Rebondissement

Publié le par P.A.

C'est un rebondissement majeur, un retournement spectaculaire du ténébreux feuilleton Clearstream, dont les conséquences vont modifier profondément le cours de la vie politique et peut être la préparation à droite, de l'élection présidentielle.


Souvenez-vous, il y a quelques semaines à peine, tout le monde spéculait sur la mise en examen quasi-certaine de Dominique de Villepin. A entendre les uns et les autres : zélés procureurs du monde politico-médiatique dont l'obsession est d'aller plus vite que la musique judiciaire, ou charognards qui guettent le dernier soupir politique de leur proie, la démission du chef du gouvernement n'était plus qu'une question de jour, sinon d'heure. Selon eux, le scénario était écrit d'avance. Mouillé jusqu'au cou dans cette histoire, Dominique de Villepin ne pouvait finir que devant la Cour de justice ou à la barre d'un simple tribunal correctionnel.


Seulement voilà, les juges en charge de ce dossier ultra-sensible, ont vu les choses autrement. En décidant d'entendre le Premier ministre en tant que simple témoin - comme ils l'avaient déjà fait pour Michèle Alliot-Marie - ils désamorcent la bombe qui devait le faire sauter. Pour Dominique de Villepin c'est un immense soulagement. C'est aussi et surtout une victoire personnelle, qui lui permet de laver son honneur et de revenir dans la course à l'Elysée.


S'il obtient, ce qui ne fait aucun doute, l'aval du Conseil des ministres - obligatoire pour qu'un membre du gouvernement soit entendu par les magistrats instructeurs- l'audition pourrait être fixée très rapidement. Auquel cas, plus rien n'empêcherait Dominique de Villepin d'être l'homme qui va à la rencontre des Français. Car non seulement la décision des juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, blackboule tous les cas de figure envisagés, mais en plus elle ouvre une séquence politique décisive dans laquelle le Premier ministre revient dans le jeu, au moment précis où Nicolas Sarkozy vient d'annoncer sa candidature.


Avis à tous ceux qui avait misé sur sa fin prochaine, Dominique de Villepin n'est pas politiquement mort. Au contraire, le voilà prêt lui aussi à renverser la table où beaucoup à droite ne voulaient plus mettre son couvert.

 


Source: L'Est Républicain, éditorial Pierre TARIBO  http://www.estrepublicain.fr/

Publié dans 2007

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