Pour Dominique de Villepin, “on ne peut pas faire avancer le pays avec la décision d’un homme seul”

Publié le par P.A.

Dominique de Villepin était à Talloires dans le cadre d’une visite privée. Il a répondu aux questions du Dauphiné Libéré.

Quel bilan tirez-vous de la politique actuelle ?

J’ai le sentiment que les promesses, les attentes et les espoirs des Français sont déçus. Pourquoi céder à la tentation de la peur et flatter les inquiétudes alors qu’il faudrait se rassembler?? Ce que je constate aujourd’hui sur la scène nationale, c’est une situation d’impasse. Une droite qui a tendance à se durcir et à se replier sur un certain nombre de thèmes au détriment souvent de l’efficacité, comme la sécurité. Elle fait face à une gauche qui se durcit également, ce qui crée un blocage politique. Il s’agit pour la droite de ne rien céder, en jouant les capitaines courage, fut-ce au prix de l’injustice. C’est un entêtement qui risque de coûter cher à la majorité en 2012. Il faut savoir davantage écouter.

Que faire ?

- Sachons trouver des points d’accroche, des majorités d’idées, de projets. En refusant l’affrontement idéologique stérile, des compromis deviennent possibles. Je plaide, pour ma part, d’un large rassemblement de toutes ces familles qui éprouvent aujourd’hui un profond malaise, les gaullistes, les centristes, les démocrates chrétiens, les sociaux-libéraux, les radicaux.

Comment procéder ?

- Par exemple, sur la énième réforme des retraites, admettons le passage de l’âge légal de 60 à 62 ans, si c’est le prix d’un bon compromis. Par contre le passage de 65 à 67 ans pour une retraite à taux plein est une source d’injustice inacceptable : 50 % des femmes seront obligées de partir à la retraite à 67 ans. Les 6 milliards nécessaires pour l’éviter pourraient être trouvés en sollicitant les plus aisés. Il y aune chance historique à saisir, car les Français sont conscients que la réforme est nécessaire. Efforçons-nous dans les prochaines semaines de trouver le bon équilibre.

Les choses peuvent changer avec le remaniement annoncé ?

- Un changement de gouvernement n’est utile que si, il y a un changement de politique. Je plaide pour un gouvernement d’union qui ne peut que sortir des urnes ; une union, ce n’est pas une ouverture réduite aux acquêts.

Qu’est-ce que cela veut dire pour vous ?

- Pour ma part, j’entends me consacrer pleinement à la préparation d’une alternative républicaine.

Source: Ledauphine.com

Publié dans Interview

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