Dominique de Villepin : "j'accepte les règles de ma famille"

Publié le par P.A.

Le premier ministre a souhaité, hier soir sur Canal +, qu'il n'y ait qu'un «seul candidat» UMP à la présidentielle.

 
À MATIGNON, les conseillers appellent cela « toucher la réalité de l'homme derrière les habits du premier ministre ». Dominique de Villepin ne serait donc pas celui qu'on croit. Après l'émission « Ripostes » de Serge Moati (France 5), c'était au tour de Michel Denisot de recevoir hier soir, dans le « Grand Journal » de Canal +, le chef du gouvernement. L'occasion pour le premier ministre, dont le bail à Matignon se termine dans cent cinquante jours, de se livrer à une introspection médiatique.
 

Pendant une demi-heure, Dominique de Villepin, tout sourire, a essayé d'offrir une image plus décontractée que d'habitude. Répondant pêle-mêle aux questions de l'écrivain Frédéric Beigbeder, de l'animatrice Ariane Massenet ou du journaliste politique Jean-Michel Apathie, il s'est exprimé avec des mots simples. Premier ministre, c'est le métier le plus dur de la République ? « Mon épouse me dit souvent : « Tu l'as voulu, tu l'as ! » Je ne peux pas me plaindre », répond-il du tac au tac. Qui a le plus d'influence sur vous ? « Le président de la République et tous les ministres. On ne décide pas seul », dit-il.

 

Vient la partie plus politique de l'émission. Que pense-t-il du voyage de Ségolène Royal au Proche-Orient ? Contrairement à la droite, il refuse de polémiquer sur les propos de la candidate PS au Liban. Il préfère l'attaquer sur l'Iran. « Sa position manque de crédibilité. Ségolène Royal nie une réalité de la vie internationale » en refusant l'accès de l'Iran au nucléaire civil, avertit Villepin. Ségolène Royal a-t-elle l'envergure d'un chef de l'État ? « Si elle n'avait pas de qualité, elle ne serait pas là où elle est », glisse son condisciple de l'ENA. Et Nicolas Sarkozy a-t-il la stature présidentielle ? « Il ne m'appartient pas d'apporter un jugement. » Le temps de l'alignement derrière le candidat probable de l'UMP n'est pas encore venu. En réponse à une nouvelle question, il concède : « À l'évidence, Nicolas Sarkozy a les qualités pour être un grand homme d'État. » Mais c'est pour ajouter aussitôt : « Ségolène Royal a aussi ces qualités. »

 

« Apporter son témoignage à la justice »

 

Par ailleurs, Dominique de ­Villepin, qui effectue aujourd'hui un déplacement à Castelnau-le-Lez (Hérault), chez son ami et député UMP Jean-Pierre Grand, se réjouit dans un entretien accordé au journal Midi-Libre de pouvoir « apporter son témoignage à la justice ». Le premier ministre sera entendu comme simple témoin le jeudi 21 décembre par les deux magistrats qui enquêtent sur le dossier Cleastream.

 

Interrogé sur les tiraillements au sein de l'UMP, il revendique le débat. « Qu'il y ait des débats sur certains sujets au sein de la majorité, c'est normal. C'est même la preuve de la vitalité de notre mouvement », ajoute le premier ministre, alors que la liste des différends avec Nicolas Sarkozy ne cesse de s'allonger. Dernier en date : la réforme du corps électoral en Nouvelle-Calédonie. « Les électeurs veulent le rassemblement, nous construisons le rassemblement », concède Villepin, qui confirme qu'il ne demandera pas le « soutien » de son parti pour l'élection présidentielle.

Source: Le Figaro

 

Publié dans 2007

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