M. de Villepin esquisse le chemin d'une croissance plus forte

Publié le par P.A.

Dominique de Villepin tente toujours d'exister dans la campagne présidentielle. Le Premier ministre a souhaité bâtir un "consensus large" sur la croissance en réunissant mardi à Bercy la première conférence sur le sujet.

"Il y a des sujets qui appellent des débats et des controverses. Mais sur la croissance, sur l'emploi, sur le désendettement, je suis convaincu que nous avons besoin avant tout de nous rassembler pour tenir le cap de notre action", a déclaré le chef du gouvernement à lissue de cette matinée de réflexion réunissant élus, partenaires sociaux, acteurs économiques et experts.

Pour bâtir ce consensus, Dominique de Villepin a demandé à lINSEE (Institut national de la statistique et des études économiques) de mettre à la disposition des Français "deux ou trois indicateurs" nouveaux de croissance mettant en évidence le "progrès durable". "La croissance, ce n'est pas seulement une question économique, c'est aussi un choix de société", a-t-il résumé.

Le but de cette conférence était de réfléchir aux moyens de combler lécart structurel de croissance dun point entre la France et des pays comme les Etats-Unis, la Suède ou le Royaume-Uni, pour atteindre lobjectif fixé par le Premier ministre dune progression du PIB de 3% en 2012, contre 2% en 2006. Le ministre de l'Economie Thierry Breton a confirmé les prévisions de 2% à 2,5% pour 2007 et 2008.

Cet écart de la France avec dautres pays signifie "du pouvoir dachat en moins pour les Français", a noté M. de Villepin. Il a observé qu"avec un taux de croissance comparable à celui des Etats-Unis au cours des 15 dernières années, le salaire moyen annuel des Français serait aujourdhui supérieur de près de 9.000 euros".

"Si nous voulons franchir de nouvelles étapes, nous avons besoin de choix poursuivis sur le long terme, pendant dix ans, pendant quinze ans. Une croissance de 3 %, un taux de chômage de 6 % et une dette publique ramenée à 55 % du PIB à l'horizon 2012, ce sont des objectifs qui doivent être aujourd'hui partagés par tous", a assuré M. de Villepin, comme s'il laissait une feuille de route à son successeur.

Pour atteindre cet objectif, le chef du gouvernement n'a avancé qu'une seule recette: "poursuivre et enraciner dans le temps" les choix économiques et sociaux faits depuis 2005 par son gouvernement.

"Pouvons-nous marquer davantage de points dans la mondialisation et préserver notre modèle social fondé sur la justice et la solidarité ? Ma conviction, c’est qu’il n’y a aucune contradiction entre le dynamisme économique et la justice sociale" a t'il insité. "Notre modèle social est un atout dans la mondialisation. Il est un gage de justice mais aussi d’efficacité, car une société qui accompagne chacun et qui avance rassemblée, c’est une société plus forte dans la compétition économique" a t'il ajouté.

Parmi les pistes pour l'avenir, Dominique de Villepin a insisté sur la nécessité de poursuivre la réforme du marché du travail pour atteindre lobjectif de 6% de chômage à l'horizon 2010. "Aujourd’hui, nous devons définitivement sortir des logiques malthusiennes. Si nous voulons créer davantage de richesse et consolider notre croissance, nous devons offrir du travail à tous les Français. Et nous devons leur permettre de travailler autant qu’ils le souhaitent. Les réponses, nous les connaissons. Ce sont celles que nous avons commencé à mettre en œuvre et que nous devrons impérativement poursuivre dans les prochaines années ".

Dominique de Villepin a ainsi défendu la revalorisation du travail par rapport à l’assistance, citant le doublement de la prime pour l’emploi, qui représente désormais un véritable 13e mois pour les salariés au Smic.

Dans le prolongement du contrat nouvelles embauches (CNE) institué par son gouvernement, 400 000 CNE conclus fin 2006 qui ont induit, à eux seuls, plus de 50 000 emplois supplémentaires, il a évoqué la mise en place dune "véritable flexisécurité à la Française" (modèle scandinave associant plus de flexibilité pour les entreprises et plus de sécurité pour les salariés), la fusion ANPE-Unedic, l'amélioration de lorientation et de la formation professionnelle et "la revalorisation du travail par rapport à l'assistance".

Le Premier ministre a en outre insisté sur l'importance de soutenir le développement des entreprises. Il s'est interrogé sur "le bien-fondé des réglementations" qui peuvent freiner les jeunes entreprises et les jeunes salariés.

L'idée d'un "Small Business Act" à la française, réservant une part des marchés publics aux PME, fait aussi son chemin. A charge pour le prochain gouvernement de la défendre au niveau européen et à l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Dominique de Villepin a enfin rappelé l'importance de l'innovation, "clé de l'avenir français" dans la mondialisation. Dans ce cadre, il a souhaité que le prochain gouvernement réforme la gouvernance des universités et leur donne de nouvelles sources de financement en modulant les droits d'inscription.

Autant de pistes que l'on retrouve également dans le programme de Nicolas Sarkozy, a reconnu le Premier ministre. Dominique de Villepin a d'ailleurs salué mardi le programme "pragmatique" du candidat UMP en matière économique et sociale face aux "feux" aveuglants de l'idéologie, dans une critique implicite de la candidate socialiste Ségolène Royal.. "Il y a là beaucoup déléments nécessaires et indispensables pour permettre à notre pays de relever le défi", a-t-il remarqué.

Lundi, Matignon insistait sur la convergence de vues entre le premier ministre et le prix Nobel d'économie américain Edmund Phelps. Ce dernier a ouvert la conférence sur la croissance, en compagnie de l'économiste en chef de l'OCDE, Jean-Philippe Cotis. Et en faisant valoir que la faiblesse de la croissance française n'est pas due à notre modèle social, mais à la place insuffisante faite, dans notre pays, aux nouveaux entrants : les jeunes et les entreprises innovantes.

Source: D'après agences

 

 

Publié dans Action gouvernementale

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
G
Intéressant tout ça sauf que Villepin a confondu : Sarkozy ne reprend pas ces bonnes idées dans son projet... Celui qui défend ces orientations, SBA, Flexisécurité (sécurité sociale professionnelle), défense du modèle social français, etc... c\\\'est ... François BAYROU!!! en y ajoutant m^me une généralisation de la participation... <br /> Les vrais gaullistes ne se tromperont pas au moment de voter...
Répondre