Allocution de Dominique de Villepin lors de la réception en l’honneur de 100 jeunes Chinois

Publié le par P.A.

Monsieur le vice-président de la Fédération nationale de la jeunesse de Chine,
Monsieur le député, Monsieur le sénateur,
Monsieur l’ambassadeur,
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

C’est pour moi un très grand plaisir de vous accueillir aujourd’hui.

C’est ici, en décembre 2005, lors de la visite officielle du Premier ministre Wen Jiabao qu’est née l’idée de ce programme exceptionnel. Avec M. Wen, nous avons voulu développer les échanges entre les jeunesses de nos deux pays afin de renforcer la relation d’amitié et de coopération qui unit la Chine et la France. Je suis particulièrement heureux que cette idée, ce rêve même, soit devenu aussi rapidement une réalité.

Quatre cents jeunes Français ont visité la Chine en 2006 à l’invitation des autorités chinoises. Cette année, c’est au tour du Gouvernement français de recevoir 400 jeunes Chinois. Grâce à ces voyages, des projets concrets ont vu le jour, comme des résidences d’artistes ou la naissance de nouvelles associations.

Tous ces projets sont encourageants. Et ce n’est qu’un début. Vous tous ici, vous symbolisez la force du partenariat entre la France et la Chine.

Vous représentez la diversité et la formidable énergie de cette relation qui s’est ouverte à tous les domaines : l’art et la culture, le terrain associatif, la vie politique, le domaine des sciences et le monde de l’entreprise.

Pour la France, la relation avec la Chine revêt un caractère essentiel.

Nos deux nations sont profondément enracinées dans l’histoire. Elles s’estiment et s’apprécient. A travers le temps, à travers les épreuves parfois, la Chine et la France ont appris à se connaître et à se comprendre. Les liens que nous avons tissés sont des liens de fascination et de proximité, de respect et d’admiration.

Par son histoire, sa culture, sa puissance démographique et économique, la Chine affirme toujours davantage sa voix sur la scène internationale. Son rayonnement, sa vitalité, le rôle fondamental qu’elle a vocation à jouer pour la stabilité régionale sont une chance pour nous tous. C’est pourquoi la France souhaite être à vos côtés et accompagner votre pays dans cette évolution.

Aujourd’hui, ces liens doivent nous permettre de mieux répondre ensemble aux nouveaux défis du monde.

C’est vrai en particulier pour la prolifération nucléaire qui menace de franchir un nouveau seuil. Les tentations sont nombreuses : elles sont stratégiques, pour des Etats qui cherchent à sanctuariser leur territoire ; elles sont politiques, car acquérir la bombe reste perçu comme un élément de statut sur la scène internationale ; elles sont économiques pour les réseaux qui en tirent des profits importants.

Pour être à la hauteur de l’enjeu iranien, nous devons prendre en compte tous ces aspects. La solution ne peut être militaire. Elle passe au contraire par la reconnaissance du rôle de l’Iran dans la région. C’est pourquoi la démarche dont nous avons pris l’initiative est politique, en alliant le dialogue et la fermeté. Si l’Iran fait le geste de suspendre l’enrichissement, le Conseil de sécurité pourra suspendre les sanctions. Pour réussir, le maintien de l’unité de la communauté internationale est indispensable.

Sur le dossier nord-coréen, où la Chine joue un rôle très positif, nous devons aussi poursuivre une démarche politique. L’accord à six conclu au mois de février représente une étape importante en direction de l’objectif d’une dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible de la péninsule coréenne.

Pour être efficaces, ces réponses communes doivent s’appuyer sur des principes.

Tout d’abord, le respect du droit, y compris dans la lutte contre le terrorisme car la sécurité est inséparable, dans la durée, de la justice.

Deuxième principe : le respect des identités. Elles sont au cœur de toutes les crispations. Leur meilleure prise en compte est une condition morale mais aussi de notre sécurité.

Enfin, troisième principe : l’exigence de l’encadrement de la force par le droit et le primat de la sécurité collective. C’est à cette condition seulement que la légitimité de l’action peut être assurée et qu’une solution durable aux crises peut être envisagée.

Chers amis,

Pour construire unmonnde de paix et de justice, nous avons besoin de dialogue, de compréhension et d’engagement. C’est pourquoi je suis si heureux devant le succès de ce programme. Je tiens à remercier tous ceux qui le soutiennent, et tout d’abord les autorités chinoises et la Fédération nationale de la jeunesse de Chine bien sûr. Je salue aussi, du côté français, la mobilisation des collectivités locales, des administrations françaises et bien entendu de nos entreprises qui ont efficacement soutenu ce programme.

Enfin, je me tourne vers les jeunes Français qui sont partis en Chine l’an dernier. Vous avez été les représentants de la France et les pionniers d’une nouvelle relation entre nos deux pays. Vous pouvez en être fiers. Pour perpétuer l’esprit qui guide nos échanges, nous devons tracer de nouvelles voies, ouvrir de nouveaux horizons. Nous devons permettre à ceux qui ont appris à se connaître et à s’apprécier, de continuer à travailler ensemble au service de nos deux nations. C’est le sens de notre grand programme d’échange. C’est vous qui, demain, ferez vivre l’amitié entre nos deux pays. Soyez donc les bienvenus.

Je vous remercie.

Dominique de Villepin, Premier ministre

Publié dans Discours

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