Sarkozy et Villepin se reparlent sans se réconcilier

Publié le par P.A.

 

Pour la première fois depuis avril 2008, les deux frères ennemis de la droite, Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin, se sont longuement revus jeudi à l'Elysée, sans toutefois qu'il soit question de réconciliation à quatorze mois de la présidentielle.

Comme les paires Giscard-Chirac ou Mitterrand-Rocard avant eux, le chef de l'Etat et l'ancien Premier ministre forment un de ses couples dont la rivalité et les déchirements fratricides, certains ont même parlé de "haine", font le sel de l'histoire politique contemporaine.

Alors, près de trois ans après leur précédente rencontre, le passage de l'ancien locataire de Matignon dans le bureau de son ex-ministre de l'Intérieur a attiré la foule des journalistes.

Comme avec Lionel Jospin et Jean-Pierre Raffarin, cet entretien avait officiellement pour seul objet les présidences françaises des G8 et G20. Mais, au lendemain du divorce annoncé du fondateur du mouvement République solidaire avec l'UMP et avant le procès en appel, en mai, de l'affaire Clearstream, les retrouvailles des deux hommes ont pris un tour très politique.

Accueilli peu avant 11h00 sur le perron de l'Elysée par le bras droit de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant, qui a assisté au tête-à-tête, Dominique de Villepin en est ressorti une heure et demie plus tard.

A défaut de confidences immédiates de l'entourage des deux hommes, seule la courte déclaration de l'invité a résumé l'entretien.

"Un dialogue direct, franc, républicain", a rapporté M. de Villepin, qui a affirmé avoir "alerté" le président "sur les grands enjeux et une situation grave sur le plan intérieur et sur le plan international" et lui avoir rappelé "les grandes exigences face aux difficultés que nous traversons".

Sur le ton volontiers grandiloquent qu'il affectionne, l'ex-ministre des Affaires étrangères a donc renouvelé ses dernières critiques contre Nicolas Sarkozy, de sa prudence jugée excessive face aux révoltes populaires qui secouent le monde arabe au débat annoncé par l'UMP sur l'islam.

"C'est le rôle de la France (...) que d'être en initiative, en proposition", a-t-il estimé alors que la politique étrangère du chef de l'Etat est critiquée de toutes parts. "Ma conviction, c'est que notre rôle historique, notre responsabilité, c'est d'être devant pour saluer ce mouvement des peuples".

Et sur la place de l'islam en France, il a mis en garde le président contre la "recherche de boucs émissaires".

Par contre, Dominique de Villepin a continué à entretenir le flou sur ses intentions pour 2012. Certains ont compris sa décision de ne pas renouveler son adhésion à l'UMP comme le signe de sa volonté de défier Nicolas Sarkozy, qui souhaite limiter au maximum les velléités de candidatures à droite.

A trois mois du procès en appel dans l'affaire Clearstream, où le chef de l'Etat a renoncé à être partie civile contre lui, M. de Villepin, relaxé en première instance, s'est défendu de "tout esprit d'opposition personnelle".

Mais au nom de "l'intérêt supérieur de la Nation" et de "l'intérêt général des Français", il a laissé ouverte la porte à une candidature en 2012. "C'est dans cet esprit (...) que je veux aborder ces grands défis pour la France", a conclu l'ancien Premier ministre.

Source: Nouvelobs.fr

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