Réactions politiques

Publié le par P.A.

Hervé Mariton: "Je trouve que les formes de cette annonce sont critiquables pour le moins, et que ce n'est pas comme cela que notre société, que notre justice devrait fonctionner. Le parquet est dans une logique curieuse, j'aimerais penser qu'elle réponde bien à ce qu'est sa mission justice. Donc je suis perplexe et à vrai dire déçu. C'est de notre responsabilité de tourner la page politique, car c'est notre volonté politique, et puis la justice continue avec une décision du parquet qui je pense ne s'imposait pas" (RTL).


François Goulard: "C'est assez stupéfiant d'entendre ça. Personne évidemment n'est dupe. C'est de l'hypocrisie de la part du chef de l'Etat qui se donne apparemment hier le beau rôle et on voit son procureur faire appel ce matin sur une radio. C'est quand même extraordinaire: pour le chef de l'Etat, la justice est un instrument, un instrument de pouvoir, c'est une vindicte, un acharnement de la part d'un homme contre un autre. C'est aussi un instrument politique parce qu'il y a une crainte réelle de la part du chef de l'Etat que Villepin soit un rival et un rival qui le menace demain. Je dirais que c'est d'une certaine manière assez écoeurant" (Europe 1).


Jean-Pierre Grand: "Personne ne peut imaginer que le procureur Marin n'ait fait appel sans un ordre de l'Elysée. Cet acharnement de Nicolas Sarkozy contre Dominique de Villepin enferme le président de la République dans un combat personnel qui nuit à sa fonction présidentielle et par conséquent à la France. Dominique de Villepin a pris toute la mesure du piège politique qui lui est tendu, donc il ne polémiquera pas avec le président de la République. Désormais, son seul interlocuteur politique, c'est le peuple français" (AFP).


Georges Tron: "Il n'y a pas d'ambigüité sur le caractère politique de la décision. Il y a quelque chose, quelque part, qui relève d?un sentiment personnel de Nicolas Sarkozy. C?est un mélange de crainte et d?acharnement personnel. Sur le plan politique, c?est aller à l?encontre de ce qu?espèrent les élus et militants. On sera dans une logique d?un procès lancé début 2011, avec une audience courant 2011, et éventuellement la cassation pour 2012. Ce calendrier est dangereux pour tout le monde, pour la majorité en particulier, pour celui qui sera notre candidat. Cela créera une division interne." (Public Sénat)


Marie-Anne Montchamp: "J'éprouve d'abord un sentiment de vertige : c'est comme si on poussait les Français dans le vide alors qu'ils se posent des questions sur l'emploi, le chômage... On a là une évolution quasi suicidaire des choses qui paraît préoccupante. Quel dommage que la page n'ait pas été tournée! Tout cela porte un discrédit à l'action politique dont on a tant besoin à l'heure où les Français sont dans l'attente et l'inquiétude" (déclaration)


François Hollande: Il a assuré aujourd'hui que la décision du procureur de Paris de faire appel du jugement de relaxe de Dominique de Villepin, dans l'affaire Clearstream, a été prise "sur autorisation, pour ne pas dire sur ordre, de la Chancellerie et du président de la République"."Nous savons tous que cette décision du procureur Marin a été prise au moins sur autorisation, pour ne pas dire sur ordre, de la Chancellerie et du président de la République"."Il y a là une conception de l'indépendance de la justice qui me paraît blessée". "Personne ne peut croire que le procureur de Paris a pu prendre cette décision d'interjeter appel de la décision du tribunal correctionnel de Paris, simplement en fonction du jugement qu'il peut porter sur le dossier", a affirmé M. Hollande."Qui peut penser qu'il (Jean-Claude Marin, ndlr) n'a pas référé - et d'ailleurs c'était son devoir - à la garde des Sceaux (Michèle Alliot-Marie), laquelle en a forcément évoqué le principe avec le président de la République?".M. Hollande veut croire "à cette hypothèse parce que si ce n'était pas le cas, ça voudrait dire que le procureur de Paris peut agir sur une affaire de cette importance sans en référer à sa hiérarchie". (RTL)

Arnaud Montebourg
: "La décision du Procureur de la République Jean Claude Marin de faire appel n'a pas pu être prise sans l'accord de son ultime supérieur hiérarchique, le Président de la République. Dans cette affaire le Procureur de la République est devenu le procureur privé des intérêts personnels et politiciens de Nicolas Sarkozy, lequel utilise l'appareil judiciaire à des fins de vindicte politique et de vengeance privative. Ce comportement est indigne du plus haut personnage de l'Etat, dont la Constitution le charge pourtant de garantir d'indépendance de la justice" (communiqué).

Elizabeth Guigou:  La députée socialiste de Seine-Saint-Denis, ancienne ministre de la Justice déplore le "soupçon" pesant sur la décision du parquet de faire appel du jugement dans l’affaire Clearstream, elle le juge "extrêmement malsain".Mme Guigou a déclaré être : "choquée, consternée, indignée de voir la justice prise en otage par les règlements de compte personnels". "Sur le parquet pèse une grande suspicion. Tout le monde se demande si l’appel interjeté a été fait sur instruction ou pas. On en est réduit à des spéculations et à des suppositions".
"Je trouve que c’est extrêmement malsain et pour la justice et pour la démocratie".


Corinne Lepage : "Je suis profondément choqué par cet appel, par cet acharnement judiciaire, en tant que citoyenne et en tant que juriste. Si on peut se réjouir de l'indépendance des juges qui ont relaxé M. de Villepin dans un jugement particulièrement motivé, chacun doit réfléchir aux conséquences de la réforme qui envisage de supprimer le juge d'instruction dans un pays où l'exécutif exerce un tel pouvoir sur le parquet. Une société dans laquelle il n'y a plus de justice indépendante n'est plus une démocratie" (point presse).

Publié dans Clearstream

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