Dominique de Villepin ONU - Stake out

Publié le par P.A.

>Intervention de Dominique de Villepin

J’ai été heureux de pouvoir dire au Secrétaire Général des Nations Unies, Ban Ki Moon à quel point nous soutenons ses efforts, sa personne, son engagement. A quel point nous défendons les valeurs et les principes des Nations Unies, les valeurs collectives des Nations unies, la sécurité collective partout à travers la planète. J’ai été heureux également de pouvoir lui dire que nous soutenions le processus de réforme engagé au sein des Nations Unies, la reforme du Conseil de Sécurité pour plus de représentativité, la réforme des opérations de maintien de la paix notamment pour doter ces opérations de maintien de la paix d’un état major permanent.

Nous avons abordé des différentes crises. La crise libanaise, en rappelant l’importance que nous attachions à la souveraineté du Liban, le respect de la souveraineté, la pleine application des résolutions 1701, 1559 des Nations Unies. La création également d’un tribunal spécial.

En ce qui concerne l’Iran, nous sommes d’accord sur un nouveau projet, entre les Six. Ce projet est actuellement présenté aux quinze membres du Conseil de sécurité. Nous pensons qu’il crée les bases pour arriver à un règlement. Il s’agit d’une processus, vous le savez, progressif. Nous donnons le choix aux Iraniens. Soit la reprise du dialogue qui permettra à l’Iran d’envisager des perspectives des développement, des perspectives pour le nucléaire civil. Soit au contraire, le choix d’une réponse négative. C’est alors pour la communauté internationale la nécessité de fermeté. Ces sanctions ne sont pas dirigées contre le peuple iranien mais c’est un message très fort adressé aux autorités iraniennes.

Nous avons évoqué la situation du processus de paix après d’accord pour un gouvernement d’Union nationale en Palestine. Nous pensons que cela ouvre la voie à de nouvelles perspectives. Nous souhaitons que cette occasion puisse être saisie, dans le respect des principes stricts qui ont été affirmés : renonciation à la violence, plein accord de soutien aux résolutions des Nations Unies et reconnaissance d’Israël.

Nous avons insisté sur la situation de l’Afrique. En Côte d’Ivoire, nous sommes fortement encouragés et nous nous félicitons de l’accord qui est intervenu entre le Président Gbagbo et Guillaume Soro, qui ouvre la voix à de nouvelles étapes et à des élections qui devraient se tenir d’ici la fin de l’année. Nous souhaitons que cela puisse créer les bases d’un processus de retrait de nos forces engagées là-bas. Mais bien sûr, rien ne se fera sans le plein accord de la communauté internationale et des Nations Unies.

Nous avons évoqué le situation au Darfour, une situation préoccupante. C’est à mon avis une question qui doit se tenir au sommet de l’agenda des Nations Unies et de la Communauté internationale et c’est ce que m’a confirmé le Secrétaire général.

Nous avons pour ce faire besoin d’un accord politique qui puisse créer le cadre général d’une action. Nous avons besoin d’un déploiement de la force hybride au Soudan, Union africaine et Nations Unies. Déploiement aussi d’une force qu Tchad et en Centrafrique qui prenne en compte les préoccupations des dirigeants de ces pays. Cela suppose que nous maintenions l’unité du monde arabe et l’unité de l’union africaine pour pousser dans le sens que nous souhaitons. C’est-à-dire dans le sens d’un accord qui sera véritablement respecté et qui permettra d’alléger les souffrances de ces populations.

C’est une tragédie qui se déroule sous nos yeux et nous voulons continuer d’agir sur le plan humanitaire mais surtout créer les conditions politiques qui permettent un règlement de cette crise.

Enfin nous avons évoqué la situation au Kosovo et au Sahara occidental.

>Questions des journalistes

(France 2) Les casques bleus français sont difficilement acceptés au Sud Liban, En avez-vous parlé avec le Secrétaire général ? Y a-t-il des mesures à prendre pour qu’ils soient mieux acceptés par le Hezbollah ? Nous avons évoqué la situation au Liban, évoqué la nécessité d’une plein application de la résolution 1701 et les choses se déroulent conformément à ce que nous souhaitions. En tout état de cause, nous ne pouvons pas accepter un réarmement du Hezbollah, ni au sud, ni au nord du Liban. Donc, c’est avec persévérance que nous devons continuer d’agir, mais l’engagement qui est le nôtre, l’engagement de la communauté internationale, doivent nous conduire à lever peu à peu les obstacles. Donc, c’est avec détermination que nous continuons d’avancer et de travailler.

(CNN) On Sudan, after years of inaction of the international community there is a sense of hopelessness. How do you answer to this?

That’s why we believe we have to deal with all different problems at the same time ! We need a political agreement: this is the condition to be effective in this region and in Sudan. We need to maintain the unity of the international community, both Arab countries and African union. And we also believe that we need to deploy a hybrid force in Sudan, African union and United Nations, and to deploy a force at the border of Chad and Central Africa. I think we should be committed to action through a very strict timetable.

The Secretary General’s envoy, Mr. Eliasson, is going to be back in the region, back on track, to work on a political agreement. If we are all committed, we can do it. But we need to have behind this commitment some kind of shuttle diplomacy, with all our countries acting in the same direction, creating conditions for unity of the international community. If we want to be effective we always have to understand that we need the agreement of the different parties and we need to act collectively in order to be able to change the situation.

(L’orient le Jour) Quelle est la position de la France sur le déploiement de la Finul le long de la frontière syro-libanaise ?

Nous souhaitons que la Finul puisse progressivement se déployer conformément à ce qu’indique la résolution 1701. C’est pour cela que nous sommes si désireux que les messages que nous adressons à la Syrie soient des messages bien compris. Si nous avons souhaité que Javier Solana puisse se rendre à Damas, c’est pour adresser ce message très fort, très clair aux Syriens.

Dans la volonté de la France, il y a la volonté de faire en sorte que chacun comprenne où est sa responsabilité. La Syrie a des devoirs vis-à-vis de la région. La Syrie doit comprendre que si elle souhaite avancer, régler ses propres contentieux et je pense à la situation du Golan, elle doit avoir un rôle positif vis-à-vis de la région. C’est vrai vis-à-vis de l’Irak, c’est vrai vis-à-vis du Liban. Il faut qu’elle respecte la souveraineté libanaise. Nous avons franchi des étapes au cours des derniers mois. Le retrait de la Syrie du Liban, le travail fait par la commission de M. Brammertz. Donc nous avons franchi un certain nombre d’étapes. Il faut aller plus loin, et c’est en cela que la communauté internationale doit adresser un seul et même message à l’ensemble des protagonistes. Nous les jugeons sur les résultats, sur une volonté d’avancer et sur la capacité à régler les problèmes.

Je me réjouis bien sûr à cette occasion de l’engagement d’un certain nombre de pays de la région comme l’Arabie saoudite qui a beaucoup travaillé pour cette réconciliation. Je pense bien sûr aussi à l’engagement de l’Egypte ou encore de la Jordanie.

(Europe 1) On peut lire dans la presse ce matin les aveux de Khalid Shaikh Mohammed à Guantanamo et l’étendue de l’agenda d’Al Quaida. Ne regrettez vous pas a posteriori que la France ne dispose pas de plus de troupes en Afghanistan pour lutter contre les Talibans et Al Qaida ?

Nous sommes très engagés en Afghanistan puisque nous participons à l’Isaf avec 1100 soldats sur le terrain et que nous avons décidé de renforcer encore notre présence dans la perspective de l’offensive de printemps. Nous avons notre groupe aéronaval qui se dirige vers la région. Nous avons renforcé notre groupe aéroporté, hélicoptères et avions, présent dans la région. Nous avons donné des instructions pour participer au cas par cas à l’intérieur du pays, aux différentes missions et c’est ce que nous faisons d’ailleurs d’ores et déjà à l’est de Kaboul. Donc nous sommes bien engagés, très conscients aussi de ce que l’enjeu terroriste est un enjeu mondial.

Très conscients aussi que la réponse n’est certainement pas uniquement une réponse militaire sur le terrain comme en Afghanistan mais une réponse globale. Cela implique que tous les moyens nécessaires soient utilisés pour traquer le terrorisme. Réponse aussi qui passe par le règlement apporté aux crises. Une solution apportée aux crises c’est encore la meilleure façon de couper la route du terrorisme. Régler les problèmes, apporter des réformes, respecter les identités, prendre partout où c’est nécessaire les bonnes décisions pour la communauté internationale, c’est un moyen de ne pas alimenter les identités meurtrières, ces identités blessées qui sont souvent le point d’appui du terrorisme.

(Iranian News agency) I would appreciate your views on the Iranian issue. There is a crucial element to take into account about the situation in Iran: the need to have a timetable. Having a schedule, a timetable is the key to any achievement. We had a first resolution sending a strong message to the Iranian leadership, very simple and very clear message : we want Iran to fully respect its international obligations. Iran has decided not to answer. We are preparing a second resolution, taking gradual new steps, with different new items, concerning arms, concerning travels of Iranian high personalities. These measures are gradual and reversible. That means that in 60 days from the vote of this resolution, if we have no answer we will have more sanctions. Very clear message on one hand.

Very clear message on an other hand. If Iran does accept to make the choice of recognition of its obligations, then Iran will have a very strong economic package. Iran will have a real perspective for civilian nuclear power.

I think this is a very responsible approach and I am very happy to see that it is creating a debate in Iran which is a positive debate. Because Iran today knows, and people of Iran today know, that they have a choice. They can choose to better life for millions of Iranians. And you know how much I respect this country, how much I like this country. And you know how much I respect its culture. I think Iran is a great Nation. And I do hope that the message will be understood in Teheran. We are in a process of responsibility. Everyone knows the terms of the choice.

And saying that, I am the one who lead the first mission in Iran of the EU3 with my friend Jack Straw and Joschka Fischer At the time, some people were wondering whether this was another trick of European diplomacy. I think that this is the good way for responsibility. And I am very happy as French Prime Minister to see today that the whole international community is supporting this approach which is constructive, positive, and the only way to get results. I am hopeful that we might find collectively a way out. I do hope that we will also build on this experience, to solve other crisis. There is no solution for any crisis without collective will, support from the international community, United Nations and a very strict timetable.

That is why I have always said concerning Iraq that everything must begin by a timetable. It’s always better to prepare the withdrawal of foreign troops throughout a full year than to decide in a couple of minutes that it is time to go.

Responsibility, collective action, timetable. This is the new form of modern diplomacy that we should all use.

(BBC Afrique) Sur la Côte d’ivoire. Avez-vous évoqué avec le Secrétaire général le calendrier d’un retrait de Licorne ? Sur le Darfour, il y a des voix qui se sont élevées au conseil pour une réelle sanction contre l’autorité soudanaise pour le manque de volonté. Est-ce que la France va se joindre à cette résolution ?

En ce qui concerne la Côte d’ivoire nous pensons que les progrès dans la voix d’une solution politique - et je me réjouis des étapes franchies - peuvent ouvrir la voix à un retrait. Par définition, l’engagement d’un pays, de la communauté internationale à travers des forces de paix, trouve sa justification dans la réussite d’une opération qui permet le départ.

Ce que j’ai dit au Secrétaire général c’est que de la même façon que nous souhaitions que les objectifs politiques soient atteints, nous souhaitons préparer ce retrait. Nous le ferons bien sûr avec la communauté internationale et l’ensemble des pays de la région. Il ne s’agit pas pour la France de prendre de court les uns et les autres. C’est donc dans un esprit de responsabilité que nous agissons.

En ce qui concerne le Darfour nous pensons qu’il ne faut pas se tromper de moyens. Bien sûr, on peut voter une résolution qui pourrait permettre d’accélérer les choses. Malheureusement je crains qu’elle ne les accélère que sur le papier. Ce que nous souhaitons c’est changer les choses sur le terrain et pour changer les choses sur le terrain nous avons besoin de l’unité de la communauté internationale, je l’ai dit, de l’ensemble des pays arabes et africains, de l’union africaine et des parties. C’est pour cela que nous considérons que l’accent doit d’abord être mis, et c’est le travail de M. Eliasson, sur un accord politique, qui puisse créer les conditions d’une action efficace sur le terrain.

Why don’t you cooperate with Mr Brammertz ?

We do cooperate with Mr Brammertz. We want results and we have always supported Mr Brammertz.

You mentioned the recent agreement between the different Palestinians fractions. Do you believe that offers any realistic possibility of breaking the deadlock between the Palestinians and the State of Israel?

Yes. I do believe so. I do hope so and we should all work in this direction. The deadlock in the peace process is bad for everybody. Bad for Israel, bad for the Palestinians, bad for the region and bad for the international community. So we must get out of this deadlock and I believe we should encourage the new government to take the necessary steps: renouncing to violence, recognizing all relevant resolutions of the United Nations and recognizing Israel.

Five years ago we were having one crisis in the Middle East, Israel and Palestine. Today we have four major crises. If we don’t realize that, these four crisis may be tomorrow just one huge crisis that will endanger the world security. So, we’d better try to address each of those crises. Each has its own specificity and dynamic but there are also a lot of common factors.

So I think it is time for the international community to be re-engaged in this region; with a collective approach, with each country facing crisis and diffciulties, with the regional institutions or forces and with the international community.

So the agenda of the international community is a very difficult and full one.

Publié dans 2007

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