A défaut d'être candidat, Villepin veut jouer les éclaireurs

Publié le par P.A.

Dominique de Villepin a éprouvé sans retenue sa "liberté" dans le débat électoral en fustigeant les "pleurnicheries" de la gauche, les "polémiques déplacées", et en livrant son mode d'emploi du candidat idoine.

En Premier ministre "décomplexé", il a décerné un satisfecit à Nicolas Sarkozy et à "sa famille politique", "au rendez-vous" des idées "tranquillement, sereinement", tout en laissant poindre sous ce positivisme la frustration du non-candidat.

Dominique de Villepin a défendu contre les attaques de la gauche le statut de ministre-candidat du président de l'UMP, jugeant qu'il était "tenable" dans le respect "du travail et de la réserve" incombant à un membre du gouvernement.

Saluant à deux reprises la campagne du candidat de l'UMP, le chef du gouvernement s'est acquitté de la figure imposée due à son camp, mais il n'en a pas moins décliné sa partition, fidèle à son engagement - celui de participer "en toute liberté" à la campagne présidentielle.

Dans sa ligne de mire : le "lamento" des "déclinologues" qui a "suffisamment parfumé notre environnement", les "jérémiades" de la gauche, le "folklore politique" des polémiques.

"La politique, ce n'est pas détruire et garder les yeux rivés sur le passé, c'est construire et s'ouvrir sur les solutions d'avenir", a-t-il lancé à l'adresse de la gauche.

"On peut continuer à avancer avec un sac de cendres sur la tête, à se battre la coulpe, à se dire 'nous sommes les plus mauvais', alors que partout sur la scène internationale nous marquons des points", a-t-il poursuivi, critiquant en creux l'absence de perspectives, selon lui, du projet socialiste.

"C'est toute l'histoire de la campagne. Je suis heureux de voir que ma famille politique, elle est à ce rendez-vous, tranquillement, sereinement. Elle apporte ses idées, sa contribution. Nicolas Sarkozy le fait aujourd'hui très clairement dans le domaine du travail", a-t-il estimé.

Une campagne, a-t-il martelé, "cela demande des propositions, de l'imagination, de la générosité au-delà de la lamentation, des pleurnicheries et des jérémiades dont je peux vous dire qu'un certain nombre de nos compatriotes - et je ne suis pas prophète - commencent à avoir assez".

VILLEPIN JUGE SA "RESPONSABILITE CENTRALE"

Sans jamais nommer Ségolène Royal, Dominique de Villepin a implicitement reproché à la candidate socialiste de "masquer" sous les polémiques "la vacuité des intentions et des propositions" de son camp.

"Je ne crois pas qu'une campagne s'enrichisse d'une quelconque manière de ce type de polémiques", a-t-il dit à propos de l'"affaire Bruno Rebelle" et du canular téléphonique dont Ségolène Royal a été la cible la semaine dernière.

Dominique de Villepin, qui juge sa "responsabilité centrale" à l'aune des échéances électorales, assure détenir l'alternative à ce "folklore politique" qui "fait le jeu des extrêmes". Pas candidat, mais éclaireur.

"Si certains ressentent un certain flottement et un certain décalage aujourd'hui dans la vie politique - certains pensent même dans certaines campagnes - , c'est tout simplement qu'une campagne doit s'appuyer sur un diagnostic", a-t-il expliqué.

"C'est un scoop de campagne : les choses vont mieux dans notre pays (...) et les Français veulent savoir comment elles pourront aller encore mieux, c'est la vraie question de la campagne", a précisé celui qui fut l'un des stratèges des campagnes chiraquiennes de 1995 et 2002.

"Cela suppose une certaine forme non pas d'optimisme, mais d'énergie. (...) C'est cela que les Français veulent voir dans la campagne électorale, de l'énergie, des hommes et des femmes capables de s'engager, de penser l'avenir, d'aimer leur pays au point de faire des propositions crédibles".

Le descriptif sonnait comme un "Autoportrait en candidat" du Premier ministre, qui n'a pas eu à répondre mardi à la question rituelle, désormais semble-t-il sans fondement, sur ses ambitions élyséennes.

"L'objectif que je me fixe comme Premier ministre, c'est de faire en sorte que cette campagne puisse le plus possible être ancrée dans la réalité des choses, dans la réalité des choix", a-t-il confié.

"Je souhaite que les Français puissent faire un choix serein (...) et pas un choix négatif par défaut, par dépit, par colère", a-t-il ajouté, marquant sa volonté de crever la "bulle de frustration, de colère, de haine" "qui se constitue malheureusement trop souvent dans les démocraties".

Source: Reuters

Publié dans 2007

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
V
Heuresement !!! C'est homme National comme le générale de Gaulle !!! Vous avez dû oublier que le Générale de Gaulle était dans la même situation que lui
Répondre
F
Certe DDV est un Premier Ministre convaincant, on peut s'en rendre compte au fil des jours. Cependant, il ne s'est jamais frotté aux suffrages ...<br /> Nous aurons la chance de pouvoir voter pour Nicolas Sarkozy, un candidat qui sait rassembler, c'est le créneau de DDV. A vos télécommandes et votez !<br /> Florian
Répondre
V
Une chose à laquelle personne et qui pour tant est trés importante comment réagira Nicolas Sarkozy ou Ségolène Royale aux premiers mouvements sociaux d'importance auquels ils seront confrontés alors que ni l'un ni l'autre ont exercé la position de Premier Ministre ???
Répondre
V
Je rêve d'un Superman qui par sa position naturelle au dessus de la meute viendrait nous sauver mais malheuresement c'est un série de Fiction à moins que ...
Répondre
V
J'aime bien la dernière phrase car c'est exactement ce que l'on me propose un choix par défault et par dépit comme des millions de français . Car je suis dépité des candidats proposés c'est bien ça le mot .
Répondre