Les médias sont-ils à gauche ?

Publié le par P.A.

>Réponse à un commentaire laissé par un internaute sur le site www.marianne2007.info

Les médias sont à gauche, dit-il et il en prend pour preuve un sondage réalisé par Marianne auprès des journalistes (le seul du genre), qui montrait en 2002 une massive hostilité à Chirac, une adhésion au Oui à l'Europe et à la guerre du Kosovo ainsi qu'une nette sympathie pour Lionel Jospin.

Le fait que nous ayons réalisé cette enquête et que nous l'ayons publiée (pour dénoncer la pensée unique et la bienpensance) prouve que nous accuser d'apriorisme anti-droite excessif et partisan est particulièrement stupide. Mais, surtout, comment peut-on-être assez statique et simpliste pour croire que cette bienpensance journalistique est stable et univoque. En fait, ce qui domine, dans le milieu journalistiquo-politique, c'est le panurgisme et le suivisme, ainsi que la tendance à être fasciné par la puissance et le pouvoir : ainsi le pouvoir journalistique fut-il massivement favorable à Balladur, puis à Lionel Jospin, puis aujourd'hui à Nicolas Sarkozy. Il lynche allégrement Chirac et de Villepin qui ont le malheur d'être blessés. Il est d'ailleurs anti-Chirac, anti-Villepin mais aussi anti-centriste (l'idée d'une troisième force est jugée trop fatigante à intégrer mentalement et attentatoire au dogme bi-polaire).

Aujourd'hui, en outre, la carte de la classe politico-journalistique (y compris à Marianne) est majoritairement très hostile à Ségolène Royal qui ne fait pas partie de son espace ou de son cercle. En revanche, elle eut des faiblesses pour Dominique Strauss-Kahn. D'une façon générale, les journalistes d'en-haut (car eux-mêmes sont en opposition avec les journalistes d'en-bas) adhèrent à une idéologie de type néolibérale-néolibertaire.

Mais, surtout, il y a une réalité incontournable, c'est que, pour la première fois dans l'histoire de la République, tous les propriétaires des grands groupes de média, de communication et de publicité sont favorables au même candidat et amis de Sarkozy, sauf un, mais son hebdo est tout de même sarkozyste. Même le propriétaire de Libération est un ami de Sarkozy et le Président du Conseil de surveillance du Monde, Alain Minc a pris position en sa faveur.

Il faut être d'une naïveté quasi hallucinante pour croire que ce sont les journalistes de base, (sauf peut-être à Marianne) qui décident de la ligne d'un journal et non les propriétaires et ceux que ceux-ci nomment à leurs directions.

Source: Jean-François Kahn | Marianne2007.info

Je trouve cette vision des médias particulièrement juste, même si je considère qu'à une certaine période ils ont aussi fait le jeu de Mme Royal. On a pu constater que ce qui faisait les gros titres en politique ces derniers mois concernait surtout Royal et Sarkozy, même lorsqu'ils n'étaient pas encore officiellement candidats et ne représentaient donc rien. Le pire dans cette affaire réside dans le fait que malgré cet mise en avant, jamais le vrai débat d'idée n'a été abordé par ces personnes. Aucune solution n'a été mise en avant, les grandes questions ne sont pas évoquées...

Parallèlement on note que les médias ne traitent presque pas de l'action gouvernementale qui est pourtant une chose concrète. C'est grave dans le sens où les français doivent êtres mis au courant de ce qui se fait. Ce devoir d'information ne se justifie pas pour des raisons de "promotion de l'action" mais, pour des raisons de responsabilité des élus, en effet comment les français ont choisi la majorité en place en 2002, comment pourraient-ils ensuite voter en consciense sans savoir ce qui se fait, en bien ou en mal. L'élection c'est aussi une sanction ou un soutien à l'action menée. Il faut donc savoir ce qui se passe. On en arrive d'ailleurs à cette situation étrange où Mme Royal inscrit dans son programme des réformes qui ont déjà été mises en place par le gouvernement Villepin sans que personne ne trouve çà étrange.

A un moment où tout le monde constate unaniemement la faiblesse du débat, en plus de la question de la responsabilité, si les médias étaient plus ouverts et plus impartiaux, chacun pourrait constater que Dominique de Villepin agit mais prend aussi position sur les grandes questions, ouvre des pistes, ce qu'aucun autre candidat ne fait. Ces récentes interventions sur l'université, les finances publiques, l'europe, le pouvoir d'achat en sont des exemples. Il donne des clés importantes pour l'avenir mais elles ne sont pas assez relayées dans cette campagne où le vide est roi.

Souhaitons qu'il ne soit pas trop tard pour que la campagne puisse se faire en toute objectivité et au niveau qu'elle mérite.

P.A.

Publié dans 2007

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
N
Voici un lien intéressant, il s'agit de la campagne présidentielle française commentée des Etats-Unis (en anglais) : http://frenchelection2007.blogspot.com/
Répondre