Villepin réitère son opposition à un service civique obligatoire

Publié le par P.A.

Dominique de Villepin a réitéré son opposition à l'idée d'un service civique obligatoire, reprise tant dans le programme législatif de l'UMP que dans le projet du Parti socialiste.

Lors d'un déjeuner avec 120 jeunes membres d'associations intervenant dans les quartiers difficiles et dans la lutte contre les discriminations, le Premier ministre a également exposé sa conception de la correction des inégalités.

"Plusieurs réflexions sont en cours pour insérer dans un parcours professionnel" l'expérience des jeunes qui font un service civil volontaire et valoriser cette "contribution apportée à la société", a-t-il déclaré. "Je crois qu'on peut considérablement renforcer l'incitation et la reconnaissance de ce rôle exceptionnel."

En revanche, un service civique obligatoire serait quelque chose de "très complexe, de très lourd et de très difficile" à mettre sur pied, sur le plan financier et juridique, sur le plan de l'organisation et des structures d'accueil, sans être sûr des résultats, a-t-il ajouté.

Généraliser et rendre obligatoire un service civique supposerait de trouver autant de missions que de membres d'une classe d'âge, c'est-à-dire environ 800.000 personnes, a fait valoir Dominique de Villepin.

"Rien ne serait pire que d'avoir des jeunes utilisés dans des placards comme l'ont été hier de jeunes recrues militaires utilisés à laver les latrines", a-t-il ajouté. "Ça n'est pas valorisant, ce n'est pas utile, ce n'est pas positif et on n'en sort pas avec une belle image de la société ni une belle image de soi-même. Passer neuf mois à ne rien faire, ça n'a jamais servi à quiconque."

PRIVILEGIER LE "TEMPERAMENT"

Une femme de 25 ans, Karima, qui a effectué un service civil volontaire avec l'association Unis-cité, active dans la lutte contre l'exclusion et les discriminations, a apporté de l'eau à son moulin. "A titre personnel, il était important que soit pour moi un choix et non une obligation, que ça soit l'aboutissement d'une démarche mûrement réfléchie", a-t-elle dit.

Les échanges sur la notion de "discrimination positive", chère au ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy mais rejetée par Dominique de Villepin, ont été moins consensuels.

"Je suis pour le CV anonyme, je suis pour la discrimination positive", a déclaré Nicole, une jeune noire, qui a raconté son parcours infructueux à la recherche d'un emploi, d'entretien d'embauche en entretien d'embauche.

"La discrimination positive c'est le fait de réserver un certain nombre de postes à des personnes en fonction de leur race, de leur origine, de leur religion, de leur confession", a répondu le Premier ministre. "C'est pré-sélectionner sur une base qui rompt avec l'égalité républicaine (...) ce qui risque de placer ces personnes dans une situation très difficile."

Il n'en a pas moins plaidé implicitement pour une forme de discrimination positive en soulignant que la question de l'égalité des chances était "un immense défi" à relever.

Dominique de Villepin a souhaité au passage que les concours d'entrée aux grandes écoles donnent leur chance à ceux qui ont un "tempérament" et pas seulement un savoir.

"Moi je n'étais pas le premier de ma promotion de l'ENA et je suis Premier ministre. Ségolène Royal n'était certainement pas la première de sa promotion et elle est candidate du Parti socialiste", a-t-il dit.

Source: Reuters

Publié dans 2007

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