Citations

Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie
Ont droit qu'à leur cercueil la foule vienne et prie.
Entre les plus beaux noms leur nom est le plus beau.
Toute gloire près d'eux passe et tombe éphémère ;
Et, comme ferait une mère,
La voix d'un peuple entier les berce en leur tombeau !

Gloire à notre France éternelle !
Gloire à ceux qui sont morts pour elle !
Aux martyrs ! aux vaillants ! aux forts !
À ceux qu'enflamme leur exemple,
Qui veulent place dans le temple,
Et qui mourront comme ils sont morts !

C'est pour ces morts, dont l'ombre est ici bienvenue,
Que le haut Panthéon élève dans la nue,
Au-dessus de Paris, la ville aux mille tours,
La reine de nos Tyrs et de nos Babylones,
Cette couronne de colonnes
Que le soleil levant redore tous les jours !

Gloire à notre France éternelle !
Gloire à ceux qui sont morts pour elle !
Aux martyrs ! aux vaillants ! aux forts !
À ceux qu'enflamme leur exemple,
Qui veulent place dans le temple,
Et qui mourront comme ils sont morts !

Ainsi, quand de tels morts sont couchés dans la tombe,
En vain l'oubli, nuit sombre où va tout ce qui tombe,
Passe sur leur sépulcre où nous nous inclinons ;
Chaque jour, pour eux seuls se levant plus fidèle,
La gloire, aube toujours nouvelle,
Fait luire leur mémoire et redore leurs noms !

Gloire à notre France éternelle !
Gloire à ceux qui sont morts pour elle !
Aux martyrs ! aux vaillants ! aux forts !
A ceux qu'enflamme leur exemple,
Qui veulent place dans le temple,
Et qui mourront comme ils sont morts !
Par P.A.
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Afrique, Asie, Amérique latine, Caraïbes : la carte des "émeutes de la faim" s'étend chaque jour. Le monde est confronté au spectre des grandes famines alors même qu'il traverse une crise financière dangereuse. La cohésion, si délicate, de la communauté internationale est doublement menacée. Je le dis solennellement : cette conjonction des périls fait courir au monde un risque sans précédent.

Sans mesures d'urgence et de fond, nous assisterons à des émeutes de plus en plus violentes, à des mouvements migratoires de plus en plus incontrôlables, à des conflits de plus en plus meurtriers, à une instabilité politique croissante. Les ingrédients d'une crise majeure sont réunis et la situation peut se dégrader très vite.

 

FACE À CE DANGER, LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE DOIT ASSUMER SES RESPONSABILITÉS, toutes ses responsabilités, dans une totale coopération du Nord et du Sud.

 

Elle doit se mobiliser autour d'objectifs précis :

- pour résoudre, d'abord, la question de l'urgence : le Conseil de sécurité de l'Organisation des nations unies, qui devrait se tenir au plus tôt sur la crise alimentaire mondiale, doit prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter la déstabilisation des Etats les plus menacés.

L'Europe et les Etats-Unis ont enfin annoncé le déblocage d'une aide d'urgence au profit du Programme alimentaire mondial. Je ne doute pas que les autres grandes puissances, membres du G8, pays émergents et pays de l'OPEP qui tirent des rentes exceptionnelles de l'augmentation du prix du pétrole, auront à coeur de prendre toute leur part de cet effort immédiat de solidarité ;

- pour résoudre, ensuite, les problèmes structurels : je plaide depuis longtemps pour aller plus loin que les seules mesures d'urgence conjoncturelles. C'est une véritable révolution des modes de pensée et d'action en matière de développement, notamment dans le domaine agricole, qui s'impose.

 

PARVENIR PARTOUT À L'AUTOSUFFISANCE ALIMENTAIRE

 

L'offre de produits alimentaires au niveau mondial est insuffisante.

Je n'ai jamais cessé de me battre contre le gel de la production en Europe et de promouvoir le développement agricole des pays pauvres.

Il nous faudra, demain, nourrir 9 milliards d'hommes. Tout le monde se rend compte, enfin, que l'humanité a besoin de la production de toutes ses terres agricoles. L'autosuffisance alimentaire est le premier des défis à relever pour les pays en développement. Des outils existent. Nous savons tous ce qu'il faut faire : infrastructures rurales, stockage, irrigation, transport, financement des récoltes, organisation des marchés, microcrédit, etc.

L'agriculture vivrière doit être réhabilitée. Elle doit être encouragée. Elle doit être protégée, n'ayons pas peur des mots, contre une concurrence débridée des produits d'importation qui déstabilisent l'économie de ces pays et découragent les producteurs locaux.

Pour relever ce défi, il est nécessaire d'investir à la fois dans la recherche - pour développer des productions et des variétés adaptées aux nouvelles donnes du changement climatique et de la raréfaction des ressources en eau -, et dans la formation et la diffusion des techniques agricoles. Il faut miser sur les hommes, sur les producteurs locaux, qui doivent percevoir la juste rémunération de leurs efforts. Les échanges doivent obéir à des règles équitables, respectant à la fois le consommateur et le producteur. La libre circulation des produits ne peut pas se faire au détriment des producteurs les plus fragiles.

 

APPORTER DES FINANCEMENTS INNOVANTS ET STABLES AU DÉVELOPPEMENT

 

Les besoins d'investissement sont massifs et pour longtemps. Il est vital de maintenir l'effort d'aide publique au développement et de respecter l'objectif de 0,7 % du PIB.

Il est tout aussi vital de dégager des ressources additionnelles par des financements innovants. Que n'ai-je entendu quand j'ai milité, avec mon ami le Président Lula du Brésil, pour l'idée, pourtant évidente, que le financement du développement requiert des ressources pérennes ! La taxe sur les billets d'avion a permis en 2007 de dégager plusieurs centaines de millions d'euros en faveur de l'accès aux médicaments. C'est un succès. D'autres efforts d'imagination devraient permettre de dégager rapidement les ressources nécessaires pour faire face à la crise alimentaire.

Explorons par exemple, comme le suggère le président de la Banque mondiale, M. Robert Zoellick, dans le cadre de conversations avec les fonds souverains, comment orienter une partie de leurs moyens vers des investissements productifs en Afrique. Le prochain G8 pourrait utilement consacrer une séance de travail à l'examen de cette proposition.

La contribution des financements innovants au développement des pays les plus pauvres sera une des priorités de ma fondation. Ce n'est, certes, qu'un moyen mais ayons conscience que, face au caractère inédit de la crise que nous vivons, la communauté internationale n'a d'autres choix que celui de l'imagination et de la solidarité.

Jacques Chirac

Source: Le Monde

Par P.A.
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> Simone Veil

C'est «inimaginable, insoutenable et injuste», a jugé Simone Veil, présidente d’honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah.La proposition de N. Sarkozy d’associer chaque élève de CM2 au souvenir d'un enfant décédé des persécutions nazies horrifie cette ancienne déportée.
 
«On ne peut pas infliger ça à des petits de 10 ans», «On ne peut pas demander à un enfant de s’identifier à un enfant mort. Cette mémoire est beaucoup trop lourde à porter

«Nous mêmes, anciens déportés, avons eu beaucoup de difficultés après la guerre à parler de ce que nous avions vécu, même avec nos proches. Et aujourd’hui encore, nous essayons d’épargner nos enfants et nos petits-enfants. Par ailleurs, beaucoup d’enseignants parlent - très bien - de ces sujets», ajoute Simone Veil.

Pour elle, la suggestion de Nicolas Sarkozy risque d’attiser les antagonismes religieux : «Comment réagira une famille très catholique ou musulmane quand on demandera à leur fils ou à leur fille d’incarner le souvenir d’un petit juif?»


> Dominique de Villepin:

« Je trouve que c’est une idée étrange […] La charge de la mémoire d’un enfant mort c’est quelque chose de très lourd à porter. J’ai moi-même perdu mon frère jeune. Je crois que c’est quelque chose qu’on ne peut pas imposer […] La mémoire c’est quelque chose de délicat…Ce sont des domaines où l’on risque, sans le vouloir bien sûr, de rouvrir, de raviver des plaies beaucoup plus que de faire comprendre, d’éclairer. Donc ce sont des domaines où je crois qu’il ne faut pas que la politique rentre. Il faut que ceux qui ont vocation d’expliquer, les historiens qui ont vocation à faire leur travail le fassent... Ce sont des domaines d’une extraordinaire fragilité ou complexité.
 
 
 
« […] L’intimité, le poids, la charge : vous savez un enfant c’est compliqué. Tout cela chemine dans la tête d’un enfant, dans le cœur d’un enfant. Il faut beaucoup de soin, beaucoup de doigté, beaucoup de connaissance de cet enfant pour faire cela. Donc je pense que les faits historiques doivent être éclairés mais le poids affectif, la charge ceux sont des choses qu’il faut mesure, qui ne peuvent pas, une fois de plus, ni s’imposer ni se décréter […] La charge d’un enfant mort c’est quelque chose de difficile, c’est quelque chose qui chemine. Ce n’est pas, je pense, dans la responsabilité du Président de la République […] Je suis convaincu d’une chose : le XIXème siècle c’est le siècle des nationalités, le XXème a été le siècle de la barbarie et des idéologies, le XXIème est le siècle des identités […] Je ne crois pas que la mémoire doive devenir un champ d’expérimentation politique […] »

Par P.A.
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Le Premier ministre a appris avec beaucoup de tristesse le décès de l’abbé Pierre.

Il salue la mémoire d’un homme de cœur et d’engagement, qui a montré à tous le chemin vers les plus démunis.

L’abbé Pierre a été, toute sa vie durant, une force d’indignation capable de faire bouger les cœurs et les consciences.

Défenseur du droit au logement, fondateur des communautés d’Emmaüs, il s’est consacré sans relâche à aider les plus pauvres à tracer leur chemin.

L’abbé Pierre nous a montré la voie de la générosité individuelle et collective. Il manquera à tous les Français.

Le Président de la République est bouleversé d'apprendre le décès de l'Abbé Pierre, pour lequel il éprouvait un immense respect et une profonde affection.

Avec la disparition de l'Abbé Pierre, c'est la France entière qui est touchée au cœur. Elle perd une immense figure, une conscience, une incarnation de la bonté. Pour toutes les Françaises et tous les Français, mais aussi partout dans le monde, résonne encore l'admirable appel de l'hiver 1954.

L'Abbé Pierre représentera toujours l'esprit de révolte contre la misère, la souffrance, l'injustice et la force de la solidarité. Prêtre engagé, de la Résistance à la lutte en faveur des déshérités, l'Abbé Pierre aura été de tous les justes combats.

La Nation l'a reconnu en l'élevant à la dignité de Grand croix de la Légion d'Honneur. Au Mouvement Emmaüs et à la Fondation Abbé Pierre, à tous ses militants et bénévoles, le Président de la République fait part de sa grande peine et l'expression de toute sa solidarité.

Par P.A.
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Allons danser

(Michel Sardou/Jacques Veneruso)

Parlons d'abord d'égalité
Egalité des chances, égalité des droits
Pas celle qui plombe à la naissance
Parce que celle-là, c'est chacun pour soi
Parlons aussi fraternité
D'où que tu viennes, bienvenue chez moi
En sachant qu'il faut respecter
Ceux qui sont venus longtemps avant toi


Et puis allons danser
Pour oublier tout ça
Alllons danser
Personne n'y croit
Allons danser
Même sur n'importe quoi
Mais allons danser
Et ça ira

Dire aux hommes qu'ils se sont échoués
Q'on peut refaire sa vie plusieurs fois
Sans un mot, recommencer
Se prendre en charge et pas chargé d'état
Dire aux enfants qu'on va changer
L'éducation qu'ils ont par celle qu'il n'ont pas
Ajoutons qu'il faut travailler
Riche et celèbre, c'est comme un chèque en bois


Et puis allons danser
Pour oublier tout ça
Alllons danser
Personne n'y croit
Allons danser
Même sur n'importe quoi
Mais allons danser
Et ça ira

Parlons enfin des droits acquis
Alors que tout, tout passe ici bas
Il faudra bien qu'on en oublie
Sous peine de ne plus avoir de droits
Admettons enfin vous et moi
Que nous sommes tous des hypocrites
La vérité ne nous plaît pas
Alors on a le pays qu'on mérite

Et puis allons danser
Pour oublier tout ça
Alllons danser
Personne n'y croit
Allons danser
Même sur n'importe quoi
Mais allons danser
Et ça ira


Allons danser
Et ça ira

J'ai souhaité mettre ce texte car je le trouve plein de bon sens à la veille du rendez-vous de 2007.


Par P.A.
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A l'occasion des 60 ans de "Time Magazine", qui propose cette semaine des portraits de personnalités ayant fortement marqué ces 60 dernières années, le président de la République a publié un portrait du Général de Gaulle. Voici son texte.


 
Le Général de Gaulle, c'est d'abord une certaine idée de la France.
 
C'est l'homme qui de Londres, le 18 juin 1940, appela les Français à refuser le honteux armistice avec l'Allemagne nazie. C'est l'homme qui dit non à la Collaboration. C'est l'homme qui sauva l'honneur de la France, qui permit en 1945 à notre pays, avec les États-Unis, avec les Alliés, de figurer dans le camp des vainqueurs. Car de Gaulle avait compris que cette guerre était une guerre mondiale, un choc frontal entre les démocraties et le totalitarisme nazi. Il avait compris que, tôt ou tard, l'entrée en guerre des États-Unis serait déterminante et ferait basculer la victoire dans le camp de la liberté.
 
Bien peu d'hommes ont su, aussi bien que lui, incarner les valeurs éternelles de la France : c'est pour cela qu'une grande majorité de Français, aujourd'hui encore, voit en lui un symbole et un exemple.
 
Mais de Gaulle, c'était aussi un bâtisseur. A la Libération, il rétablit la République, assura la concorde civile, remit en marche l'industrie et les forces vives du pays. Il fit entrer la France dans la modernité en accordant enfin le droit de vote aux femmes. Il donna une nouvelle vigueur à notre idéal de solidarité en mettant en place la Sécurité sociale qui fait partie de notre identité. Il aurait voulu refonder sur de nouvelles bases nos institutions : la classe politique d'alors n'y était pas prête. Et puis, bien peu d'hommes ont eu deux fois rendez-vous avec l'histoire : c'est cela aussi qui fait du Général un personnage hors du commun. En 1958, après douze ans de désordre institutionnel, dans les convulsions de la guerre d'Algérie, c'est lui qui sauva à nouveau la République. Il mit fin à la guerre et mena à bien la décolonisation en créant un lien nouveau, qui dure encore, avec les pays de l'ancien Empire. Il donna au pays sa Constitution actuelle, à la fois stable et souple, qui fonde la légitimité du Président de la République sur le suffrage universel. Il créa les conditions de l'industrialisation des années 1960, qui fit à nouveau de notre pays une grande nation économique.
 
Enfin, de Gaulle rendit à la France son rang dans le monde. D'abord en dotant notre pays d'une force de dissuasion qui garde toute son actualité, et sans laquelle l'indépendance de notre pays ne serait qu'un mot. Et puis, lui qui l'avait tant combattue, il choisit la réconciliation avec l'Allemagne et jeta les bases de la construction européenne. Il créa les conditions d'une nouvelle politique internationale pour la France et fit entendre sa voix dans le monde, par les valeurs universelles qu'elle porte, les solidarités qu'elle cultive sur les cinq continents.
 
C'est, je crois, dans la fidélité à cette conception du rôle de la France que j'ai construit la réponse de notre pays à la mondialisation : la recherche d'une gouvernance mondiale qui soit fondée sur des valeurs et non pas sur les seuls intérêts économiques ; l'importance des peuples, indépendants et souverains, qui doivent être respectés ; le refus de l'usage unilatéral de la force dans un monde qui doit être régi par le droit et la solidarité ; la diversité conçue comme une richesse ; le refus du choc des civilisations et la nécessité du dialogue des cultures.
 
Voilà pourquoi, dans les turbulences contemporaines, la vision, l'ambition et le message du Général de Gaulle restent, à mes yeux, une fierté pour la France et une irremplaçable inspiration.
 
source: lefigaro.fr
Par P.A.
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René Char (1907-1988) compte autant d'ennemis irréductibles que d'amis fidèles. Cela n'a rien d'étonnant : celui qui, après avoir été un membre déterminants du mouvement Surréaliste, fut l'un des poètes les plus actifs de la Résistance contre le nazisme, n'était pas un homme de compromis.

Quelques citations:

Agir en primitif et prévoir en stratège.

Au plus fort de l'orage, il y a toujours un oiseau pour nous rassurer. C'est l'oiseau inconnu. Il chante avant de s'envoler.

Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience.

Il faut être l'homme de la pluie et l'enfant du beau temps.

Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque.

L'impossible, nous ne l'atteignons pas, mais il nous sert de lanterne.

La perte du croyant, c'est de rencontrer son église.

La terre qui reçoit la graine est triste. La graine qui va tant risquer est heureuse.

On naît avec les hommes, on meurt inconsolé parmi les dieux.

A tous les repas pris en commun, nous invitons la liberté à s'asseoir. La place demeure vide, mais le couvert reste mis.

Ne te courbe que pour aimer. Si tu meurs, tu aimes encore.

On ne se bat bien que pour les causes qu'on modèle soi-même et avec lesquelles on se brûle en s'identifiant.

Les mots qui vont surgir savent de nous des choses que nous ignorons d'eux.

Les larmes méprisent leur confident.

L'esprit du château fort, c'est le pont-levis.

L'essentiel est sans cesse menacé par l'insignifiant.

Imite le moins possible les hommes dans leur énigmatique maladie de faire les noeuds.

Les routes qui ne disent pas le pays de leur destination, sont les routes aimées.

Comment la fin justifierait-elle les moyens ? Il n'y pas de fin, seulement des moyens à perpétuité.

N'étant jamais définitivement modelé, l'homme est receleur de son contraire.

Vivre, c'est s'obstiner à achever un souvenir.

La parole dépourvue de sens annonce toujours un bouleversement prochain.

Un homme sans défauts est une montagne sans crevasses. Il ne m'intéresse pas.

Comment vivre sans inconnu devant soi ?

L'éternité n'est guère plus longue que la vie.

L'acquiescement éclaire le visage. Le refus lui donne la beauté.

Avec ceux que nous aimons, nous avons cessé de parler, et ce n'est pas le silence.

Nous sommes écartelés entre l'avidité de connaître et le désespoir d'avoir connu. L'aiguillon ne renonce pas à sa cuisson et nous à notre espoir.

Le réel quelquefois désaltère l'espérance. C'est pourquoi, contre toute attente, l'espérance survit.

L'homme est capable de faire ce qu'il est incapable d'imaginer.

Tiens vis-à-vis des autres ce que tu t'es promis à toi seul. Là est ton contrat.

Si l'homme parfois ne fermait pas souverainement les yeux, il finirait par ne plus voir ce qui vaut d'être regardé.

Tout ce qui nous aidera, plus tard, à nous dégager de nos déconvenues s'assemble autour de nos premiers pas.

L'homme fut sûrement le voeu le plus fou des ténèbres ; c'est pourquoi nous sommes ténébreux, envieux et fous sous le puissant soleil.

Signe ce que tu éclaires, non ce que tu assombris.

Par P.A.
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