Villepin se replie sur Matignon

Publié le par P.A.

La crise est passée. Pour le moment. Dominique de Villepin sait désormais qu’il ne lui reste plus qu’à se replier sur Matignon jusqu’à l’élection présidentielle. Le Premier ministre a compris qu’il ne pouvait être l’empêcheur de la victoire. Et depuis la violente bronca des parlementaires contre Villepin, « hard et injustifiée », dit-on rue de Varennes, les deux rivaux ont fini par admettre l’idée d’un « halte au feu ». Vendredi soir, le président de l’UMP a soumis à Villepin ce qu’il dirait dans son discours à son sujet. Et, à Matignon, c’est avec la plus grande satisfaction qu’on a écouté les passages du discours du candidat sur l’Irak et le rejet du communautarisme. « On ne va pas se plaindre, il a repris certaines de nos idées, s’amuse un conseiller, y compris sur le social et sur les jeunes. » Pour autant, Villepin n’a pas l’intention de relâcher la pression sur le candidat UMP. « Il faudra voir sur la longueur. N’oublions pas que, si Sarkozy n’était pas dans un gouvernement qui a fait baisser le chômage, il aurait peu de chance d’être élu », lâche un proche. « Nous, nous apportons les preuves que nous avons fait bouger les choses : les gens voient qu’on a fait baisser les impôts, que nous avons augmenté la prime pour l’emploi, que nous nous occupons du logement. Les résultats pourront être vérifiés. » Bref, à défaut d’attendre un « merci, Villepin », à Matignon on espère « un peu plus de compréhension ». Avec toujours ce leitmotiv : « Sarkozy ne pourra pas gagner tout seul. » Lors de ses vœux à la presse, mardi dernier, le chef du gouvernement a décliné son bilan gouvernemental et ce qu’il compte faire dans les prochains mois. Il a voulu faire passer le message selon lequel il restait attaché à ses convictions, notamment sur la laïcité. Il a défendu l’idée d’un grand texte soumis au peuple français pour relancer l’Europe quand Sarkozy, lui, défend l’idée d’un mini-traité ratifié par le Parlement. Villepin prône désormais la mise en place de nouveaux instruments pour atteindre d’ici à cinq ans un taux de chômage de 6%. Fin janvier, il s’exprimera à plusieurs reprises sur l’éducation et l’université, ainsi que sur la nécessité de recréer le lien générationnel. Et, après s’être calé avec Chirac, le Premier ministre effectuera plusieurs déplacements à l’étranger « pour aller porter la voix de la France ». A moins que ce soit pour aller prendre l’air ! Malgré tout, Villepin veut exister dans la campagne qui s’ouvre. Il le fera avec cette devise : « diversité, liberté, responsabilité ». Cette semaine il réunira son cercle de parlementaires pour arrêter la stratégie : «  Comment faire campagne sans se renier ? » »Il veut faire gagner son camp insistent les Villepinistes. D’ici là, il lui faut aussi réussir le Congrès de Versailles au cours duquel doivent être votées trois réformes constitutionnelles : le statut pénal du chef de l’état, le corps électoral en Nouvelle-Calédonie et l’inscription de l’abolition de la peine de mort dans la Constitution. Certains députés Sarkozystes menacent de ne pas voter si Villepin ne plie pas. A Matignon, on parle de chantage. L’un de ses proches concède au sujet de la campagne : « C’est pour Dominique l’ouverture d’un temps nouveau qui n’est ni simple ni drôle. » Mais sans doute douloureux.

Source :   Paris Match n°3009 du 18 au 24 janvier 2007  Article de Valérie Trierweiler

Publié dans Action gouvernementale

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