Rapprochement Villepin/centristes : « Nous sommes complètement ouverts au dialogue »

Publié le par P.A.

Quel avenir pour Dominique de Villepin et République solidaire ? Alors que le parti est amputé de sa porte-parole, partie au gouvernement, des proches de l’ancien Premier ministre suggèrent un rapprochement avec François Bayrou et Jean-Louis Borloo. Pour le député villepiniste Daniel Garrigue, le parti est « complètement ouvert au dialogue ». Entretien

Votre collègue député François Goulard envisage des « contacts » Villepin-Bayrou-Borloo. Encouragez-vous une telle chose ?
On est complètement ouvert au dialogue, notamment avec les gens qui étaient au départ dans l’obédience de la majorité et qui s’y sentent désormais mal à l’aise. On ne prétend pas tout faire tous seuls.

Percevez-vous l’entrée au gouvernement de la porte-parole de République solidaire comme une trahison ?
Je suis un peu déçu de son entrée au gouvernement, mais tout le monde a le droit d’être faible. Ce que je regrette surtout, c’est le rôle qu’elle a joué au moment où on essayait de constituer un groupe parlementaire. Elle a essayé de faire monter les enchères et de brouiller les cartes. Manifestement, c’était pour se faire remarquer par l’Elysée, qui est directement intervenu. Il y avait pourtant la possibilité de se reconstituer un groupe technique, un peu comme le groupe GDR à l’Assemblée. Je ne suis donc pas surpris. Je garde de l’estime pour elle, mais elle avait une ligne politique qu’elle vient de renier.

Ça commence à faire beaucoup tout de même : après Bruno le Maire, Georges Tron, maintenant Marie-Anne Montchamp…
Il y a eu des gens qui ont gravité autour de Dominique de Villepin. Avec Georges Tron, on a quelqu’un qui venait plutôt là se mettre en position d’otage pour se mettre en direction de l’Elysée. Marie-Anne Montchamp était beaucoup plus sincère que Georges Tron. Et puis, si vous voulez vous faire remarquer de l’Elysée, ce n’est pas en jouant les « béni oui-oui » que vous allez y arriver.

Ce qui m’attriste aussi, c’est de voir Alain Juppé entrer au gouvernement, alors qu’il a fait depuis deux ans toute une série de déclarations critiques. Il est à un poste sur lequel il a des convictions. Or, il intervient à un moment où les décisions sont déjà prises.

Mais plus globalement, sur cette affaire de remaniement, le Président a pratiqué un jeu assez pervers. Il a complètement joué sur le registre de la cour, et puis il y a un moment où il a été obligé de trancher. Mais il laisse derrière lui beaucoup de rancœur.

Vous avez pris la décision de quitter l’UMP en 2008. Dominique de Villepin ne doit-il pas lui aussi rendre sa carte ?
Il est complètement indépendant dans sa démarche. S’il garde sa carte de l’UMP, c’est parce qu’à l’intérieur de l’UMP, il y a un certain nombre de personnes qui le soutiennent.  Quand l’UMP a été crée, c’était avec la volonté d’unir largement toutes les composantes de la majorité. Dominique de Villepin qui est un des fondateurs de l’UMP, considère qu’il n’a pas de raison de le laisser complètement entre les mains de Sarkozy. Me concernant, je n’ai pas la même position vis-à-vis de l’UMP. Je l’ai fait parce que ça me mettait dans une position impossible au Parlement. Ça impliquait une discipline de groupe que je n’avais pas l’intention de respecter.

 

Source: Public Senat

Publié dans Interview

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