MM. Baroin et Debré, dernières pièces de l'échiquier chiraquien

Publié le par P.A.

Une main suffit désormais à compter les fidèles de Jacques Chirac. Jean-Louis Debré, François Baroin, Henri Cuq, Christian Jacob, Dominique de Villepin, n'ont pas encore rallié Nicolas Sarkozy.

Le président affecte l'indifférence face à sa solitude politique. Ses confidences, son épouse, sa fille, occupent la scène médiatique. Jeudi 15 et vendredi 16 février, il a réussi à organiser un ultime sommet "des chefs d'Etat d'Afrique et de France", à Cannes, alors que celui de Bamako, en décembre 2005 devait être le dernier : les sommets Afrique-France sont normalement bisannuels.

Son calendrier est plein jusqu'à la suspension de la session parlementaire, le 22 février, et même au-delà. Il ne s'expliquera pas sur ses intentions avant cette date, mais probablement début mars. Le ministre délégué aux relations avec le Parlement, Henri Cuq, veut croire que "la campagne démarrera vraiment quand Chirac se sera exprimé". A ce moment-là, M. Chirac devrait avoir nommé deux de ses proches dans des institutions clés pour l'organisation de l'élection présidentielle : M. Debré à la présidence du Conseil constitutionnel, M. Baroin au ministère de l'intérieur.

En attendant, les députés s'agitent sur la succession de M. Debré à la présidence de l'Assemblée nationale. Le bureau de l'UMP voulait, mercredi, consulter le Conseil constitutionnel pour savoir si le premier vice-président, Yves Bur (UMP, Bas-Rhin), pouvait faire office de président pendant la campagne. Chez M. Cuq, on fait part d'un certain " étonnement", le Conseil constitutionnel n'ayant pas compétence pour répondre à la question. Il semble acquis qu'une élection aura lieu.

"PENSE À TON AVENIR"

Puis il faudra remplacer M. Sarkozy au ministère de l'intérieur. " Baroin fait un peu la tête, car ce sera très tard. C'est comme si Sarkozy lui laissait juste les clés du camion pour aller le garer", assure l'un de ses collègues ministres. Le ministre de l'outre-mer, " complètement zen", dément et se contente d'assurer que " le président décide". "Nous ne sommes pas très nombreux à l'accompagner dans le silence de sa réflexion", ajoute-t-il. Il ne veut voir aucun problème dans le tempo respectif de M. Chirac et de M. Sarkozy. " Ce sont des calendriers décalés, pas des calendriers opposés", explique-t-il. M. Sarkozy critique vivement en privé cette fidélité très affective. " Il faut que tu penses à ton avenir, maintenant", a cependant glissé M. Chirac à son protégé.

Quant à M. de Villepin, " on voit bien qu'il est en retrait. Il n'y a plus d'allant", commente un ministre. "Que va-t-on en faire ?", s'interroge gravement un cacique de l'UMP. M. Chirac avouera peut-être un jour que la seule défection qui lui a fait "de la peine", comme il l'a admis récemment à propos d'Edouard Balladur en 1995, a été celle d'Alain Juppé. Plusieurs de ses proches témoignent qu'il a jugé son ralliement à M. Sarkozy "rapide et massif".

Source: Le Monde

Publié dans 2007

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