Primaires à l'UMP

Publié le par P.A.

Seul le ministre de la Défense est susceptible d’accepter la proposition de Nicolas Sarkozy.

 

LA PREMIÈRE réponse à l’appel à candidatures lancé jeudi par Nicolas Sarkozy est venue hier de Dominique de Villepin : c’est, implicitement, non. Et ce n’est pas une surprise pour le chef de l’UMP. Il s’attendait aussi au forfait de Jean- Louis Borloo, annoncé quelques heures plus tard. Reste Michèle Alliot- Marie, qui veut au minimum faire entendre sa voix. Jean-Pierre Raffarin a été chargé de coordonner les trois forums interrégionaux qui permettront à chacun, candidat ou non, de s’exprimer. Plusieurs chaînes ont proposé de les diffuser. Le premier forum devra se tenir dans les dix jours ; car la campagne interne s’arrêtera en fait avant Noël, Nicolas Sarkozy s’étant engagé à ne pas « gêner » Jacques Chirac pendant la période des voeux présidentiels, qui commence le 31 décembre et se terminera le 13 janvier en Corrèze. La veille du congrès de désignation du candidat.

 
Borloo n’aime pas les « combats de personnes »
 
Le ministre de la Cohésion sociale est l’invité surprise de la liste du président de l’UMP. Flatté de figurer dans la « short-list », Jean- Louis Borloo n’a pas souhaité entrer dans la course et l’a fait savoir hier. Pas vraiment friand des « combats de personnes », il veut « s’en tenir au calendrier fixé par le parti radical », qu’il copréside. Les radicaux tiendront leur congrès le 16 décembre. « C’est une forme de reconnaissance », se réjouit toutefois Laurent Hénart, député UMP de Meurthe-et-Moselle et proche du ministre. « En 2002, Jean-Louis était sous-ministre. En 2004, Chirac lui a confié la cohésion sociale. Aujourd’hui, il devient papabile d’un seul coup ! » Le numéro cinq du gouvernement, qui n’est pas mécontent de voir Sarkozy « redé- couvrir » la droite sociale, entend surtout peser sur les options de fond retenues par le champion de l’UMP. 
 
MAM dans les starting-blocks
 
Michèle Alliot-Marie fera savoir, « avant le 31 décembre », date limite du dépôt des candidatures, si elle sollicite « le soutien financier et matériel » de l’UMP. Jeudi soir, enmeeting, elle a tenu à préciser qu’elle s’inscrivait « dans une démarche qui est celle du parti, dès lors que le parti fait des choses qui (lui) paraissent bonnes ». En bonne élève, MAM jouera donc le jeu des forums, en restant vigilante sur les modalités du débat interne. Quant à l’invitation deNicolas Sarkozy, « elle correspond à ma demande que l’on puisse débattre, exprimer ses convictions, dans la liberté et le respect, en montrant à la fois la diversité et l’unité », a-t-elle fait valoir.
 
Villepin « à sa place »
 
Une fois n’est pas coutume, le premier ministre s’est félicité d’une décision du président de l’UMP. « Je me réjouis du processus. » Va-t-il répondre favorablement à l’appel à candidatures lancé par Sarkozy ? « J’entends me concentrer sur ma tâche et je serai à ma place comme chef du gouvernement », a-t-il déclaré hier lors d’un déplacement à Saclay (Essonne). C’est donc non. Il n’ira pas plus aux forums proposés par l’UMP. Le premierministre a en fait rejeté la proposition de Sarkozy dès jeudi, lors de leur petit déjeuner. Pouvait-il en être autrement ? 
 
Depuis des mois,Dominique de Villepin revendique une conception gaulliste de la présidentielle, rencontre entre un candidat et le peuple. Georges Tron, député de l’Essonne et proche du premier ministre, confirme : « On ne peut pas être au four et au moulin. Son calendrier, c’est sixmois de travail gouvernemental. » Cela veut-il dire que Villepin ne sera pas candidat en 2007 ?Georges Tron prévient : « Son calendrier politique est lié à la décision de Jacques Chirac de se représenter ou pas. On verra à ce moment-là.»
 
Source: Le Figaro
 

Publié dans 2007

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