Les députés UMP se déchaînent contre Villepin

Publié le par P.A.

Le premier ministre a été violemment pris à partie hier par le groupe UMP, qui l'accuse de menacer l'unité de son camp.

 
« VA TE FAIRE élire » ; « ça suffit » ; « arrête la langue de bois »... Une pluie d'injures et de quolibets s'est abattue hier sur Dominique de Villepin pour son retour devant les députés UMP. Excédés par les mises en garde du chef de l'État, du président de l'Assemblée nationale puis du premier ministre contre Nicolas Sarkozy, les élus de la majorité ont laissé éclater leur colère hier, dès l'ouverture des travaux parlementaires. Furieux de l'inscription à l'ordre du jour de textes « mal faits, dangereux et inutiles », selon la formule de Claude Goasguen à propos de la réforme du statut pénal du chef de l'État, les troupes de la majorité ont fait bloc contre le premier ministre. Édouard Balladur a carrément annoncé qu'il voterait contre deux des trois réformes constitutionnelles (statut pénal et Nouvelle-Calédonie).
 
C'est donc dans une ambiance survoltée que s'est déroulée la réunion du groupe UMP. Député du Haut-Rhin, Jean-Luc Reitzer a lancé l'offensive : « Nos électeurs sont désorientés et furieux. Si Nicolas trébuche, qu'est-ce qu'on fait et avec qui ? » L'élu de base n'a pas hésité à mettre en cause Villepin et Jean-Louis Debré, mais aussi Jacques Chirac. Le sang de Villepin n'a fait qu'un tour. « Je ne suis pas d'accord », a-t-il rétorqué, ajoutant cette phrase malheureuse : « Je n'ai pas la même expérience que vous. » La bronca s'est levée : « Ça se voit. » Selon Marc Daubresse, « on était à la limite des sifflets ». Sans se laisser impressionner, Villepin a poursuivi : « L'élection n'est pas une photographie mais une dynamique. » Et d'avertir, dans le brouhaha : « Il va falloir raconter l'histoire. Si on dit qu'on est tous unis, qui cela intéresse ? Il faut un peu plus que cela pour avoir 50 % plus une voix. »
 
Inquiet de la tournure de la réunion, Sarkozy a tenté de calmer le jeu : « Il ne faut pas nous quitter comme cela. » S'adressant au premier ministre, il a lancé : « Je n'ai volé ma place à personne, Domi­nique, je veux vous conduire à la victoire. Le 14 janvier, ce sera le premier jour de la conquête ou le premier jour de la défaite. » Tendant la main à son rival, il a conclu : « Dominique, j'ai besoin de vous. » Rallié à Sarkozy, le président du groupe UMP, Bernard Accoyer, les a invité à se rapprocher et il a confié : « Au soir de la dissolution de 1997, j'ai pleuré pour la première fois pour des raisons politiques, je ne veux en aucun cas qu'on pleure en 2007. » Salle des Quatre Colonnes, les esprits s'échauffent. Le villepiniste Jean-Pierre Grand décrit à sa manière l'événement : « En réalité, ils ont une trouille bleue que Villepin soit candidat, car il sera élu. » A contrario, Éric Woerth explique : « Pour un Villepin qui botte en touche, il y a cent autres qui soutiennent Nicolas. »
 
Au même moment, sur le trottoir de la rue de l'Université, Villepin a un échange glacial avec le ministre sarkozyste Brice Hortefeux, pendant douze minutes ! Villepin prévient : « Vous êtes en train d'obtenir l'inverse de l'effet recherché. » et « C'est vous qui avez tout organisé.Si çà continue comme çà, je me présenterai! ».
À Matignon, on se demandait hier soir si le premier ministre n'allait pas annuler sa venue au congrès de l'UMP. « S'il ne vient pas dimanche, ce sont les députés qui ne viendront pas au Congrès du Parlement », prévient en retour Accoyer. On estime également que l'incident d'hier à l'Assemblée était un «coup monté». Pour les proches de Villepin, c'est le «signe que Sarkozy ne maîtrise plus rien. Il a tellement chauffé les députés qu'ils s'excitent tout seuls. ça ne correspond pas à l'image de rassembleur qu'il veut donner avant son investiture de dimanche». Conscient des risques d'une nouvelle escalade, le premier ministre et le ministre de l'Intérieur se sont téléphoné hier en fin de journée pour tenter d'aplanir les angles.
Source: Le Figaro
Quel comportement désolant de la part des députés qui tels les moutons de Panurge se jettent dans la mer sans rien dire, juste pour suivre le mouvement. Quand on entend Nadine Morano proclamant dans un grand sourire "les députés UMP ont leur liberté de parole" suite aux attaques portées par quelques uns contre le Premier ministre, on se demande si elle réalise bien la bêtise de ses propos, car la vraie liberté c'est d'oser marquer sa différence et non pas de suivre encore et toujours la masse. C'est bien triste à dire mais on s'aperçoit que pour beaucoup de députés seule la réélection compte, au détriement des idées et des vraies valeurs... Dominique de Villepin incarne pourtant une nouvelle manière de faire de la politique, la politique par l'action, la politique au service des français. On l'accuse facilement de ne pas être un élu, d'abord il n'est pas le premier et ensuite c'est ce qui fait sa force, il n'est responsable que devant le Président et le Parlement, il n'a pas cette entrave qu'est la volonté de plaire à tout prix, il agit pour les français en toute liberté et les résultats sont là!
Les choses ne sont pas pliées à droite, le temps de Dominique de Villepin viendra rapidement, comme toujours on le verra de nouveau encensé par ces députés avides de pouvoir...
Summum, le chantage fait au Premier ministre pour qu'il assiste au Congrès de l'UMP, l'action n'a vraiment que peu de valeur pour certains prêts à sacrifier le travail du gouvernement si le Premier ministre ne se rend pas à ce "show".
P.A.

Publié dans 2007

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