Nicolas Sarkozy veut s'inspirer du CNE pour un contrat unique

Publié le par P.A.

Nicolas Sarkozy a déclaré mercredi, lors d'une rencontre avec des patrons de PME, qu'il entendait s'inspirer du "contrat nouvelle embauche" (CNE) pour créer un contrat de travail unique s'il était élu le 6 mai à la présidence de la République.

"Le CNE est un progrès, il ne faut pas y toucher", a déclaré le ministre de l'Intérieur et candidat de l'UMP lors de cette rencontre organisée par la CG-PME dans un théâtre parisien.

Le CNE, pour le moment réservé aux entreprises de moins de 20 salariés, prévoit une période d'essai de deux ans et rencontre un certain succès auprès des PME.

Il est contesté par la gauche et les syndicats et avait inspiré le "contrat première embauche" (CPE) réservé aux moins de 26 ans, que le Premier ministre Dominique de Villepin a dû retirer sous la pression de la rue.

"Je garderai l'intérim et les contrats de projet (...) mais le contrat de travail unique inspiré du CNE est une occasion de simplifier beaucoup le droit du travail français", a ajouté Nicolas Sarkozy.

Il a précisé plusieurs autres de ses propositions, dont son projet de franchise sur les soins médicaux, qu'il préfère à une éventuelle franchise d'un euro sur chaque boîte de médicament, pour "responsabiliser les patients".

"Je propose une franchise sur les 10 premiers euros de consultation médicale annuelle, les 10 premiers euros de consommation de médicament annuelle, les 10 premiers euros d'examens biologiques annuels et même les 10 premiers euros annuels d'hospitalisation", a-t-il déclaré.

Il a réaffirmé que tout versement d'un minimum social devait avoir pour contrepartie l'exercice d'une "activité minimum".

"Je considère qu'il faut augmenter les indemnités de chômage pour les petits salaires mais (...) je demande qu'après deux ou trois refus d'un emploi qui correspond à votre qualification, la question de la pérennité des allocations chômage soit posée", a ajouté Nicolas Sarkozy.

Devant ce public de chefs d'entreprises, Nicolas Sarkozy a de nouveau exposé sa conception de la morale en économie.

SARKOZY TACLE ROYAL

"Il y a des choses que je n'accepte pas, notamment que des comportements invraisemblables caricaturent les idées qui sont les nôtres pour le plus grand bonheur d'une gauche qui ne partage pas ces mêmes idées", a-t-il déclaré.

"Les gros salaires, ça ne me gêne pas du tout à la condition qu'ils viennent rémunérer un gros risque ou un gros travail", a-t-il poursuivi. "Un gros salaire sans gros risque et sans gros travail, je ne suis pas d'accord."

"Qu'un chef d'entreprise qui a réussi ait la récompense de cette réussite, ça me va très bien. Qu'un patron qui a échoué s'en trouve récompensé, ça ne me va pas du tout parce que je ne crois pas à un capitalisme qui n'a pas d'éthique et qui n'a pas de morale", a-t-il ajouté en évoquant les "golden parachutes" accordés à des patrons de grands groupes. "Ce qui me gêne (...) c'est que ça travestit nos idées, c'est que ça présente nos idées sous un jour qui sert les adversaires de ces idées."

Nicolas Sarkozy s'est également dit en désaccord avec la distribution de stock options au seul niveau dirigeant - "La richesse d'une entreprise c'est tout le monde."

Il s'en est pris au passage à la candidate socialiste Ségolène Royal, qui avait décliné l'invitation de la CGPME.

"Je comprends que quand on n'a pas grand chose à dire ça soit difficile de rencontrer des chefs d'entreprise", a-t-il dit. "Je ne doute pas qu'après avoir beaucoup réfléchi, beaucoup écouté, elle finira par avoir des idées, quand même. Les idées, il vaut mieux les avoir avant le 6 mai. Après, ça risque d'être trop tard."

En partant, il a lancé une dernière pique à Ségolène Royal.

Interrogé par des journalistes sur un article du Canard Enchaîné faisant état d'enquêtes des renseignements généraux sur l'entourage de la candidate socialiste - ce qu'il nie catégoriquement - le ministre de l'Intérieur a répondu : "Cette enquête est sur qui ? Sur quoi ? Pour chercher son programme ? Ce n'est pas une enquête, c'est une exploration !"

Source: Reuters

Sage décision de Nicolas Sarkozy, on ne peut que soutenir ce genre d'initiative, Dominique de Villepin a lui même évoqué récemment la nécessité d'élargir le CNE lors de ses voeux à la presse: "La troisième piste (en matière d'emploi), c’est l’élargissement et l’amélioration du contrat nouvelles embauches sur la base d’une concertation étroite avec les partenaires sociaux."

P.A.

Publié dans 2007

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M
sarkozy ferait mieux de moins critiquer quand on voit comment il surveille ses adversaires! c'est le nouveau watergate?
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