Les vérités de Dominique de Villepin

Publié le par P.A.

Labourage et pâturage ne sont plus en 2010 les deux mamelles de la France mais Dominique de Villepin, discrètement, creuse son sillon.

L’ancien Premier Ministre parcourt le pays pour aller au contact des Français et asséner "ses vérités".

Vendredi dernier, le président de République Solidaire (RS) en déplacement à Montpellier a soigné son public. Tantôt "professeur" devant de nombreux étudiants sensibles à son art oratoire venus l’écouter à la faculté de droit, tantôt "recours" d’une droite désorientée dans la salle du conseil municipal de Castelnau-le-Lez, ville périphérique détenue par Jean-Pierre Grand, l’un des rares députés estampillé Villepiniste.

De bonne grâce et sûr de son effet, l’ancien secrétaire général de l’Elysée sous la présidence Chirac a fustigé "l’absolutisme impuissant" du régime actuel et dénoncé la faute du président de la République accusé d’avoir par le discours de Grenoble "placé une logique de peur au centre de la politique".

La simple critique ne constitue pas un programme. En creux pourtant, par opposition au sarkozysme, M. de Villepin rêve d’un espace politique taillé sur-mesure entre PS et UMP.

D’autres avant lui se sont vus en troisième homme, en rassembleur trans-partis. Tous se sont vus rappelés sèchement par les urnes le caractère utopique de la démarche. Peu importe. Le gaullisme c’est aussi pour ceux qui s’en réclament penser pouvoir avoir raison seul contre tous.

Dominique de Villepin reste convaincu que l’élection présidentielle, c’est la rencontre entre un homme et le peuple. En attendant son heure, il prend le temps de soigner les blessures du sarkozysme.

Allusion directe à la dérive droitière, Dominique de Villepin prévient : "Toute la droite ne se retrouve pas dans cette politique clivante et qui se durcit, pour laquelle la division est devenue un instrument de conservation du pouvoir". La mise en garde est aussitôt assortie d’un premier coup de griffe: "Moi, je me bats au nom de convictions et de valeurs, pas au nom d’intérêts".

Villepin est à Sarkozy ce qu’est la mouette au requin, le yin au yang, indissociable. Profitant d’un entretien au quotidien local Midi-Libre, celui qui se présente en héritier du gaullisme a fait dériver l’exercice dans une critique tous azimuts de l’exécutif.

L’ancien chef de gouvernement juge "qu’en supprimant des postes dans la fonction publique de façon aveugle, nous désorganisons le fonctionnement de l’État" et que, "le déséquilibre institutionnel que nous connaissons depuis trois ans, contribue à démobiliser notre pays". "L’hyperprésident qui concentre tous les pouvoirs, un Premier ministre effacé et un gouvernement peu concerné créent une très forte démobilisation. Comment voulez-vous que notre pays soit efficace ?"

Pour qualifier le climat politique, l’ancien locataire de Matignon ne mâche pas ses mots : "C’est une confusion extrême. Une pagaille, une chienlit avec un blocage au sommet de l’Etat. Une situation que nous avons rarement connue dans notre histoire, sous la Ve République".

La faute évidemment à Nicolas Sarkozy : "L’annonce par le Président d’un remaniement a créé une situation de tension politique. Et donc d’irresponsabilité. Chacun joue sa carte personnelle, essaye de sauver sa tête. Chacun, du coup, se sent libéré de la solidarité gouvernementale. On voit donc, la politique se débrider. C’est malheureux, car on s’éloigne encore un peu plus du service des Français. Cette situation de vide est très néfaste à l’action gouvernementale. Tout cela dans un moment difficile pour notre pays, c’est vraiment surréaliste".

Reste à savoir si le président-fondateur de République Solidaire pourra passer d’un simple pouvoir de nuisance condamné à s’élimer avec le temps à une réelle capacité de rassemblement à droite pour constituer une alternative à Nicolas Sarkozy en 2012.

Source: Henry Moreigne, Mediapart

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S
<br /> <br /> j'etais morte de rire en entendant la fin de cette video!<br /> <br /> <br /> <br />
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