Villepin au chevet de la filière automobile

Publié le par P.A.

Le premier ministre se mobilise pour la filière. Il a reçu hier les sous-traitants avant de rencontrer aujourd'hui les constructeurs.

Il FAUT sauver la filière auto. Depuis le début de l'année, restructurations et fermetures d'usine se sont succédé chez les sous-traitants de l'automobile à un rythme de plus en plus inquiétant. Au point que le premier ministre, Dominique de Villepin, a décidé de recevoir hier quelques représentants du secteur avant de s'entretenir aujourd'hui avec les constructeurs. Outre le premier ministre étaient présents le ministre de l'Industrie, les présidents de Bosch, Valeo et Faurecia, ceux de deux fédérations professionnelles et de quatre PME du secteur. L'objectif affiché de ces réunions organisées en quelques heures est de « recueillir des témoignages » afin de déterminer quelles sont les « difficultés, craintes et perspectives du secteur ».
L'urgence est incontestable. Depuis le début de l'année, près de 10 000 emplois sur 124 500 ont été supprimés chez les équipementiers. Et la liste risque de s'allonger rapidement. La concurrence accrue, qui se traduit par une pression constante sur les prix, la hausse du coût des matières premières et de l'énergie et la baisse de production de Renault et de PSA Peugeot Citroën en France ont fait fondre les marges des équipementiers. Plus particulièrement, celles des plus petites entreprises du secteur. « L'inquiétude de voir un tissu industriel s'écrouler comme un château de cartes est réelle », résume Guy Maugis, président de Bosch France.

 
Alléger la charge fiscale

 « Nous n'attendons pas de l'État qu'il soit dirigiste, nous lui avons demandé de l'air », résume Jacques Monnet, le secrétaire général de la Fédération des industries des équipements pour véhicules (Fiev). Les industriels se sont concentrés sur trois grands thèmes. Tout d'abord, la nécessité de réduire les délais de paiement de 90 à 60 jours. « Cela prive les PME de leurs moyens financiers et les empêche d'investir », explique Yvon Jacob, le président de la Fédération des industries mécaniques (FIM). Les professionnels ont aussi appelé à une baisse de la taxe professionnelle, voir à son abrogation. « Au moment où l'on veut garder le tissu industriel, la taxe professionnelle ne va pas dans le bon sens », plaide Thierry Morin, le président de Valeo. Enfin, il juge nécessaire un effort en faveur de la recherche et développement, par le biais d'une augmentation du crédit d'impôt recherche afin de pouvoir « continuer de proposer des produits différentiants ». Le gouvernement pourrait aussi mobiliser les pôles de compétitivité.

 Visiblement satisfaits d'avoir été entendus par le premier ministre, les industriels attendent maintenant des mesures, avec un optimisme très relatif. Mais pour certains, c'est déjà trop tard. « On ne peut rien attendre d'une telle réunion, se plaint Larry Sere, représentant CFDT chez Thomé Génot, un équipementier qui a mis la clé sous la porte fin octobre. Tout est délocalisé. Il fallait réagir il y a deux ou trois ans. »

Source: Le Figaro

Publié dans 2007

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