Discours

Crédit photo : AFP.

« Chers amis, quel bonheur pour moi d’être avec vous ce soir, avec Brigitte Girardin, avec tous nos amis parlementaires et élus, et vous tous, mes amis, réunis ici pour la première fois. Nous sommes ici pour répondre aux préoccupations des Français, de tous les Français.
La France a besoin de vous. Elle a besoin de votre volonté, de votre énergie, de votre lucidité.
Je voudrais, tout d’abord, répondre avec vous à quelques questions simples qui définissent le cadre de notre réflexion et de notre action.


1-Qui sommes-nous ?


Nous sommes un rassemblement de Françaises et de Français venus de tous les horizons, de toutes origines, de toutes sensibilités, de toutes expériences,
C’est dire que nous partageons des valeurs communes et une même vision pour la France faite de fidélité à un héritage commun et en même temps d’ambition parce que nous voulons nous tourner résolument vers l’avenir.
C’est dire que nous refusons tout esprit de système et tout esprit partisan. Nous refusons de nous enfermer dans le jeu des intérêts particuliers, des communautés et des catégories.


2-Quelle est notre ambition pour la France ? C’est d’agir.


Agir dans un moment fondateur.
C’est un temps de crise et de profonde remise en cause, car nous sommes à l’heure des défis mondiaux. Nous traversons une crise majeure, une crise économique d’une ampleur sans précédent pour nos économies développées. Nous devons trouver notre place dans une mondialisation dans laquelle plus rien ne sera comme avant. De nouvelles hiérarchies se mettent en place à l’échelle du monde, de nouveaux rapports de force internationaux se cristallisent. Les positions acquises s’érodent.
Nous sommes à l’heure des défis pour l’Europe où la France doit assumer un rôle pionnier, le défi d’une Europe-puissance capable de défendre ses intérêts et de peser sur le monde, le défi d’une Europe-confiance plus solide, plus efficace et plus démocratique.
Nous sommes à l’heure des défis pour la France. Des défis très concrets, le cercle vicieux du chômage et de la dette dont il faut sortir. Pour y répondre, il nous faut plus de cohésion, plus de vision, plus d’action. Face à une crise sans précédent, notre modèle social a montré sa force. Il montre aussi ses fragilités. Nous ne pouvons accepter le sacrifice d’une génération, une jeunesse qui est la première victime de la récession.

Agir à travers un choix fondateur qui est de conjurer le mal français.
La concentration du pouvoir ne permet pas l’efficacité du pouvoir. Elle conduit à l’isolement, à l’esprit de cour, à la bureaucratie au jeu stérile des polémiques. On le voit aujourd’hui : une polémique chasse l’autre sans que les vrais problèmes des Français soient traités, sans qu’on puisse créer des majorités d’idées, des majorités d’action.
Seul l’esprit de mission permet de casser cet engrenage parce qu’il permet de conjuguer toutes les énergies et de les tourner vers le service des Français. C’est la grande leçon que nous tenons de notre histoire : quand l’esprit de mission est au rendez-vous, la France est grande, la France est forte. Nous l’avons vu avec le général de Gaulle. Nous l’avons vu à d’autres moments de notre histoire, sous la Convention de l’an II ou à la Libération, avec Clémenceau comme avec Blum, sous la droite comme sous la gauche.
C’est cet esprit de mission qui a permis à la France, à certains moments au cours des dernières décennies, d’être en initiative, de créer un élan commun et de marquer des points, à certains moments sous la présidence de François Mitterrand à travers des réformes de société, à certains moments sous Jacques Chirac à travers l’affirmation de l’indépendance de la France, comme d’ailleurs à certains moments sous Nicolas Sarkozy, au moment de la Présidence Française de l’Union Européenne.
Mais c’est malheureusement trop souvent un esprit de mission à éclipses et les points gagnés peuvent être vite perdus. Comment faire pour que ces moments durent ? C’est la clé de la démocratie française pour créer continuité de l’action et rassemblement des volontés.
Il faut le respect d’un équilibre institutionnel. Dans un pays complexe comme la France, on a besoin de cette répartition du pouvoir. C’est pour cela que j’ai toujours plaidé pour un équilibre respectueux des pouvoirs de chacun au sein de l’exécutif entre le Président, le Premier ministre et le Gouvernement, pour un équilibre entre législatif et exécutif, pour une véritable indépendance de la justice.

Agir enfin, autour d’un projet fondateur, qui est de choisir la voie de l’exigence pour renouer avec l’esprit de la Nation. L’esprit de la Nation c’est quoi ?
Une France républicaine fidèle aux principes de liberté, d’égalité et de laïcité. Une France où chacun a sa place, où chacun a sa chance. Une France sans passe-droits, sans plafonds de verre et sans discriminations. C’est une France où l’Etat retrouve le rôle qui est le sien. Un Etat modernisé et davantage tourné vers le citoyen, qu’il s’agisse de la réforme territoriale, de la modernisation des services publics ou de leur préservation sur tout le territoire.
Une France solidaire capable de restaurer l’esprit de justice. La cohésion du pays est menacée : parce que la solidarité est plus fragile quand son financement n’est pas assuré, quand notre protection sociale annonce plus de 30 milliards d’euros de déficits en 2010. Parce que l’esprit républicain est plus fragile quand 25% des jeunes sont au chômage. Parce que l’esprit de la nation est plus fragile quand on laisse à la génération suivante un pays plus endetté, plus pollué, plus replié sur lui-même. Il faut renouer avec la réforme, courageuse et volontaire, grâce à une réforme fiscale assurant le partage équitable de l’effort, pour trouver un équilibre entre justice sociale et efficacité économique, grâce à un meilleur partage des richesses entre capital et travail qui implique une réforme du financement de la protection sociale, grâce encore à un pacte garantissant aux Français la pérennité des protections sociales, tout en rendant le système plus efficace et plus juste, en élargissant les sources de financement.
C’est une France indépendante et tournée vers l’avenir. Une indépendance qui doit reposer sur trois piliers : une politique de compétitivité qui défende la vitalité économique de la France dans la mondialisation à travers une politique d’innovation et de recherche ambitieuse, le choix de secteurs prioritaires, la mise en œuvre d’une nouvelle politique industrielle. La préservation du rayonnement de la France, afin que la France retrouve la place qui doit être la sienne sur la scène internationale, c’est-à-dire une politique de trait d’union entre Est et Ouest, Nord et Sud et la défense d’idéaux communs. La promotion de notre culture et de la francophonie qui doit être un outil de rencontre et de partage dans le nouvel environnement global et un atout pour établir le dialogue mondial.


3-Quelle est notre tâche ?


Ensemble nous avons choisi. Choisi de dire non à la fatalité, non au renoncement, non à la division. Choisi de dire oui à la défense de l’intérêt général, oui à l’esprit de mission. Aujourd’hui, plus que jamais la politique a besoin de détermination. Plus que jamais nous avons besoin d’humilité. Plus que jamais nous savons qu’il n’y a pas de solution miracle et que, sans relâche, il faut persévérer. L’ardeur, l’abnégation et l’effort nous rassemblent.
Nous sommes une force de proposition, dans tous les domaines, pour engager le débat avec l’ensemble des Français et pour construire une réflexion collective grâce en particulier aux outils créés par l’association et à la mobilisation de toutes les énergies.
Nous voulons offrir une alternative à la politique menée en tirant les leçons des difficultés rencontrées aujourd’hui par notre pays, dans un esprit de large rassemblement, et en cherchant à traiter les racines du mal français.
Nous nous mettons résolument au service des Français, en allant à leur rencontre sur tout le territoire et en tenant compte de toute la diversité de la France d’aujourd’hui, de ses aspirations et de son désir de changement.
Courage, sursaut et responsabilité, voilà notre mot d’ordre. Courage, dans notre conception d’une France indépendante. Courage de faire porter la voix de la France et son message. Courage d’assumer notre part de responsabilité dans l’ordre du monde. Courage de se donner les moyens d’une France forte.
Sursaut, pour notre pays, pour éviter l’immobilisme et le renoncement. Le sursaut de notre pays pour répondre à l’urgence et à une attente immense de renouveau. Le sursaut pour donner à la jeunesse toute sa place dans cette société.
Responsabilité pour chacun afin de défendre les exigences de l’intérêt général, afin de faire face au danger permanent d’une coupure entre le peuple et ses gouvernants ».

Dominique de Villepin

Par P.A.
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«Il devient urgent de créer aujourd'hui une vraie agence européenne de l'innovation, capable de définir une dizaine de filières clés et de mettre de vrais moyens sur la table»
«Il devient urgent de créer aujourd'hui une vraie agence européenne de l'innovation, capable de définir une dizaine de filières clés et de mettre de vrais moyens sur la table» Crédits photo : Le Figaro

TRIBUNE - Dominique de Villepin donne sa lecture de la situation actuelle et formule plusieurs propositions économiques et sociales.

Le G20 a marqué un sursaut international susceptible de redonner confiance et espoir. Les responsables politiques ont su trouver un langage commun face aux difficultés financières de la planète. La France y a pleinement joué son rôle de force de propositions et d'initiatives.


Pour autant, ce n'est pas un aboutissement, mais un point de départ. Conservons l'élan de ce sommet pour enclencher de nouvelles dynamiques. La crise est loin d'être derrière nous. Trop d'incertitudes demeurent sur la reprise de la demande mondiale et sur l'assainissement du système financier pour considérer la guérison acquise. D'une ampleur inégalée, elle marque la fin d'un modèle de croissance et un basculement de la puissance économique de la zone euroaméricaine vers la zone asiatique.


Sur le front intérieur, les marges de manœuvre sont étroites. Trop peu de relance, et c'est le risque d'un allongement de la crise et d'une déstabilisation de notre tissu social. Trop de dépenses publiques, et c'est le risque, par un endettement excessif, de marges de manœuvre rognées, d'un risque inflationniste et d'un prévisible recours massif aux impôts. Dans cet exercice difficile, nous devons privilégier tout ce qui peut accélérer la sortie de crise, en prenant en compte les peurs et les mécontentements qui s'expriment un peu partout en France. Que la détermination montrée ici comme ailleurs dans le sauvetage des institutions financières soit aujourd'hui mise en œuvre dans la lutte contre le chômage et dans la garantie de nos systèmes de protection sociale. Les Français attendent aujourd'hui qu'une même énergie soit déployée pour traiter deux questions centrales : l'avenir de notre modèle de protection sociale, et la définition d'une nouvelle stratégie économique.


L'exigence sociale d'abord. Elle constitue aujourd'hui une priorité face à la montée du chômage, inédite par son ampleur et sa rapidité. La montée en puissance du Fonds d'investissement social doit permettre d'apporter des réponses concrètes, au cas par cas, aux situations les plus difficiles. Mais, au-delà, la crise fait ressortir de graves inquiétudes sur un modèle éducatif perçu comme inégalitaire, sur des régimes de retraite fragilisés ou sur la pérennité de notre système de santé. Nous n'échapperons pas à une grande réflexion sur le financement de notre protection sociale. Je propose que trois messages forts soient envoyés aux Français. D'abord en matière de justice sociale et pour une meilleure répartition des efforts, la contribution des plus aisés doit être accrue par un relèvement temporaire du bouclier fiscal. Une autre piste consisterait à augmenter de manière transitoire le taux de la plus haute tranche de l'impôt sur le revenu à 45 %.


Ensuite, en matière de retraites. Nous disposons d'un outil, le Fonds de réserve des retraites. Renforçons-le en y apportant des participations non stratégiques de l'État, et les revenus financiers qu'il perçoit au titre du plan de sauvetage des banques. Ainsi, nous dirons à nos concitoyens que ce que nous avons fait pour nos banques, nous pouvons le faire pour nos retraites.


Enfin, je propose de sanctuariser le budget de l'Éducation nationale pour le reste du quinquennat, tout en le recentrant sur ses missions essentielles. Le plan de relance a mis l'accent sur les infrastructures. Mais quoi de plus essentiel que l'investissement dans le savoir des générations futures ? Nous pourrions aller plus loin en imaginant sur le modèle de ce qui est fait pour la Défense de proposer une loi de programmation pluriannuelle en faveur de l'éducation et de la connaissance.


Il nous faut également une stratégie économique. Une nouvelle hiérarchie mondiale va se mettre en place. Certains pays sortiront plus forts de cette crise. Je pense à l'Allemagne, qui continue de faire de l'excellence de son appareil industriel le moteur de sa croissance, aux régions les plus innovantes des États-Unis ou aux économies indienne et chinoise. Quels sont les secteurs qui tireront la France de demain ? Quels moyens leur attribuer ? Notre aide à l'innovation est faible, dispersée et mal coordonnée. La recherche spatiale représente 40 milliards de dollars aux États-Unis, 4 milliards d'euros pour l'Europe. Il devient urgent de créer aujourd'hui une vraie agence européenne de l'innovation, capable de définir une dizaine de filières clés et de mettre de vrais moyens sur la table. Elle pourrait se financer en lançant un emprunt européen en faveur de l'innovation. Enfin, quelles relations entre nos champions nationaux, nos PME et notre recherche publique ? J'ai renforcé, lorsque j'étais à Matignon, les pôles de compétitivité initiés par Jean-Pierre Raffarin. Ils ont permis de dynamiser la croissance et de créer des liens forts entre recherche et industrie. Ils doivent redevenir un outil central de notre politique industrielle, en y injectant les fonds nécessaires. Je propose là encore de créer un vrai service public de l'innovation en France, conçu comme un point de contact unique pour les entreprises en matière d'aide, de subvention et de développement.


Mais la France ne surmontera pas la crise seule dans la compétition multipolaire. C'est l'occasion de donner un second souffle à l'Europe. Le spectre de faillites d'États et le libre jeu des égoïsmes nationaux soulignent l'urgence d'un gouvernement économique de la zone euro. Le renforcement récent du couple franco-allemand est un signe positif. Travaillons sur cette lancée pour mettre à plat nos divergences sur le terrain énergétique et lancer une réflexion sur la sécurité des approvisionnements. Mettons en place une vraie politique industrielle commune en renforçant nos engagements dans l'industrie spatiale ou automobile. Et pourquoi ne pas aller plus loin, en cherchant ensemble des convergences en matière de fiscalité et de protection sociale ?


Choisissons l'initiative : un gouvernement concentré sur les enjeux économiques et sociaux de long terme, conscient de sa place en Europe et dans le monde, soucieux de la singularité forte de son modèle, qui est un atout dans cette crise majeure. Ce sont là les clés pour sortir renforcés de ces épreuves.

Tribune publiée dans Le Figaro

Par P.A.
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Alors que s'est ouvert vendredi le sommet de l'Otan à Strasbourg, l'ancien Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères avertit des risques que représente la décision française de réintégrer le commandement intégré de l'Alliance.

"À Strasbourg et à Kehl, le soixantième anniversaire de l'Otan cache mal les doutes sur son avenir. Pourtant le président de la République a choisi de faire revenir notre pays dans le commandement intégré.

Il y a là une réelle rupture, alors que la France avait acquis une situation originale dans l'Otan, « un pied dedans, un pied dehors ». Ainsi depuis 1995, elle défendait ses intérêts et pesait sur la conduite des opérations, comme au Kosovo, tout en participant à trente-six des trente-huit comités et à toutes les missions.

Cette rupture est d'autant plus forte qu'elle tourne le dos à un héritage historique et à un consensus national. Est-elle opportune ?

Elle intervient à contretemps car, après la tentation unilatérale américaine, il s'agit aujourd'hui de construire un monde multipolaire pour faire face aux nombreux défis - prolifération nucléaire, terrorisme, crises régionales enlisées -, aggravés par la crise économique mondiale.

Elle est à contresens, car c'est l'Europe de la défense qui est notre avenir. C'est de l'affirmation d'une volonté européenne commune qu'ont résulté les avancées, de la déclaration de Saint-Malo en 1998 à la stratégie européenne de sécurité.

Elle est à contre-emploi, car il y a une originalité française qui s'enracine dans son histoire, dans sa présence outre-mer, dans son message universel. Elle nourrit sa vocation de trait d'union entre le Nord et le Sud, entre l'Est et l'Ouest, mettant sa voix au service du dialogue des cultures et de la paix.

En définitive, cette décision va à rebours de l'histoire, car l'Otan est la réponse d'hier, occidentale et militaire, aux défis de demain.

Cette réintégration n'est pas sans risques, chèque en blanc signé à une Otan en quête d'un rôle et d'une légitimité, tentée par la fuite en avant.

Elle est source de dangers, quand elle incarne une «famille occidentale » qui cristallise les rejets et réveille les logiques de blocs antagonistes, au risque de donner corps au «choc des civilisations».

Elle est source de blocages, quand elle bride les progrès d'une meilleure gouvernance en matière de sécurité. Substitut commode mais pernicieux, elle tend à empiéter sur de nombreux domaines comme la cybercriminalité, la sécurité des mers et la prolifération.

Elle est source de distorsions, quand elle prend l'allure d'une « ONU bis », sans limites et sans vision claire, ayant la tentation de s'étendre à toutes les démocraties du globe et de se voir déléguer la gestion des crises internationales.

Dès lors, cette décision doit être comprise comme un triple pari sur l'avenir.

Premier pari : la réintégration permettra de renforcer l'Europe de la défense. Mais certaines réticences britanniques, turques ou est-européennes, comme la lourdeur des procédures de non-dédoublement des opérations entre Otan et Union européenne la bloquent. Les occasions de mesurer les avancées possibles ne tarderont pas, qu'il s'agisse de l'État-major de planification, du développement de nos moyens d'intervention ou encore de l'Agence européenne de défense. Cela suppose aussi des efforts pour relever les crédits de défense.

Deuxième pari : la France sera à même de «codiriger» l'Otan. La tutelle américaine y reste lourde. Les postes attribués à la France, sans impact opérationnel réel, ne changent pas la donne.

Codiriger, c'est accepter d'être coresponsable de tous les choix, jusqu'à la logique de blocs et la militarisation du règlement des conflits, qui conduit à leur enlisement. En Afghanistan, nous devons tirer les leçons de l'Irak et faire prévaloir notre vision d'une solution politique.

Codiriger, c'est aussi peut-être lâcher la proie pour l'ombre. Ne bridons pas cette liberté d'action et de parole qui permettait à la France, en 2003, de poser la question de la légitimité de l'intervention en Irak et d'empêcher le vote d'une résolution aux Nations unies. Paradoxalement, la règle du consensus, si elle nous laisse libres quant aux modalités, tend à nous contraindre sur le fond.

Troisième pari : l'Otan sera capable de changer pour s'adapter à la multipolarité. En contrepoint d'une mécanique militaire lourde, la prééminence du dialogue politique doit être affirmée. L'Amérique de Barack Obama donne des signaux encourageants. Mais un vrai débat doit avoir lieu sur la modernisation de l'organisation, sur l'installation du bouclier antimissile ou sur l'adhésion de l'Ukraine et de la Géorgie. L'Otan doit s'engager dans une logique de partenariats équilibrés.

Assumons notre devoir d'indépendance en nous tournant résolument vers l'avenir. Partout, l'initiative est nécessaire pour défendre notre vision, nos intérêts et faire entendre la voix de la France. Aussi, dès maintenant, il nous appartient de proposer aux États de l'Union une conférence pour la relance de la défense européenne. De même, le moment venu, il faudra refonder, dans la clarté et l'égalité, les relations transatlantiques. La France doit rester vigilante et exigeante, fidèle à ses valeurs et à son ambition."


Source: Dominique de Villepin   | Tribune dans Le Figaro du vendredi 3 avril 2009

Par P.A.
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Dominique de Villepin a fait salle comble mercredi pour son retour dans l'enceinte de l'Assemblée -une première depuis son départ de Matignon- où il était invité par ses partisans à parler de l'Otan, en profitant au passage pour brocarder Nicolas Sarkozy et parler... d'élection.


Plus de 300 personnes avaient pris place dans la salle Victor Hugo pour écouter l'ancien Premier ministre regretter le retour complet de la France au sein de l'Alliance atlantique.


Outre les six députés classés villepinistes -François Goulard, Jacques Le Guen, Jean-Pierre Grand, Guy Geoffroy, Georges Tron et Hervé Mariton- qui entouraient leur mentor à la tribune, figuraient les ex-ministres chiraquiens Henri Cuq, Brigitte Girardin et Nelly Olin, le président de Debout la République Nicolas Dupont-Aignan, le député UMP Yves Censi, proche de Jean-François Copé, et l'ex-président du Conseil constitutionnel, Yves Guéna.

"Beaucoup ont ricané sur le fait qu'il y avait 1, 2, 3, 4, 5 parlementaires" villepinistes. "J'en connais d'autres qui, dans d'autres endroits, ont commencé avec moins que ça", a-t-il dit en référence à Jacques Chirac qui, trois mois avant d'être élu en 1995, avait été abandonné par une très grande majorité de cadres du RPR.

 

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Dominique de Villepin, le 1er avril 2009 à l'Assemblée nationale.


> OTAN


"Dans la vie, nos actes nous suivent. Le retour dans l'Otan, voilà un acte qui suivra le président de la République. Il est comptable des paris qu'il fait (...) Les Français pourront juger", a-t-il dit


L'ancien Premier ministre a dénoncé «le risque d'un amoindrissement de la voix de la France», désormais passée, selon lui, «d'un camp qui était celui du monde» au camp de l'«Occident». «En quoi un monde multipolaire justifie-t-il que la France revienne d'où elle est partie ?», s'est-il exclamé. Il a fustigé «la rupture avec l'héritage gaulliste», «la rupture d'un consensus français», mais aussi «la rupture d'un consensus de la communauté internationale» qui, selon Dominique de Villepin, «s'était accoutumée à ce que la France puisse s'exprimer fortement, avec sa liberté»


Le héraut du «non» français à l'intervention en Irak a ironisé sur «l'importance que le président de la République a attachée à sa place sur la photo » qui serait prise lors de la célébration du 60e anniversaire de l'Otan en assurant, sans citer Barack Obama : «Nicolas Sarkozy sera le temps de la photo à la gauche ou à la droite du principal responsable. Le temps de la photo. »


>G20


Faisant allusion à la menace de M. Sarkozy de quitter la table des négociations du G20, il a déclaré : "j'espère que la France continuera d'être entendue haut et fort et pas dans des stratégies d'ultimatum ou de la chaise vide".


«Barack Obama et Gordon Brown ont rappelé que Nicolas Sarkozy serait présent des hors-d'œuvre au dessert. Je crois que la feuille de route est clairement fixée», a-t-il conclu.


"Cela me rappelle l'époque où certaines diplomaties prenaient leurs chaussures et la tapaient sur la table. Est-ce qu'il faut revenir aujourd'hui à des stratégies de ce type?", a-t-il poursuivi devant la presse dans une allusion au geste fameux du président soviétique Nikita Krouchtchev à la tribune de l'ONU.


"Le général de Gaulle, quand il a mis en oeuvre la politique de la chaise vide (NDLR: dans les institutions européennes), l'a fait sur une conviction, sur une vision, sur un électrochoc nécessaire. Il ne faut pas se laisser guider par la passion et par l'émotion. L'émotion ne saurait être une stratégie", a conclu l'ancien Premier ministre.

 


>Election


Evoquant son "émotion" à s'exprimer au Palais-Bourbon, M. de Villepin a déclaré : "une chose que personne, jamais, ne m'enlèvera, c'est l'amour de mon pays".


"Il faut avoir en politique, chevillée au corps et à l'esprit, une très forte détermination (...) (Mon) combat est non pas contre quiconque mais pour la France, parce que je pense qu'il y a des dangers", a poursuivi M. de Villepin.


Celui qui ne s'est jamais frotté au suffrage universel est même allé plus loin en laissant entendre, à l'issue de la rencontre, qu'il pourrait être candidat: "l'élection, ce sont des circonstances qui font qu'elle devient naturelle. Croyez bien, je serai à ce rendez-vous".


Un peu plus tôt, une étudiante de Sciences-Po lui avait lancé: "je ne sais pas si vous avez une activité cérébrale très intense en vous rasant le matin mais, en 2012, je voterai pour la première fois aux élections présidentielles et si je pouvais voter pour vous...".


"J'étais à Egletons en 1976. Aujourd'hui, je suis salle Victor Hugo...", a commenté M. Grand, en allusion à "l'appel d'Egletons" lancé par Jacques Chirac deux mois avant la création du RPR.


Dominique de Villepin n’est pas allé jusqu’à confirmer lui même d'eventuelles ambitions présidentielles. Le député Georges Tron s’en est chargé pour lui, en marge du séminaire : «D’ici 2012, il n’y a pas beaucoup d’élections. Je ne pense pas que Dominique de Villepin soit intéressé par les européennes de 2009, ni par les régionales de 2010. Il n’est pas passionné non plus par les législatives de 2012…» Reste, bien sûr, la présidentielle, pour laquelle il faut conclure que l’ex-Premier ministre pourrait «se passionner».


Source: APF, Le Figaro, Associated Press, Libération
Par P.A.
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Invité surprise du Printemps des Comédiens, le festival de théâtre de Montpellier, l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a fait ses premiers pas sur scène samedi soir, pour partager sa passion de la poésie en donnant lecture de ses oeuvres favorites.

"C'est un moment que j'aborde avec une immense sérénité, à la mesure de l'humilité avec laquelle je vais vers le public", a confié M. de Villepin à l'AFP avant la représentation.

"Je n'ai aucune prétention d'acteur", at-il précisé. "Ce n'est pas un comédien qui va sur scène, c'est un homme qui veut partager une émotion, une passion et surtout une ardente nécessité de poésie".

Dès son arrivée sur la petite scène dressée en plein air, à l'ombre des pins du Domaine d'O où se déroule le festival, l'ancien Premier ministre, extrêmement concentré, a proposé aux nombreux spectateurs de suivre avec lui "un chemin de voix", avec en fond sonore le "son magique" d'une kora, sorte de harpe africaine.

Un chemin peuplé des textes de Paul Verlaine, Mahmoud Darwich, Aimé Césaire, René Char, etc., ponctué par les déambulations à New York de Blaise Cendrars, auquel l'ancien Premier ministre emprunte "Les Pâques à New York", ou par la fin tragique de Paul Celan "qui se jeta d'un pont de poésie, le pont Mirabeau".

Des poètes loin d'avoir été choisis au hasard par M. de Villepin: ils l'ont accompagné quand il occupait les fonctions de Premier ministre, peut-être à l'issue de journées difficiles, et lors de la rédaction de son ouvrage "l'Hôtel de l'insomnie", journal de ses nuits à Matignon, paru début 2008.

Surtout, "ce sont des poètes du monde entier, des poètes dont la parole est une parole diverse qui vous aide à vivre et qui dit l'autre et le monde", a expliqué M. de Villepin. Des poètes "de plain-pied dans notre vie, dans les inquiétudes de notre temps: la barbarie, l'autre, comment aller à la rencontre de l'autre dans son étonnante diversité".

"C'est là l'un des grands enjeux de la mondialisation", estime celui qui a certes quitté les responsabilités politiques, mais surveille toujours l'évolution du monde, parallèlement à son métier d'avocat international.

A l'issue de son "chemin de voix", Dominique de Villepin a souligné que ce qui l'avait poussé à faire cette lecture en public, c'était "l'amour des autres, le bonheur de partager, mais en même temps la conviction qu'il y a une urgence dans la poésie, dans les messages de la poésie pour tous ceux qui sont confrontés à des douleurs sur lesquelles ils n'arrivent pas à mettre de mots".

Source: AFP

Par P.A.
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L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a présenté vendredi comme une démarche "de conviction" et non "d'opposition", sa décision de cosigner "l'appel du 14 février pour une vigilance républicaine" avec notamment Ségolène Royal (PS) et François Bayrou (MoDem).

Dans cet appel publié par Marianne, les signataires affirment "leur refus de toute dérive vers une forme de pouvoir purement personnel confinant à la monarchie élective".

"Cet appel est pour moi une démarche de conviction et non une démarche d'opposition. J'ai toujours défendu la nécessité d'une vigilance républicaine qui est pour moi essentielle, tout particulièrement dans un temps d'incertitude et de confusion", souligne M. de Villepin dans un communiqué.

Selon lui, "la laïcité est un principe fondamental qui nous permet d'éviter qu'en France, comme on voit à travers le monde, la religion ne soit un facteur de division et d'affrontement".

L'ancien Premier ministre de Jacques Chirac juge aussi nécessaire une vigilance républicaine pour "l'équilibre de nos institutions qui est une garantie de démocratie, de stabilité et d'efficacité", et pour "la défense de notre indépendance nationale, à l'heure où l'on peut craindre certains infléchissements de notre politique étrangère".

"Je ne peux transiger sur de tels enjeux qui touchent à l'identité française. Ils méritent un vrai débat et je souhaite qu'une très large majorité de Français puisse se rassembler pour défendre cette vision de la France et de notre idéal républicain", conclut l'ancien chef du gouvernement.

Source: Reuters

Excellente initiative que cet appel, pour témoigner d'une vigilance sur ce qui se passe actuellement, et mettre en garde contre toutes les dérives que connait notre pays depuis mai 2007.

Par P.A.
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Mes chers compatriotes de métropole, de l'outre-mer et de l'étranger,

 

Demain, je transmettrai les pouvoirs que j'ai exercés en votre nom à Nicolas Sarkozy, notre nouveau Président de la République. Je le ferai avec la fierté du devoir accompli et aussi avec une grande confiance dans l'avenir de notre pays.

 

Nous sommes les héritiers d'une très grande nation, une nation admirée, respectée et qui compte en Europe et dans le monde. Vous avez des capacités immenses de créativité et de solidarité. Grâce à vous, grâce à votre engagement, nous avons modernisé notre pays pour l'adapter aux profonds changements de notre temps et nous l'avons fait dans la fidélité à notre identité et en portant haut les valeurs de la République.
*
Mes chers compatriotes,

 

Une nation, c'est une famille. Ce lien qui nous unit est notre bien le plus précieux. Il nous rassemble. Il nous protège. Il nous permet d'aller de l'avant. Il nous donne les forces nécessaires pour imprimer notre marque dans le monde d'aujourd'hui.

 

Restez toujours unis et solidaires. Bien sûr, nous sommes profondément divers. Bien sûr, il peut y avoir des différences de conception, des divergences de vue. Mais nous devons, dans le dialogue, dans la concorde, nous retrouver sur l'essentiel. C'est comme cela que nous continuerons à avancer.

 

Dans l'union, dans le respect de notre diversité et de nos valeurs, dans le rassemblement, nous pouvons nourrir toutes les ambitions. Unis, nous avons tous les atouts, toutes les forces, tous les talents pour nous imposer dans ce nouveau monde qui se dessine sous nos yeux. Unie, et en poursuivant sur la voie engagée, la France s'affirmera comme une terre exemplaire de progrès et de prospérité. La patrie de l'égalité des chances et de la solidarité. Une nation moteur de la construction européenne. Une nation généreuse, aux avant-postes des défis du monde que sont la paix, le développement, l'écologie.

 

Dès demain, je poursuivrai mon engagement dans ces combats pour le dialogue des cultures et pour le développement durable. Je le ferai en apportant mon expérience et ma volonté d'agir pour faire avancer des projets concrets en France et dans le monde.
*
Ce soir, je veux vous dire le très grand honneur que j'ai eu à vous servir. Je veux vous dire la force du lien qui, du plus profond de mon cœur, m'unit à chacune et à chacun d'entre vous. Ce lien, c'est celui du respect, c'est celui de l'admiration, c'est celui de l'affection pour vous, pour le peuple de France et je veux vous dire à quel point j'ai confiance en vous, à quel point j'ai confiance en la France.

 

Je sais que le nouveau Président de la République, Nicolas Sarkozy, aura à cœur de conduire notre pays plus avant sur les chemins de l'avenir et tous mes vœux l'accompagnent dans cette mission, qui est la plus exigeante et la plus belle qui soit, au service de notre nation. Cette nation magnifique que nous avons en partage. La France, notre nation, mes chers compatriotes, nous devons toujours en être profondément fiers.

 
Vive la République !
Vive la France !

Jacques Chirac, Président de la République

 

Par P.A.
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Mesdames, Messieurs, Chers amis,

Je suis très heureux de vous recevoir ici à l’Hôtel Matignon. Vous le savez, j’avais pris l’engagement dans ma déclaration de politique générale de rendre compte chaque mois de l’action du Gouvernement : cet engagement a été tenu dans les périodes difficiles et jusqu’au dernier jour. Je crois que l’engagement politique exige la transparence et la responsabilité et nous sommes comptables chaque jour devant les Français des progrès, des difficultés ou des succès du pays.

Aujourd’hui, je voudrais vous accueillir de manière plus informelle et avoir un moment d’échange direct avec vous.

Je voudrais d’abord vous dire comment j’ai conçu ma mission au service des Français.

D’abord je me suis fixé un objectif : l’action et les résultats.

Le président de la République m’a nommé à Matignon à un moment difficile pour notre pays, un moment où les Français avaient perdu confiance dans la politique.

En m’attaquant au chômage, en faisant de la bataille pour l’emploi la priorité de mon Gouvernement, j’ai voulu apporter la preuve que la politique peut changer les choses, qu’elle peut obtenir des résultats, qu’elle peut améliorer la vie des citoyens.

Aujourd’hui le chômage est à son taux le plus bas depuis 25 ans. Nous l’avons fait baisser de deux points en deux ans, alors que la Grande-Bretagne, en dix ans a réussi à le faire baisser de trois points. Ces résultats, je ne les vois pas comme une satisfaction personnelle, mais comme une preuve qu’il n’y a aucune fatalité.

Le souci de l’action et des résultats est d’autant plus important que le quinquennat a considérablement accéléré le rythme de la vie publique.

Les Français nous jugent à notre capacité à apporter des réponses rapides à leurs problèmes. C’est vrai face aux crises les plus urgentes, je pense par exemple aux crises sanitaires. Mais ils entendent aussi que nous nous attaquions aux blocages les plus profonds de la société.

C’est ce que j’ai voulu faire en proposant le CPE pour remédier au chômage des jeunes les moins qualifiés. C’était, et cela reste à mes yeux, un chantier essentiel qui ne doit pas être sans cesse remis à plus tard. J’ai voulu aller vite, trop vite peut-être. Mais je reste convaincu que nous avons mis le doigt sur l’un des principaux blocages de notre société.

Tout au long de ces deux années, j’ai voulu appliquer une méthode simple : le pragmatisme. Je n’ai pas voulu m’enfermer dans une idéologique quelconque, tout simplement parce que je pense que ce n’est pas la meilleure façon d’apporter des solutions aux problèmes des Français.

Pour faire baisser le chômage, nous avons mis en place de nouveaux outils comme le contrat nouvelles embauches pour débloquer l’emploi marchand dans les très petites entreprises. Mais nous avons aussi voulu apporter une solution à ceux qui étaient le plus éloignés de l’emploi en renforçant les emplois aidés.

C’est aussi par refus des barrières idéologiques que j’ai voulu investir des champs d’action qui ne sont pas traditionnellement ceux de ma famille politique. La lutte contre les discriminations, la réforme de l’éducation prioritaire, la situation des quartiers sensibles, le logement social ce sont autant de questions sur lesquelles j’ai voulu mettre l’accent parce que je suis convaincu qu’elles ne doivent pas être réservées à la gauche. Au contraire, je pense que nous sommes aujourd’hui les seuls capables d’apporter des réponses nouvelles, inventives et efficaces.

Il ne m’appartient pas de porter un jugement sur le bilan du Gouvernement. Je tiens néanmoins à saluer chaque membre du gouvernement pour le travail remarquable qu’il a accompli au service de la France et des Français. Et je veux croire que nos efforts ont remis notre pays en mouvement, sous la pulsion et sous l’égide du président de la République Jacques Chirac.

Les Français ont un regard nouveau sur les grands enjeux économiques et sociaux. Ils savent que notre pays a des atouts considérables pour faire face à la mondialisation. Ils ont conscience des réservoirs d’énergie, de talent et de dynamisme dont dispose la France pour être l’une des toutes premières puissances économiques au monde. Mais ils savent aussi que pour que ces forces puissent s’exprimer, elles doivent s’appuyer sur les piliers fondamentaux :

La croissance d’abord. En deux ans, la situation économique de notre pays s’est considérablement améliorée. Comme vous le savez, la Commission européenne a revu à la hausse ses prévisions de croissance pour la France. Avec un rythme de 2,4% nous nous situons dans la moyenne des grands pays européens. Notre production industrielle augmente. Tout indique que notre pays est en phase avec la reprise économique que connaît l’Europe.

Dans le domaine de l’emploi ensuite, nous avons montré que le bon choix pour faire reculer le chômage c’est d’encourager l’activité, de faciliter l’embauche, d’améliorer le suivi de la recherche de l’emploi et non de diviser le travail. Là encore, si nous sommes capables de poursuivre nos efforts, notre pays devrait passer bientôt sous la barre des 8% de taux de chômage.

Enfin, les Français ont compris l’importance de la politique de désendettement que nous avons engagée. Ils savent que c’est la condition pour construire une économie saine et un pacte social durable.

La victoire de Nicolas Sarkozy nous offre la possibilité d’accélérer la modernisation de notre pays, qui a été menée depuis 5 ans sous la conduite du président de la République Jacques Chirac.

Dans ce contexte, et compte tenu du peu de temps que nos règles constitutionnelles accordent aux nouvelles équipes qui vont se mettre en place, j’ai souhaité organiser une véritable transmission républicaine.

Pour faciliter la tâche à nos successeurs, j’ai préparé, avec l’ensemble du Gouvernement, un état des lieux précis de l’action accomplie, des réformes en cours, ainsi que des priorités pour la nation.

Les nouvelles équipes seront ainsi informées dès leur arrivée des grands rendez-vous, je pense en particulier aux grandes échéances internationales : réunion du Conseil européens des prochains 21 et 22 juin pour décider de l’avenir du Traité constitutionnel, échéance du 1er juillet 2007 dans les négociations de l’OMC notamment concernant les négociations entre l’Europe et les Etats-Unis, ou encore la préparation de la présidence Française de l’Union européenne.

Elles disposeront également, ces nouvelles équipes, de toute l’information nécessaire sur les grands dossiers industriels qui intéressent particulièrement les Français.

Enfin, depuis plusieurs jours, Nicolas Sarkozy est tenu informé des réunions quotidiennes à Matignon concernant la situation de l’otage français prisonnier en Afghanistan.

Pour toutes ces raisons, je souhaite que nous ne perdions pas un seul jour dans l’action au service de nos compatriotes.

Je l’ai dit, je suis heureux d’avoir pu mener l’action gouvernementale jusqu’au dernier jour. C’était la mission que m’avait confiée le président de la République. Pour la première fois depuis trente ans, les Français ont choisi de reconduire une majorité politique sur la base d’un bilan concret, un bilan visible.

C’est une chance pour notre pays, qui va pouvoir poursuivre son effort de modernisation sans retour inutile en arrière, sans remise en cause des progrès accomplis.

J’y vois aussi la preuve d’un renouveau démocratique de la France, qui a rejeté les extrêmes, qui a voté massivement, qui s’est passionné pour le débat politique et qui a fait un choix clair en connaissance de cause.

Pour conclure vous me permettrez de me réjouir des relations que nous avons entretenues tout au long de ces deux années. Je tiens également à saluer le travail effectué par chacune et chacun d’entre vous durant cette campagne électorale. Vous avez aidé à clarifier les enjeux, à tirer le débat vers le haut, à mettre en évidence les différents choix de société qui étaient proposés.

Je vous souhaite à chacune et à chacun un très bon courage pour les mois qui viennent et qui seront, j’en suis convaincu, particulièrement riches et intéressants. J’espère vous revoir bientôt dans d’autres lieux, pour d’autres événements, autour d’autres causes.

Puis une petite note personnelle, comme vous le savez, la première tâche du Premier ministre quand il arrive, c’est de faire un test d’effort parce que la santé çà compte à Matignon. Je viens de faire ce matin le dernier test d’effort, voilà, et la machine a sauté. Bonne nouvelle : je pourrais reprendre l’entraînement des 100 km et préparer un prochain marathon.

Je vous remercie.

Dominique de Villepin, Premier ministre

Par P.A.
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