On en rit: L'affaire Woerth-Bettencourt, un complot villepiniste?

Publié le par P.A.

Sur France 2, Eric Zemmour a avancé la thèse d'une connivence entre Dominique de Villepin et Edwy Plenel contre Nicolas Sarkozy dans le cadre de l'affaire Bettencourt. L'avocat Olivier Metzner et la villepiniste Marie-Anne Montchamp lui répondent.

L'affaire Woerth-Bettencourt, un "complot" villepiniste? Tout en refusant de prononcer le mot, Eric Zemmour a jeté un pavé dans la mare en avançant implicitement cette thèse samedi soir, lors de l'émission On n'est pas couché sur France 2.  

L'un des invités de Laurent Ruquier n'était autre qu'Edwy Plenel, fondateur de Mediapart, venu présenter L'affaire Bettencourt, un scandale d'Etat, un ouvrage collectif de sa rédaction consacré à l'affaire qui fait trembler le ministre du Travail mais également le président de la République, depuis maintenant quatre mois.  

Eric Zemmour avance alors la théorie d'une collusion entre l'ancien rédacteur en chef du Monde et Dominique de Villepin pour nuire à Nicolas sarkozy.  

Pour ce faire, le polémiste présente un syllogisme qu'il estime irréfutable: 1) Edwy Plenel serait un proche de Dominique de Villepin. 2) Il se serait procuré les enregistrements des conversations entre Liliane Bettencourt et son gestionnaire de fortune, Patrice de Maistre, auprès de Me Metzner, l'avocat de Françoise Bettencourt. La fille de l'héritière accuse le photographe François-Marie Banier d'avoir profité de l'état de faiblesse de sa mère.  

Ancien défenseur de Dominique de Villepin dans l'affaire Clearstream, Olivier Metzner n'aurait, selon Eric Zemmour, pas hésité à communiquer ces informations au directeur de Médiapart.  

Dévoilées par le site d'information -mais aussi par Le Point- au mois de juin, ces écoutes ont montré les liens, notamment financiers, entre l'héritière L'Oréal et divers hauts responsables politiques. Entendue lors de l'enquête ouverte après la publication de ces écoutes, l'ex-comptable de Liliane Bettencourt, Claire Thibout, a expliqué avoir remis début 2007 à Patrice de Maistre 150 000 euros en liquide que celui-ci devait donner à Eric Woerth afin de financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.  

Pour le pouvoir sarkozyste déstabilisé, il restait à trouver le responsable de cette offensive. Dès le mois de juillet, l'hypothèse d'une vengeance initiée par Dominique de Villepin avait circulé dans les couloirs de l'Elysée. "Que des membres de la majorité aient pensé à un tel complot est fort possible, reconnait Dominique Paillé, porte-parole adjoint de l'UMP. Personnellement, je n'aime pas la rumeur, seuls les faits m'intéressent."  

Metzner dément toute collusion

Me Olivier Metzner est plus catégorique. Selon lui, les propos d'Eric Zemmour "sont des déclarations invraisemblables". "Comment peut-on ainsi faire un lien entre tous mes clients? Dominique de Villepin et Françoise Bettencourt sont-ils aussi proches de Manuel Noriega et de Bertrand Cantat?", explique à LEXPRESS.fr l'avocat, qui précise n'appartenir "à aucun parti politique, ni à aucune tendance".  

L'avocat de Françoise Bettencourt estime que "l'aspect politique de l'affaire pollue totalement" le volet qui oppose sa cliente à François-Marie Banier. "Pendant des semaines, ce dernier a réussi à se cacher derrière les rebondissements politiques. Il n'a jamais été question dans mes discussions avec Françoise Bettencourt du volet politique de cette affaire. D'ailleurs, quel intérêt aurait eu Françoise Bettencourt à vouloir embêter MM. Sarkozy et Woerth?"  

Le camp villepiniste "en dehors de tout cela"

L'entourage de Dominique de Villepin est tout aussi circonspect face aux allégations d'Eric Zemmour. "Je n'ai absolument aucune idée de l'éventuelle relation d'amitié entre Dominique de Villepin et Edwy Plenel", avance la députée du Val-de-MarneMarie-Anne Montchamp.  

Pour la porte-parole de République Solidaire, le mouvement récemment créé par l'ancien Premier ministre, le clan villepiniste se montre très détaché vis-à-vis de l'affaire Bettencourt.  

"Sur le fond, nous nous sommes toujours efforcés de ne pas commenter cette affaire. A part être le révélateur des dérives du bouclier fiscal, ce dossier Bettencourt n'appelle pas à des prises de position politiques de notre part", affirme Marie-Anne Montchamp. D'autant, dit-elle, que toute la lumière n'a pas été faite sur cette affaire complexe.  

Surtout, "la tourmente que nous avons connue à l'occasion du procès Clearstream nous conduit à ne pas polémiquer sur une affaire qui viserait des cadres politiques, en dépit des désaccords que nous pourrions avoir avec eux".  

Ce n'a pas toujours été le cas. Avant l'été, le député villepiniste Jean-Pierre Grand ne s'était pas privé de persifler. "Cela veut dire que Mme Bettencourt avait embauché le ministre du Budget", avait ainsi jugé l'élu de l'Hérault, lors de la polémique sur le recrutement de Florence Woerth par Patrice de Maistre. 

Source: L'Express

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article