Quand les députés sarkozystes rendent hommage au chef de l'État

Publié le par P.A.

Les chiraco-villepinistes tentent, eux, de relativiser les propos du président de la République.

 
Pour les députés sarkozystes, les propos de Jacques Chirac sont sans ambiguïté : le chef de l'État est « évidemment » sur le départ. « Je les interprète comme la volonté du président de la République d'occuper des responsabilités au plan international, pour le maintien de la paix, la recherche d'un équilibre au Moyen-Orient, ou sur les questions de climat et d'environnement », analyse Pierre Méhaignerie. Le secrétaire général de l'UMP le voit jouer un rôle « comme Bill Clinton », l'ancien président des États-Unis. Pour Dominique Paillé, « Jacques Chirac prépare les Français à une annonce de non-candidature, mais cela ne veut pas dire, précise le député des Deux-Sèvres, qu'il se retire définitivement de la vie politique, ce que je ne souhaite pas. » Conseiller politique du candidat de l'UMP, Patrick Devedjian pense que Jacques Chirac « s'apprête à soutenir Nicolas Sarkozy » mais qu'il « choisira le moment pour le dire ». Bernard Accoyer, le patron des députés UMP, observe : « Toute sa vie Jacques Chirac a été au service de la France, cette priorité reste la sienne. »
 
Laurent Wauquiez, l'un des porte-parole de la nouvelle génération, considère qu'il s'agit d'une « reconnaissance à demi-mots, qu'il a l'intention de passer le relais ». « Il faudra, dit-il,  respecter ce moment d'émotion difficile pour un homme qui laissera une trace historique beaucoup plus importante qu'on ne le croit dans l'histoire de la Ve République ». Axel Poniatowski juge que le chef de l'État a « une assez belle manière » de préparer les Français à son départ de l'Élysée. Au passage, il souligne que le chef de l'État « s'est efforcé, avec persévérance, de maintenir la paix dans le monde ».
 
Thierry Mariani rend également hommage à Jacques Chirac qui « a une très bonne image à l'étranger » et qui a « fait des réformes de fond ». « Les Français l'aiment bien mais ils veulent qu'il passe la main », pense le député du Vaucluse. Étienne Pinte rappelle, lui, que le chef de l'État a été « un visionnaire » en matière de développement durable et d'écologie. Le député maire de Versailles verrait bien Jacques Chirac présider « une sorte d'Organisation des Nations unies bis pour défendre l'environnement ».
 
Nadine Morano n'est pas avare de compliments sur « l'énergie », « le tempérament » de Jacques Chirac, qui « a très bien défendu les intérêts des Français ». « En matière commerciale, il restera l'un des meilleurs VRP des produits français, du TGV, d'Airbus », poursuit le député de Meurthe-et-Moselle, qui « ne voit pas Jacques Chirac arrêter son activité politique ». Yves Jego partage ce point de vue : « Après quarante ans de vie politique, on n'imagine pas qu'il puisse ne rien faire », considère l'élu de Seine-et-Marne, qui met à l'actif de Jacques Chirac le fait d'avoir « permis à la France d'opérer un virage en douceur vers un monde qui change ».
 
Même s'ils ne croient guère à une nouvelle candidature, les chiraco-villepinistes ont tenté hier de relativiser la phrase du président. « Ce que Jacques Chirac a voulu dire, c'est que quel que soit le moment où il décidera de se retirer, il restera au service des Français », explique Georges Tron. « Je n'en tire pas plus de conséquences que cela. Dire qu'il y a une vie après la politique, tout le monde le dit. Cette déclaration ne dit rien définitivement », veut croire Hervé Mariton. Villepiniste de choc, Jean-Pierre Grand s'amuse à lancer : « Le président peut partir en mai 2007 comme en mai 2012 ! Personnellement, je préférerais 2012 ! » Mais Guy Geoffroy reconnaît que même si ce n'est pas « dit de manière explicite, Jacques Chirac et Bernadette envisagent clairement la vie après l'Élysée ». Et un conseiller de Dominique de Villepin, fataliste, fait le constat suivant : « Chirac prépare sa sortie. Il ne peut pas en être autrement. »
Source: Le Figaro
 
On voit la joie des Sarkozystes concernant un éventuel départ du chef de l'Etat, quand on pense qu'en 2002 ils étaient Chiraquiens... Ils savent faire preuve de constance dans leurs idées et de fidélité... En 2012 ils seront Villepinistes, c'est à n'en pas douter. Saluons tout de même des propos plus amicaux qu'il y a quelques temps, où à l'UMP certains semblaient vouloir traiter Jacques Chirac avec la même ignominie et la même abjection que les socialistes ont traité F. Mitterrand en 1995.
Dans tous les cas, vraiment quel étrange animal que le député, tellement préoccupé par sa réelection qu'il en perd toute conviction... C'est bien là un des travers de la politique, trop nombreux sont ceux qui ne cherchent qu'à plaire sans avoir de réélles convictions ou une vision globale. Les Français ne sont pas si bêtes, ils sont capables de reconnaitre le populisme quand il se présente devant eux. Il y a une différence entre discipline  et  etre un mouton de Panurge.
P.A.

Publié dans 2007

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