Conférence de presse mensuelle à Rambouillet

Publié le par P.A.

Je suis heureux de vous accueillir pour ma 15ème conférence de presse mensuelle.

Je voudrais remercier l’entreprise l’Oréal de nous accueillir chez elle et la féliciter pour la manière exemplaire dont elle promeut la diversité dans son recrutement, comme pour son engagement en faveur du renforcement des liens entre l’université et l’entreprise.

J’ai tenu hier un séminaire gouvernemental, qui nous a permis de faire le point sur les priorités gouvernementales et de nous assurer que toutes les mesures nécessaires à la mise en place des réformes seraient effectives dans les meilleurs délais. Je pense en particulier au droit opposable au logement, qui est un progrès majeur pour notre société.

Je le redis une fois encore : ce gouvernement sera jusqu’au dernier jour un gouvernement d’action et de résultats. La sérénité de la campagne électorale est en jeu. Le bon fonctionnement de notre démocratie est en jeu également.

1. Je voudrais d’abord vous faire part d’une conviction : en 2007, la France peut et doit retrouver son rang en Europe.

Dans les mois à venir, grâce aux efforts de Jean-Louis Borloo et de Gérard Larcher, nous aurons un taux de chômage autour de 8 % : cela veut dire que pour la première fois depuis un quart de siècle, nous aurons comblé une partie de notre retard par rapport à nos voisins les plus performants.
-  Les instruments que nous avons mis en place donnent leur pleine mesure : près de 800 000 contrats "nouvelles embauches", notamment, ont été signés. Nous pouvons bien sûr améliorer ce contrat : c’est d’ailleurs ce que va faire Gérard Larcher dans les semaines à venir, en ouvrant le droit pour les titulaires d’un CNE à un reclassement personnalisé en cas de rupture du contrat. Mais le supprimer, comme le propose le parti socialiste, c’est faire une nouvelle fois le choix du chômage de masse et de la précarité. La politique, ce n’est pas de détruire et de garder les yeux rivés sur le passé, c’est construire et s’ouvrir sur les solutions d’avenir à partir de ce qui marche dans notre pays.
-  Pour le début 2007, le chômage devrait continuer à baisser. Ces chiffres, je veux le réaffirmer aujourd’hui, ne sont pas contestables. Ce gouvernement s’en tient strictement aux instruments de mesure existants, les mêmes qu’il y a 5 ou 10 ans, ces chiffres qui nous sont fournis sur les bases du Bureau international du travail, les mêmes qui s’appliquent dans les autres pays européens. Prenons donc garde à ces polémiques stériles et systématiques : elles nous détournent des vrais débats, elles font le jeu des extrêmes, elles entretiennent un climat de doute et de méfiance qui nous affaiblit, même si en période électorale elles font partie du folklore politique. Mais je le dis, ce ne sont pas des analyses sérieuses.
-  Alors oui il reste du travail à faire. Oui la situation reste difficile pour beaucoup de Français sur le marché du travail, en particulier pour les jeunes et pour les femmes. Mais nous pouvons réussir, nous pouvons trouver des solutions. Rassemblons nos forces, continuons à creuser de nouvelles pistes comme le service public de l’orientation dans les universités ou l’accès facilité aux stages en cours d’études, plutôt que de céder à de vaines querelles.

Un autre résultat essentiel sur lequel je veux insister, c’est la levée de la procédure pour déficit excessif qui visait la France depuis 2003. La France est le premier pays parmi les grands pays européens à obtenir ce satisfecit :
-  Après trois années de dépassement de la norme européenne des 3 %, notre déficit public est revenu sous les 3 % en 2005 et devrait être inférieur à 2,7 % en 2006. L’endettement public pour sa part aura baissé de plus de deux points. Toutes les recettes fiscales supplémentaires - soit 10 milliards d’euros - ont été affectées au désendettement sans que cela suscite de réactions négatives : c’est bien la preuve que les Français ont compris que notre pays ne pouvait pas continuer de vivre à crédit.
-  Ces résultats sont le fruit de la politique résolue conduite par Thierry Breton et Jean-François Copé. Ils montrent qu’avec de la volonté, avec de la constance, nous pouvons rétablir l’équilibre des comptes publics rapidement. Le redressement de la France n’est pas hors de portée, il ne prendra pas nécessairement des années, il est engagé : regardons le chemin qui a été parcouru en deux ans, regardons comment nos voisins allemands ont pu changer la donne rapidement. Notre pays peut marquer des points et faire à nouveau la course en tête dans quelques mois.
-  Le désendettement facilitera les choses : car un pays qui a une gestion saine, c’est un pays qui a confiance en lui-même. C’est un pays qui peut investir dans les dépenses les plus utiles, comme la santé ou l’éducation, plutôt que de dilapider son argent dans les intérêts de la dette. C’est un pays qui retrouve sa crédibilité auprès de ses partenaires européens. Ce sera l’un des thèmes de la conférence sur les finances publiques qui se tiendra le 12 février prochain.

Un dernier facteur qui nous permettra de retrouver notre rang, c’est le renforcement de l’attractivité de la France :
-  Il y a aujourd’hui une compétition féroce entre les Etats européens pour l’accueil des entreprises et des investissements étrangers. Cette compétition, nous sommes en train de la gagner. Non seulement parce que nous avons des atouts naturels, comme la qualité de nos infrastructures. Mais aussi parce que nos résultats économiques récents témoignent d’un dynamisme nouveau : des créations d’entreprises de plus en plus nombreuses, une croissance établie à 2 %. La conférence sur la croissance nous permettra d’ailleurs de définir les moyens à mettre en œuvre pour passer à une croissance de 3 %. Dès à présent, le Gouvernement a décidé que les procédures seraient allégées au maximum pour la création d’entreprises par internet. Elle pourra désormais s’effectuer depuis chez soi, sans aucun déplacement ni autre formalité pour ceux qui le souhaitent : c’est une évolution majeure de notre droit.
-  Aujourd’hui, nous sommes la première terre d’accueil des investissements étrangers en Europe et la troisième dans le monde. Ces investissements ont permis la création de plus de 35 000 emplois en 2006. Je suis convaincu que nous pouvons faire mieux : j’ai réuni hier un certain nombre de grands chefs d’entreprise pour étudier avec eux les moyens d’améliorer encore notre position. En simplifiant encore les procédures, en mobilisant notre réseau diplomatique, en accélérant les regroupements à l’intérieur des pôles de recherche, nous pourrons encore accentuer notre avance.
-  La France bouge, la France change, elle est capable à la fois de développer ses propres capacités économiques, de résoudre ses problèmes traditionnels comme le chômage ou l’endettement public, et d’attirer à elle les entreprises les plus dynamiques de la planète.

2. Cette ambition nouvelle, tous les Français doivent en profiter : la situation de chacun doit s’améliorer vite, de manière visible, de manière concrète. Le Gouvernement tiendra ses engagements.

C’est vrai évidemment en matière de pouvoir d’achat, je le sais, c’est la première urgence :
-  Des mesures sont en œuvre depuis le début de l’année ou vont prochainement être appliquées : la baisse de l’impôt sur le revenu, l’augmentation de la prime pour l’emploi, le chèque transport, le Codevi à 6000 euros, l’augmentation de l’allocation personnalisée pour le logement, la hausse de 0,8 % du traitement des fonctionnaires à compter du 1er février. Toutes ces mesures mises bout à bout vont consolider le pouvoir d’achat d’une grande partie des Français.
-  Par ailleurs, à ma demande, l’Insee travaille à la mise en place de nouveaux indices qui permettront aux Français de mieux mesurer l’évolution de leur pouvoir d’achat. Ces indicateurs seront disponibles au plus tard à la fin du premier trimestre : ils tiendront compte de l’âge, de la profession, du lieu de résidence ou du poids des nouveaux biens de consommation comme les services.
-  En connaissant mieux les contraintes qui pèsent sur les ménages français, nous pourrons apporter des solutions appropriées. C’est ce que nous avons fait par exemple en matière de logement, en développant les prêts à taux 0, en mettant en place une garantie du risque locatif et en visant un moratoire de la hausse des loyers pour 2007.

Pour que le rang de la France en Europe profite à tous, nous devons mieux préparer les jeunes à la vie professionnelle : c’est pour moi le défi n° 1 des années à venir.
-  Quels sont les atouts qui font de la France un pays attractif et dynamique ? Notre position géographique bien sûr, la qualité de nos infrastructures publiques, mais aussi le niveau de qualification de nos salariés. Ce niveau, nous devons tout faire pour l’élever encore : c’est un enjeu stratégique pour la France.
-  Le premier défi à relever, c’est l’orientation des jeunes : une orientation plus simple, une orientation plus claire, une orientation au bon moment, voilà ce que les jeunes sont en droit d’exiger du système scolaire et universitaire. Dès le mois de février prochain, les élèves de troisième auront droit à des conseils personnalisés. Nous mettrons également en place avec Gilles de Robien et François Goulard le dossier d’orientation unique, qui permettra à chacun de mieux connaître ses atouts et les filières qui répondent le mieux à ses aspirations. La mise en place d’un schéma national de l’orientation en mars prochain sera également une chance pour tous les étudiants. En quelques mois, nous aurons changé la donne sur un sujet majeur pour l’avenir professionnel des jeunes. Je note d’ailleurs que les universités se sont mobilisées en masse pour soutenir ce projet : les deux tiers se sont portées volontaires pour éclairer les élèves de terminale dans le choix de leur filière universitaire.
-  Le deuxième défi, c’est bien sûr la formation : les salariés qui n’ont pas eu la chance d’accéder à un niveau de qualification élevé ou de décrocher un bon diplôme doivent pouvoir se rattraper tout au long de la vie. La formation ne doit pas être réservée à ceux qui ont déjà un bon bagage, elle doit au contraire s’ouvrir largement à tous ceux qui ont les emplois les plus précaires, à tous ceux qui sont obligés de changer d’activité, à tous ceux qui sont mal préparés au changement. Nous avons décidé de mettre en place une année de formation gratuite pour les apprentis juniors. Nous étudions actuellement les modalités d’une extension de ce dispositif.
-  Le troisième défi, c’est une réforme progressive mais en profondeur de notre système d’enseignement supérieur. J’aurai l’occasion de revenir sur ce sujet dans les semaines à venir, pour vous faire part de mes réflexions.

3. Un mot enfin sur un changement important qui va intervenir dans notre société à compter du 1er février c’est l’interdiction de fumer dans les lieux publics.

J’ai pris cette décision après une consultation approfondie de tous les secteurs économiques concernés, des professionnels médicaux, des parlementaires qui avaient travaillé sur ce sujet :
-  Je tiens d’abord à les remercier pour la qualité du travail qui a été fourni et pour l’esprit constructif grâce auquel nous avons avancé : c’est un modèle à suivre pour d’autres réformes de société. On ne change pas les règles de la vie en commun sans un minimum de consensus. On ne fait pas évoluer un pays sans le double souci du dialogue et de la défense de l’intérêt général : l’intérêt général ici bien sûr, c’est la santé des Français.
-  Je mesure les difficultés personnelles et professionnelles que cette décision peut entraîner. Je souhaite donc que les pouvoirs publics accompagnent le mieux possible les entreprises et soient exemplaires dans l’application de ces nouvelles règles. Je souhaite également que les fumeurs qui voudraient profiter de cette décision pour arrêter de fumer soient aidés : une partie significative du coût des substituts au tabac sera donc prise en charge. Je rencontrerai demain des professionnels de santé pour évaluer avec eux l’impact de cette mesure et les éventuelles dispositions complémentaires que nous aurons à prendre.
-  Je tiens d’ailleurs à saluer la décision du groupe l’Oréal de rendre tous ses locaux strictement non-fumeurs et d’accompagner ses salariés en leur proposant une aide au sevrage tabagique.

Qu’est-ce que ce changement majeur prouve ? Que la société française tout entière, est en train d’évoluer, qu’elle est même parfois en avance sur ses propres responsables politiques. Cette décision d’interdiction du tabac dans les lieux publics, elle est difficile, il faudra convaincre rapidement de son efficacité sur la santé publique : mais elle fera avancer notre pays dans la bonne direction.

Vous le voyez, dans tous les domaines, le Gouvernement obtient des résultats. Sur l’emploi, sur la croissance, sur le désendettement, sur l’orientation des étudiants, sur la santé publique, la situation s’améliore. Ce n’est pas suffisant, bien sûr : mais c’est le socle d’un nouveau progrès, d’un nouvel élan français.

Je vous remercie.

Dominique de Villepin

Publié dans Discours

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