois, timides souvent, dans l'ensemble prudentes et incomplètes. Mais rien de vraiment décisif". S'il se félicite de la meilleure disposition des syndicats français, "réputés obtus", vis-à-vis des réformes, Le Temps estime peu probable que cela "suffise à produire les résultats rapides – plein emploi et croissance portée à 3 % d'ici à 2012 – que Nicolas Sarkozy a fait miroiter aux Français".

Le quotidien suisse découpe cette année écoulée en quatre actes : "Excès de confiance, distraction sentimentale, réformes dans la brume, rebondir, mais comment ?"

"RÉVOLUTION PERDUE"

Plusieurs journaux ont anticipé d'une journée la date anniversaire de l'élection de Nicolas Sarkozy et ont fait l'impasse sur ce sujet ce mardi. Ainsi, El Pais estimait, lundi 5 mai, que le président français est passé, en un an, du paradis à l'enfer. Le quotidien espagnol, qui avait déjà diagnostiqué en février une "hypertrophie incurable de l'ego" chez Nicolas Sarkozy, repasse l'année écoulée comme un film noir.

Soirée au Fouquet's, style ostentatoire, goût de la jet-set, exhibitionnisme de ses histoires de cœur utilisées comme "écrans de fumée", échec de sa principale promesse (être le président du pouvoir d'achat), chute libre dans les sondages, séjour de Kadhafi... Le jugement est sans concession.

El Pais évoque toutefois un possible "effet Carla" qui serait en train de changer le chef de l'Etat. Mais cela ne porterait que sur l'excès d'ostentation. Exemple : lors d'une représentation à la Comédie-Française, le président et sa femme seraient arrivés et repartis "discrètement". Un point essentiel probablement pour la rupture visant à réformer le pays... L'International Herald Tribune notait, lundi 5 mai, quelques réformes intéressantes, mais, comme le FT, les estimait inachevées. Le quotidien américain s'interrogeait surtout sur leur coût, qui reste à évaluer.

Constat sévère également dans le Khaleej Times. Le quotidien des Emirats arabes unis parle de "révolution perdue". Le journal pointe les échecs comme l'inflation, le déficit budgétaire. Les sujets qui fâchent comme l'atlantisme ou la dégradation des relations avec le monde musulman. Mais surtout, ce qui aurait le plus joué sur l'opinion que les Français se font de leur président : "Le manque de finesse, la tendance show off et une personnalité agressive." Le Khaleej Times ne fait pas dans la dentelle lorsqu'il évoque l'"effet Carla" : "Certains de ses amis me disent qu'elle est extrêmement intelligente, raffinée et pondérée – exactement ce dont a besoin Sarkozy."

Source: Le Monde

Par P.A.
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L'ancien premier ministre Dominique de Villepin s'est prononcé aujourd'hui contre le retour "plein et entier de la France dans l'Otan" qui "banaliserait notre diplomatie".

"Nous avons besoin d'expression forte et indépendante sur la scène internationale", a-t-il déclaré sur Europe 1. "Le retour plein et entier de la France dans l'Otan banaliserait notre diplomatie et créerait un certain nombre d'amalgames qui ne me paraissent pas souhaitables", a dit M. de Villepin.

"La France a une position d'indépendance sur l'échiquier international et c'est pour cela qu'elle est respectée, c'est pour cela qu'elle est entendue", a-t-il fait valoir. "Nous avons besoin d'expression forte et indépendante sur la scène internationale. La France est médiatrice entre l'Est et l'Ouest, médiatrice entre le Nord et le Sud, donc défendons cette voix originale", a poursuivi M. de Villepin.

"L'obsession atlantiste" de Nicolas Sarkozy a également été dénoncée par les anciens ministres des Affaires étrangères socialistes Roland Dumas et Hubert Védrine.

Source: D'après AFP

Par P.A.
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L'ancien premier ministre Dominique de Villepin a préconisé aujourd'hui de "ne pas diviser les Français", de "se concentrer sur l'essentiel" et d'"éviter la confusion", en commentant sur Canal+ les difficultés du président Nicolas Sarkozy et de sa majorité.
Tout en se refusant à "donner des conseils à quiconque", M. de Villepin a estimé qu'il y avait "un certain nombre de solutions assez simples: ne pas diviser les Français, se concentrer sur l'essentiel, définir des priorités, rassembler".

"Ce que je crois déterminant, c'est de continuer à pousser les réformes pour maintenir et défendre la compétitivité française. Il n'y a pas de remède miracle (...) C'est un travail très humble et très difficile", a déclaré l'ex-premier ministre.

"C'est pour cela qu'il faut beaucoup d'explication, beaucoup de mise en perspective et éviter autant que faire se peut la confusion. Il faut définir des priorités. Plus on définira ces priorités, plus on accompagnera d'explication et de clarté l'action, plus on a de chances d'avoir tous les Français avec soi", a-t-il ajouté.

Source: AFP
Par P.A.
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La « nouvelle présidence » tant annoncée n'est pas au rendez-vous, et les Français commencent à s'en rendre compte. A moins que l'indécence, le fouillis politique et la fuite en avant ne soient des principes de gouvernement...

 
La chute du président de la République dans les sondages se confirme, de même que la relative stabilisation du premier Ministre, qui se maintient de peu devant Nicolas Sarkozy. Dans ce changement qui s'opère au bout de huit mois, et qui sera peut-être durable, il y a l'évidente leçon que dans le rapport de force au plus haut sommet de l'Etat, l'agitation vibrionesque – on touche à tout pour n'avoir à s'occuper profondément de rien – semble pâlir devant le sérieux méthodique.
Ce ne serait pas une nouvelle bouleversante si elle ne mettait en lumière une nouveauté par rapport aux appréciations habituelles sur les comportements présidentiels. En effet, Nicolas Sarkozy s'est trouvé au pinacle, durant l'état de grâce, grâce à ses engagements que le temps n'avait pas encore permis de démentir. Le déclin ne tient pas seulement à cette déception que j'allais qualifier de presque inévitable en politique, quand le réel met en pièces les fanfaronnades du candidat. Il a sans doute une cause plus complexe qui se rapporte moins à l'action ou à l'inaction du président qu'à la nature même de celui-ci.
Il n'est pas évident que le retour si peu spontané de Nicolas Sarkozy dans la vie austère et revendicatrice de ses concitoyens suffise à reconquérir une opinion qui paraît désenchantée. Sortie d'un enchantement, d'une illusion d'autant plus vivement ressentis que, peut-être pour la première fois, beaucoup avaient cru à l'irruption du Nouveau dans l'espace public et la pratique présidentielle. Or on a du Vieux, sans l'élégance du conservatisme éclairé dans la démarche.

Cécilia avait raison
Hors de question, évidemment, d'énoncer des critiques vulgaires sur le physique du président de la République. Tout le monde ne peut pas être Dominique de Villepin, et l'esthétique n'a jamais garanti l'excellence. Il y a tout de même une certaine manière de présenter ce que l'on est, une façon d'accommoder ce que la nature a fait de nous qui peuvent nous conduire vers l'allure, quelle que soit notre apparence, ou vers la vulgarité, quelle que soit la bimbeloterie dont on se couvre.
Regardons une seconde, dans la double page que Paris Match consacre aux invités de Carla Bruni pour l'anniversaire du président, la photo de celui-ci en jean et lunettes noires. Il veut «faire décontracté», mais Cécilia a eu raison de souligner qu'il «ne fait pas président». Quelque chose en lui et sur lui vient sans cesse nous rappeler que la fonction ne le rehausse pas, parce qu'il refuse d'habiter la fonction. Et parce qu'il est obligé d'emprunter des chemins dérivés et peu dignes pour se -et nous- donner l'illusion d'une rupture. Quand, tout simplement, le beau et respectable classicisme lui est interdit.
Il reçoit trois intellectuels à l'Elysée – Jean-Claude Casanova, Marcel Gauchet et Alain Finkielkraut – et il fait son «show», selon l'un d'eux. Sympathique, chaleureux, il ne les laisse pas aller au bout de leur questionnement. Cela dure une heure et demie. On apprend aussi que le 19 décembre, alors que François Fillon veut s'entretenir avec lui des déficits publics, il est convié à déjeuner mais se retrouve au Bristol en compagnie de Rachida Dati, de Julio Iglésias, de Didier Barbelivien, de l'ancien premier Ministre espagnol Aznar et du président. Idéal pour évoquer les déficits publics ! Quelle étrange et choquante démarche qui détourne un vote en faveur d'une politique et d'un homme en une sorte de mélange très peu républicain où la chose publique est mêlée au divertissement, où l'ami chanteur vient côtoyer notre premier Ministre, où la futilité et l'amusement laissent peu de place à la mission !

Un amateurisme virevoltant
Nicolas Sarkozy, qui fait de la politique depuis très longtemps – sa saga ne cesse de nous le rappeler, mais apparemment il ne lui suffit pas de claquer des doigts pour que ses candidats parachutés bénéficient de la même chance… La démocratie est embêtante qui exige d'autres justifications ! – donne pourtant l'impression non pas d'un professionnalisme remarquable, mais d'un amateurisme virevoltant, d'une désinvolture qui a tellement peur de s'ennuyer qu'elle fait de la charge suprême un dérivatif comme un autre.
Ceux qui analysent cette dérive et affirment, comme Ali Magoudi, que Nicolas Sarkozy invente une nouvelle forme de présidence, se trompent à mon sens. Je ne ressens pas, derrière ces péripéties ostensibles, privées et publiques, nationales et internationales, la manifestation d'un dessein, la mise en œuvre d'une théorie, l'incarnation d'un projet. J'y vois l'expansion d'un être qui fait tout ce qu'il peut pour échapper à la part sombre, morose, crépusculaire, lucide de son être profond. Il n'a pas décidé une nouvelle présidence. Celle-ci, au mieux, surgit du désordonné qu'il offre, et au pire n'est qu'une synthèse médiocre entre ses appétits et ses devoirs. Nicolas Sarkozy se met en scène et en politique.
A la fin du quinquennat, comme il est de règle, portant un regard rétrospectif, on fera d'une surprenante équipée un destin.
  
Source: Marianne | Frédéric Moreau
Par P.A.
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