Imad Lahoud se rappelle au bon souvenir de Sarkozy

Publié le par P.A.

 
Il dit avoir rencontré le ministre deux fois, bien avant que celui-ci porte plainte.
Par Renaud LECADRE
 
 
Nouvelle chausse-trape dans l'affaire Clearstream, qui déjà n'en manquait pas. Une mention sibylline, «contact Madhi-Sarko», s'est en partie évaporée du dossier pénal. Madhi, c'est le pseudonyme d'Imad Lahoud, financier et informaticien, soupçonné d'avoir bidouillé des fichiers de Clearstream pour faire apparaître des personnalités supposées détentrices d'un compte bancaire à l'étranger. Sarko, qu'on ne présente plus, a porté plainte contre cette machination ourdie en haut lieu. Ainsi, le présumé manipulateur et sa présumée victime se seraient rencontrés en catimini, mais il ne faudrait pas que cela se sache...
 
«Champollion». Une fois de plus, tout part des notes du général Rondot, électron libre des services de renseignements, missionné par Dominique de Villepin et ­ dans une moindre mesure ­ par Michèle Alliot-Marie. Un assistant spécialisé, chargé d'épauler les juges d'instruction Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, avait retranscrit les innombrables notes du militaire, rédigées à la main d'une écriture parfois indéchiffrable. «C'est le Champollion de Clearstream», ironise un proche du dossier. D'après une note rédigée par Rondot en septembre 2004, après les premiers envois du corbeau, l'assistant décrypte : «Mise en cause de N. Sarkozy... (illisible). Instrumentalisation ?» 
Dans un livre à paraître le 16 novembre ( Un fiasco français, histoire secrète du pôle financier , éditions Denoël), un journaliste du Figaro , Eric Decouty, a mis la main sur un PV des policiers chargés de l'enquête qui, à la différence des juges d'instruction, travaillent sur les notes originales de Rondot. Lors d'un interrogatoire d'Imad Lahoud (dont Libération a eu connaissance), ils lui soumettent une version plus complète de la note Rondot : «Mise en cause de N. Sarkozy... (illisible). Contact Mahdi-Sarko. Instrumentalisation ?» Manifestement, les flics ont su lire ce qui était en partie illisible. Les juges d'instruction, quand ils interrogeront à leur tour Imad Lahoud (lors de sa mise en examen) et Nicolas Sarkozy (lors de sa constitution de partie civile) ne leur poseront jamais la moindre question sur cette présumée rencontre. Parce qu'ils en ignorent l'existence ou parce qu'ils ne veulent pas en entendre parler ? «ça n'aurait pourtant pas été un crime de lèse-majesté», critique un avocat. Lors de sa garde à vue en juin, Lahoud avait répondu aux policiers qui lui brandissaient la mention «contact Madhi-Sarko» : «Je n'ai jamais eu de contact avec Nicolas Sarkozy.» Espérait-il alors se faire bien voir du futur candidat à la présidentielle ? Depuis, changement de ton. Vendredi, son avocat, Me Olivier Pardo, a affirmé que son client lui a dit avoir rencontré Sarkozy «à deux reprises» au cours de l'année 2004, bien avant que ce dernier ne se décide à porter plainte. Vendredi, le ministre de l'Intérieur a démenti formellement (lire ci-contre).
Dans son livre, Eric Decouty dénonce le caractère tardif de la plainte déposée en janvier 2006 par Sarkozy, «s'attribuant brutalement le rôle de la première victime d'un complot qui n'a jamais éclaté», alors qu'il «sait tout, presque tout» depuis le début. Et d'asséner : «La justice s'est mise finalement au service de Nicolas Sarkozy.» Il n'est question que d'instrumentalisation de la justice depuis que le parquet de Paris, jusque-là tenu à l'écart de l'enquête des juges d'instruction, a mis les pieds dans le plat la semaine dernière.
Contaminée. Dans un réquisitoire rédigé au moment où d'Huy et Pons partaient en vacances, le procureur de la République Jean-Claude Marin émettait deux souhaits contradictoires : 1 ­ Que Dominique de Villepin soit entendu sous le statut de simple témoin, signe qu'il n'y aurait pas de charge contre lui d'avoir fomenté un complot contre Sarkozy ; 2 ­ Que le général Rondot, qui a enquêté sous ses ordres, soit entendu comme témoin assisté, signe qu'il est «nommément mis en cause» ou qu'il existe «des indices rendant vraisemblable» sa participation à une infraction, selon la définition du code de procédure pénale. «Avec un tel procureur, Villepin n'a pas besoin d'avocat», ironise un proche du dossier. Des juges estampillés sarkozystes, le parquet catalogué villepiniste, la justice est contaminée par les règlements de compte au sommet de l'Etat.
source: Libération.fr
 
Voilà des éléments, qui s'ils étaient confirmés, pourraient remettre en cause la "légitimité" d'une candidature du Ministre de l'Intérieur à la présidentielle. Cette affaire pourrait nous rappeller le faux attentat contre Mitterrand, quand on se prétend victime de son propre complot, çà peut faire sourire si les conséquences n'étaient pas aussi importantes. On pourra noter que bizarrement les médias restent discrets sur ce retournement possible, chacun n'a pas droit à la même présomption d'innocence, le Premier Ministre était condamné avant d'etre entendu par les juges. Pourquoi une nouvelle attitude mesurée des médias: Manipulation ou retenue de leur part symbole du regret de leur attitude contre le Premier Ministre?
Chacun peut facilement remarquer que cette affaire ressort à des moments ou le Premier Ministre gagne en popularité et devient une menace pour 2007. Mais tout semble indiquer que le Premier Ministre est innocent dans cette affaire et qu'il a agit conformément à ses fonctions. On regrettera d'ailleurs que les médias n'usent plus de la même force pour souligner cette innocence que ce qu'ils ne l'ont fait pour l'accuser. La calomnie laisse toujours des traces, il faut esperer que les français sauront faire le tri entre le vrai et le faux.

Publié dans 2007

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