Villepin envisage un statut du temps partiel subi pour les femmes

Publié le par P.A.

 

Le gouvernement va réfléchir à la mise en place d'un statut du temps partiel subi pour les femmes, a annoncé lundi Dominique de Villepin. Le Premier ministre a reçu pendant une heure et demie 12 femmes dans cette situation pour préparer la conférence emploi-revenus qu'il tiendra le 14 décembre avec les partenaires sociaux.

Sur les trois millions et demi de femmes travaillant à temps partiel en France, près d'un million n'ont pas choisi cette situation. "Ce sont des situations douloureuses et inacceptables", s'est insurgé le chef du gouvernement.

Les femmes invitées à Matignon lui ont présenté leurs difficultés: absence de souplesse des horaires, salaires trop faibles face au coût de la vie, impossibilité de trouver un travail à temps plein, pressions de la part des employeurs...

"Cela fait un an qu'on me dit: restez, on va vous trouver un emploi temps plein, et puis rien", a résumé Houley, standardiste pour 20 heures par semaine.

"Demain, on me propose 40 heures je les fais", a renchéri Magda, en CDD d'un an dans la garde d'enfants pour 27 heures hebdomadaires après deux ans à l'ANPE.

Dominique de Villepin a évoqué en réponse la possibilité d'un statut du temps partiel subi. Ce statut comporterait un accès prioritaire des femmes à temps partiel aux emplois à temps plein qui se libéreraient dans l'entreprise.

Le Premier ministre a également mentionné la piste de rendre gratuite la validation des acquis de l'expérience pour aider les femmes à trouver un emploi dans une autre entreprise ainsi qu'un "encadrement minimum de droits sociaux pour éviter les situations de dépendance excessive".

Dominique de Villepin a aussi évoqué la possibilité d'une compensation pour les heures travaillées très tôt le matin ou très tard le soir, notamment dans les entreprises de nettoyage.

Confronté à plusieurs cas de femmes à temps partiel dans la grande distribution, le Premier ministre s'est interrogé sur la possibilité de rendre obligatoire l'ouverture de crèches inter-entreprises dans les nouveaux centres commerciaux.

Interrogé par une femme en contrat d'avenir, il a réfléchi à la possibilité d'un rendez-vous systématique au bout de six mois à l'ANPE pour préparer la suite.

Le chef du gouvernement est sorti de cette réunion "un peu plus conscient de la nécessité d'avancer vite" sur ce sujet. "Dans cette période de rendez-vous électoraux, tout le monde a à coeur que des réponses soient apportées et de ne pas se contenter de vaines promesses", a-t-il conclu.

Dominique de Villepin poursuivra ses rencontres mercredi avec des jeunes sans qualification et mardi avec des seniors au chômage, autres catégories qui rencontrent le plus de difficultés sur le marché du travail.

Source: AP

Publié dans 2007

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article