Clearstream: Sarkozy l'arroseur arrosé?

Publié le par P.A.

Me Olivier Pardo, avocat d'Imad Lahoud, mis en examen dans l'affaire Clearstream, a déclaré vendredi que son client lui avait assuré avoir "rencontré" Nicolas Sarkozy "à deux reprises" en 2004 pour "évoquer" ce dossier. Imad Lahoud, falsificateur présumé des fameux listings de comptes bancaires de l'affaire politico-financière, avait jusque là nié avoir rencontré le ministre en poste au ministère de l'Economie et des finances à cette époque. Au ministère de l'Intérieur, "on dément catégoriquement que les deux hommes se soient jamais rencontrés". Un "jamais" répété peu après ce premier démenti par le principal intéressé, Nicolas Sarkozy. L'entourage du Premier ministre a indiqué pour sa part que "Matignon ne fait aucun commentaire".

"Compte tenu des révélations faites dans un livre à paraître (le 16 novembre, Un fiasco français, Eric Decouty, Denoël) j'ai posé la question à mon client. Imad Lahoud m'a indiqué récemment avoir, courant 2004, rencontré à deux reprises Nicolas Sarkozy. Le dossier Clearstream a été évoqué à ces deux occasions", a affirmé Me Pardo. "Mon client a indiqué avoir été ensuite sollicité courant 2005 par des intermédiaires soi-disant missionnés par Nicolas Sarkozy. Il n'a pas donné suite".

Une reconnaissance tardive

Interrogé sur le fait de savoir pourquoi son client n'a pas reconnu plus tôt l'existence de ces rencontres, Me Pardo a affirmé : "Ce n'était pas le sens du questionnement des magistrats instructeurs (Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, ndlr) à mon client, les questions qui lui ont été posées ne concernant que de soi-disant rencontres avec Dominique de Villepin".

Le nom de Nicolas Sarkozy figurait parmi d'autres personnalités sur des listings comptables de la société financière luxembourgeoise Clearstream. Ces documents avaient été envoyés anonymement au juge financier Renaud van Ruymbeke en 2004, accompagnés de courriers laissant entendre que les personnalités citées, dont Nicolas Sarkozy, avaient touché des pots de vin dans le cadre de la vente de six frégates à Taïwan en 1991, un dossier instruit par Renaud van Ruymbeke. Le magistrat a établi que ces listings avaient été truqués. Jean-Louis Gergorin, ancien vice-président d'EADS, a reconnu être le corbeau à l'origine de ces courriers dénonciateurs. Il a été mis en examen en juin tout comme Imad Lahoud. Tous deux sont poursuivis pour "dénonciation calomnieuse" et "faux et usage de faux". Nicolas Sarkozy s'est constitué partie civile dans cette affaire.

source: www.lci.fr

Publié dans 2007

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