Le chef du gouvernement tire à répétition sur le ministre de l'Intérieur

Publié le par P.A.

Dominique de Villepin affiche désormais presque chaque jour ses désaccords avec Nicolas Sarkozy.

 
DOMINIQUE DE VILLEPIN change de braquet. Désormais, pour critiquer son rival Nicolas Sarkozy, le premier ministre ne se contente plus d'une pique hebdomadaire. Son rythme est devenu quasi quotidien. Il ne se passe plus un déplacement sans que le chef du gouvernement n'exprime un désaccord de fond avec le président de l'UMP.
 

Dernier épisode en date : son passage au 89e congrès des maires de France. Un discours de huit pages et... quatre prises de position anti-Sarkozy. Sur la forme, Dominique de Villepin n'a fait que répondre aux interpellations des maires sur le calendrier des élections municipales, la question des mineurs délinquants, le rôle des maires dans la prévention de la ­délinquance ou encore la discrimination positive. Autant de sujets d'actualité qui inquiètent les élus locaux.

 

Sur le fond, le premier ministre ne s'est pas gêné pour alimenter « le débat » qu'il réclame à cinq mois de la présidentielle. Faut-il avancer les municipales en septembre 2007, comme le laissent entendre Nicolas Sarkozy et son ministre délégué aux Collectivités, Brice Hortefeux ? « Elles ont été prévues en 2008. Elles devront se dérouler en 2008 », a dit Villepin aux maires, qui l'ont applaudi. Le premier ministre a aussi rassuré son auditoire sur certains points sensibles du projet de loi sur la prévention de la délinquance défendu par le ministre de l'Intérieur, promettant que l'État ne « se déchargerait pas » sur les maires dans sa lutte contre l'insécurité. Faut-il supprimer l'excuse de minorité pour les mineurs délinquants multi­récidivistes ? « Certainement pas », a répliqué Villepin, alors que Sarkozy veut les traiter comme des majeurs.

 

« Chemin sans issue »

 

Autre point de divergence exprimé hier : la discrimination positive. Comme Michèle Alliot-Marie la semaine dernière devant les cadres de l'UMP, le premier ministre a rejeté cette proposition phare du président de l'UMP : « C'est un chemin sans issue, en particulier dans un pays aussi attaché au mérite et à l'égalité. »

 

Porte de Versailles, les maires ont parfois applaudi. Mais sont souvent restés les bras croisés comme spectateurs d'un duel à distance. Villepin a parcouru ensuite quelques minutes les allées du salon sans croiser Ségolène Royal, sa condisciple de l'ENA, qui arrivait au même moment dans un hall voisin, au milieu des caméras et des photographes.

 

En coulisses, les villepinistes ne cessent de vitupérer la présentation qui est faite des opinions de leur champion. « On s'offusque aujourd'hui des prises de position du premier ministre. C'est oublier un peu vite les critiques du président de l'UMP contre les décisions du gouvernement sur la justice ou le tabac », se plaint un fidèle, scandalisé qu'on fasse passer Villepin pour le « méchant » et Sarkozy pour le « gentil ». Un de ses amis prévient carrément : « Le premier ministre a décidé de dire ce qu'il pense. Jusqu'en mai 2007, on est encore en démocratie ! » Hier soir, Villepin a préféré « travailler » à Matignon plutôt qu'aller au bureau politique de l'UMP. Il recevra, ce matin, Sarkozy en tête à tête.

source: Le Figaro

Publié dans 2007

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