Intervention de Dominique de Villepin à l'Assemblée Nationale le 21 II 2007

Publié le par P.A.

Réponse du Premier ministre à la question de M. Bernard Accoyer, Président du groupe UMP, au sujet du bilan du quinquennat de Jacques Chirac et de l’action du Gouvernement.

Monsieur le président,
Mesdames et Messieurs les députés,
Monsieur le président Accoyer,

Au terme de cette session parlementaire, permettez-moi tout d’abord de remercier chacune et chacun d’entre vous, de remercier le président Debré pour la hauteur de son exigence républicaine, de vous remercier Bernard Accoyer ainsi que toute la majorité pour le soutien constant que vous avez apporté au gouvernement dans sa volonté de servir les Français. Et je veux aussi saluer l’opposition et la place qu’elle a prise dans nos débats. Elle a joué son rôle ; elle est indispensable dans le fonctionnement de la démocratie.

Aujourd’hui notre pays est à nouveau sur les rails, sous l’impulsion du président de la République. Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
-  Il y a deux ans, le taux de chômage était de 10,2 % ; il est aujourd’hui de 8,6 %.
-  La croissance était de 1,6 % ; elle est aujourd’hui de plus de 2 %.
-  En deux ans, l’endettement public a diminué de deux points et notre déficit budgétaire a diminué de 20 milliards d’euros : c’est 20 milliards d’euros en plus pour les Français.

Alors c’est vrai, le Gouvernement a connu des épreuves : la crise des banlieues, le contrat première embauche. Mais nous n’avons jamais baissé les bras. Nous n’avons jamais renoncé.
-  Face à la crise des valeurs, nous avons défendu l’égalité des chances ; nous avons lutté avec acharnement contre les discriminations ; nous avons refondé l’éducation prioritaire.
-  Face au chômage des jeunes, nous avons réformé le service public de l’emploi, nous avons amélioré l’orientation et nous avons renforcé le lien entre l’université et l’emploi.

De tous ces combats que nous avons livrés ensemble, vous me permettrez de tirer des leçons personnelles. Des leçons pour nous, des leçons aussi pour notre démocratie à quelques semaines d’échéances décisives pour notre pays.
Tous ici nous sommes différents, différents par nos origines, différents par nos sensibilités et différents par nos engagements, et cette diversité doit rester pour la nation toute entière une force, elle ne doit pas se perdre dans des affrontements stériles.

Avançons donc toujours davantage vers une démocratie du respect et de la responsabilité.
-  Cela veut dire une démocratie qui fait de l’action et des résultats une exigence quotidienne : c’est bien pour cela que j’ai choisi, jusqu’au dernier jour, de me consacrer entièrement à la mission qui est la mienne.
-  Cela veut dire une démocratie qui ne transige pas avec les principes fondamentaux de la République : la tolérance, la laïcité, l’humanité.
-  Cela veut dire enfin une démocratie qui ne trouve pas des consensus seulement au-delà des partis sur les questions de défense ou de politique étrangère, mais qui fait preuve aussi de réalisme et de pragmatisme sur les grands enjeux comme l’emploi, comme la sécurité, comme le désendettement.

Ne nous divisons pas sur tout. C’est l’intérêt national qui est en jeu, l’intérêt de chaque Français face à un monde qui change, qui change rapidement et qui exige de notre part toujours davantage de détermination et de volonté.

Monsieur le président, Mesdames et Messieurs les députés,

Il y a deux ans, lorsque je me suis exprimé ici pour la première fois comme Premier ministre, je m’étais fixé deux objectifs : défendre l’action politique au lendemain du référendum européen, permettre à notre pays de regarder à nouveau en face son avenir, l’Europe et le monde. Fort du chemin parcouru, je veux aujourd’hui l’affirmer solennellement devant vous : non, il n’y a pas de fatalité. Oui, l’action politique peut changer les choses, quand elle est au service de la République, quand elle est au service de la France.

Dominique de Villepin, Premier Ministre

Publié dans Discours

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