Clearstream: Villepin charge le ministère de la Défense

Publié le par P.A.

Qui a fait libérer Imad Lahoud de garde à vue en 2004? L'ancien Premier ministre, jugé en appel, dément être intervenu et accuse le ministère de la Défense.

Dominique de Villepin a maintenu ce jeudi devant la cour d'appel de Paris ne pas être intervenu pour faire libérer Imad Lahoud, le faussaire présumé de l'affaire Clearstream. L'ancien Premier ministre a ajouté que cet épisode révélait surtout que le mathématicien n'était pas sa source, mais bien celle du ministère de la Défense.

Le 25 mars 2004, Imad Lahoud est placé en garde à vue pour une affaire annexe d'escroquerie. Les policiers découvrent alors qu'il est en possession d'un sauf-conduit délivré par Jean-Louis Gergorin. Dans cette lettre, le vice-président d'EADS affirme que son protégé est en mission pour le compte du général Philippe Rondot.

A l'époque, le général Rondot enquête sur les listings Clearstream pour le compte du ministère de la Défense, mais aussi de Dominique de Villepin, au Quai d'Orsay.

Lorsque le commissaire responsable de la garde à vue l'appelle, le général, qui n'a pas connaissance de ce sauf-conduit, répond qu'il ne saurait couvrir Imad Lahoud. L'officier appelle ensuite Jean-Louis Gergorin pour l'avertir de l'incident et lui demander des explications.

Peu de temps après, Dominique de Villepin téléphone au général Rondot. Selon le militaire, il lui demande alors de faire libérer Imad Lahoud.

Je n'ai pas donné d'instruction au général Rondot de libérer 'la source' ou Imad Lahoud", a redit jeudi l'ancien Premier ministre, qui assure avoir appelé le militaire en lien avec des dossiers internationaux. De toute façon, à l'époque, "je ne connais pas l'identité de la source, (...) je ne sais pas qu'il a fait de la prison (...) et que c'est un escroc aux renseignements".

"J'ai le réflexe très normal de lui dire: voyez ce qu'il en est, en d'autres termes, faites au mieux", poursuit Dominique de Villepin. Mais "ma propre intervention est comme le fruit confit dans le cake, c'est-à-dire qu'(...) elle est sans aucune conséquence dans ce dossier".

En revanche, le fondateur de République solidaire oriente l'attention de la cour sur la "note de couverture" adressée quatre jours plus tard sur l'incident par le général Rondot à Philippe Marland, directeur de cabinet du ministère de la Défense.

Selon lui, cette note "glisse sur" plusieurs points et tente de protéger cette "source pourrie" en raison d'un "intérêt supérieur". Le ministère de la Défense aurait alors voulu "sauver le soldat Lahoud", qui lui promet par ailleurs de remonter jusqu'à Oussama Ben Laden.

Source: L'Express avec AFP

Publié dans Clearstream

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article