Dominique de Villepin occupe le terrain social

Publié le par P.A.

Le premier ministre s'appuie sur un rapport du Centre d'analyse stratégique pour proposer aux jeunes un capital de départ pour se lancer dans la vie.

Tout comme Jacques Chirac, Dominique de Villepin se projette dans l'avenir. Après le président de la République, qui avait présenté la semaine dernière son projet fiscal sur cinq ans, c'était au tour du premier ministre d'avancer des propositions mais, cette fois, sur la politique de l'emploi de la France et « au cours des dix prochaines années ».

Recevant de Sophie Boissard, directrice générale du Centre d'analyse stratégique (CAS), le rapport annuel de l'institution sur l'état de la société française, Dominique de Villepin a tout d'abord fixé à 6 % le prochain objectif à atteindre pour le taux de chômage. Avec deux moyens pour y parvenir : la fusion de l'ANPE et de l'Unedic, comme l'a demandé le chef de l'État la semaine dernière, et la mise en place d'« une vraie flexisécurité à la française ».

Mais sur l'ensemble du rapport de l'ancien commissariat au Plan, le premier ministre a surtout retenu une proposition : celle de garantir aux jeunes un capital de départ pour se lancer dans la vie. L'idée n'est pas nouvelle, qui est déjà appliquée par des pays comme le Royaume-Uni. « Le plus connu de ces dispositifs, le Child Trust Fund britannique, consiste à donner un bon à tous les enfants à la naissance », explique le rapport. En Angleterre, le montant de ce « bon » atteint 357 euros.

Pour l'instant, le CAS a retenu trois hypothèses pour adapter ce système à la France mais ne cache pas sa préférence pour le modèle danois. Soit « la création d'une allocation universelle versée à partir de 18 ans qui, couplée à un système de prêt contingent, pourrait être destinée en priorité au financement de la période de formation », avance le rapport.

Le premier ministre a demandé au CAS de lui remettre des propositions expertisées « d'ici au 15 février ». Aucune décision n'est prise et aucune ne le sera vraisemblablement avant l'élection présidentielle. Tel que mis en place l'année dernière par Dominique de Villepin, le CAS n'a qu'une vocation de « défricheur d'idées » et ne vise qu'à « éclairer la prise de décision politique », précise Sophie Boissard. Mais quelle que soit l'hypothèse retenue, le CAS avance déjà une fourchette de coûts compris entre 1,5 et 2,5 milliards d'euros, soit près de 5 % du montant annuel des prestations familiales.

Et Dominique de Villepin ne compte pas en rester là. À moins d'une semaine de la désignation programmée de Nicolas Sarkozy comme candidat de l'UMP à l'élection présidentielle, le premier ministre a également indiqué qu'il « aurait l'occasion de [s']exprimer dans les jours à venir sur trois grands défis qui sont au coeur de la France de demain ». À savoir la famille, les inégalités et la compétitivité des entreprises. Trois thèmes qui, s'ils figurent dans le rapport du CAS, sont également présents dans le programme électoral de l'UMP : tant à Matignon qu'à l'Élysée, on est décidé à ne pas laisser le moindre bout de terrain à Nicolas Sarkozy.

Dominique de Villepin a d'ailleurs une nouvelle fois déploré dimanche sur Canal + que dans la  campagne présidentielle, « le débat ne se noue pas ». Pour enfin entrer dans le vif du sujet, le CAS a ainsi été prié par Matignon d'accélérer la publication de son rapport annuel.

Source: Le Figaro

Publié dans 2007

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