Dominique de Villepin teste sa popularité au Salon de l'agriculture

Publié le par P.A.

 

"On ne peut pas défendre la France sans la goûter", aime à répéter Dominique de Villepin. Au Salon de l'agriculture, mercredi, l'ancien Premier ministre applique sa maxime au pied de la lettre. Dès son arrivée, à 10 h 30, il trinque à la bière et au vin blanc, engloutit fromage et charcuterie. "Je suis un fervent goûteur de cochon", affirme le président de République solidaire à deux femmes arborant fièrement les couleurs de la confrérie du cochon de Bayeux.

Accompagné de l'ex-ministre de l'Outre-Mer Brigitte Girardin et de trois députés, Dominique de Villepin est parti pour une véritable visite marathon de "la plus grande ferme de France". Comme autrefois son mentor Jacques Chirac, il arpente les allées du salon parisien de la Porte de Versailles pendant près de six heures. Une manière d'afficher sa proximité avec le monde rural - l'une des deux mamelles du villepinisme avec les banlieues.

Terroir

Tout sourire, il tape le cul des vaches, engloutit les produits du terroir, caresse les têtes des enfants, serre les mains de ses admirateurs et prend la pose pour la photo. "Villepin, c'est le plus beau, il a toujours la classe !" s'exclame une visiteuse rose de plaisir de lui avoir serré la main. "Bon courage pour 2012 !" lance un autre sur son passage. Pour celui qui entretient toujours le doute sur sa candidature à l'Élysée, c'est l'occasion de tester sa popularité. Dominique de Villepin savoure le bain de foule. "C'est un peu comme une bouffée d'air", murmure l'un de ses proches. Pour les villepinistes, cette semaine est en effet à marquer d'une pierre blanche. Mardi, lors d'un déplacement à Lyon, Dominique de Villepin a annoncé qu'il ne renouvellera pas sa carte de l'UMP pour l'année 2011, accentuant ainsi un peu plus la pression à quinze mois de la présidentielle.

"J'ai le sentiment que l'UMP s'éloigne des valeurs qui sont les miennes, celles du gaullisme, de la justice sociale", s'est justifié l'ex-Premier ministre. Pour le député Jacques Le Guen, cette décision est "la conséquence directe de la gestion catastrophique de la crise au Maghreb et au Moyen-Orient". "Villepin a été choqué par l'amateurisme du gouvernement. C'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase après le débat sur la burqa, l'identité nationale, le discours de Grenoble", décrypte le parlementaire.

Rendez-vous à l'Élysée

L'annonce fait d'autant plus d'effet que Dominique de Villepin doit rencontrer jeudi Nicolas Sarkozy dans le cadre de la présidence française du G20. Ce prétexte a été imaginé pour renouer le contact entre les deux rivaux qui ne se sont pas vus depuis deux ans. Dominique de Villepin promet : "J'aurai la même franchise qu'avec Jacques Chirac quand je lui disais des choses que les autres ne lui disaient pas. Je les dirai à Nicolas Sarkozy." Mais l'ex-Premier ministre n'envisage pas de parler de sa candidature à la présidentielle pour laquelle il se décidera "au plus tôt" à l'automne prochain. "Il n'y a pas de calendrier défini. Tout est question de circonstances", estime-t-il.

 

Source: Le Point

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