Villepin sera entendu prochainement dans l'affaire Clearstream

Publié le par P.A.

Dominique de Villepin sera prochainement entendu comme simple témoin dans l'enquête sur l'affaire Clearstream, une perspective dont le Premier ministre "se réjouit" avec la volonté de lever une hypothèque sur la fin de son mandat et ses éventuelles ambitions présidentielles.

Le conseil des ministres a donné mercredi son feu vert à l'audition du chef du gouvernement, a dit Matignon.

Les juges d'instruction Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, chargés de l'enquête sur les faux listings de la société luxembourgeoise, avaient demandé vendredi dernier au parquet de transmettre leur convocation au conseil des ministres.

L'audition, dont la date reste à fixer, pourrait intervenir avant la fin de l'année. Le statut de "témoin" signifie qu'aucune charge n'est retenue à ce stade contre le chef du gouvernement.

La ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, avait été entendue à la mi-novembre durant onze heures par les juges.

Dominique de Villepin s'était "réjoui" samedi de pouvoir "apporter rapidement son témoignage". "Il fait toute confiance à la justice pour que la vérité soit faite dans cette affaire", avait souligné Matignon.

Un changement de statut vers celui de "témoin assisté" ou mis en examen n'est pas exclu d'ici la fin de l'enquête, mais il semble peu probable, les investigations semblant quasi achevées.

Les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons gardent aussi la possibilité technique de saisir en fin d'enquête la Cour de justice de la République, s'ils estiment que Dominique de Villepin a commis des délits dans le cadre des fonctions ministérielles. Cette hypothèse semble aussi peu probable.

"CALOMNIES"

Dans l'affaire Clearstream, le Premier ministre s'est toujours publiquement posé en victime, affirmant avoir été la cible de "mensonges" et de "calomnies".

Les juges enquêtent sur la manipulation menée à travers de faux listings de comptes bancaires de Clearstream, société financière luxembourgeoise, comportant plusieurs centaines de noms dont ceux de Nicolas Sarkozy, Jean-Pierre Chevènement, Alain Madelin et Dominique Strauss-Kahn.

Ces listes, fabriquées selon l'accusation par Imad Lahoud, alors cadre d'EADS, ont été remises à la justice au printemps 2004 par Jean-Louis Gergorin, vice-président d'EADS et proche de Dominique de Villepin, ce qui a entraîné des vérifications menaçantes pour les personnalités mises en cause.

Auparavant, fin 2003, le ministère de la Défense avait commandé une enquête à ce sujet au général Philippe Rondot, spécialiste du renseignement.

En janvier 2004, Dominique de Villepin, alors aux Affaires étrangères, a repris le dossier et demandé au général de poursuivre ses investigations. Passé à l'Intérieur, il a demandé une seconde enquête à la DST en juillet 2004.

Toutes les enquêtes ont conclu que les listings étaient faux mais cela n'a jamais été porté à la connaissance du juge Renaud Van Ruymbeke, à qui Jean-Louis Gergorin avait remis les listes.

Des parties civiles ont dénoncé le rôle jugé ambigu de Dominique de Villepin, qui n'a pas informé l'ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin de ses démarches et aurait pu utiliser le dossier pour déstabiliser Nicolas Sarkozy, son rival à l'UMP.

Le Premier ministre a nié être intervenu pour faire libérer Imad Lahoud d'une garde à vue dans une autre affaire. Il a aussi démenti avoir détruit une note de la DST démontant la manoeuvre.

Source: Reuters

Publié dans 2007

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