Conférence de presse mensuelle à l’Université de Cergy-Pontoise

Publié le par P.A.

Madame, Messieurs les ministres, chère Nelly, cher Azouz, cher François,
Monsieur le président,
Mesdames, Messieurs,

Avant toute chose, permettez-moi de remercier le Président de l’université de Cergy-Pontoise, Thierry COULHON, ainsi que le recteur de l’académie de Versailles pour leur accueil chaleureux ce matin. Je suis particulièrement heureux de pouvoir tenir cette seizième conférence de presse dans un établissement exemplaire de l’ambition que nous avons pour l’Université Française. Je suis heureux également que puissent participer à cette conférence de presse le recteur HETZEL, que je tiens à remercier pour son remarquable travail, ainsi que le professeur LUNEL, délégué interministériel à l’orientation, que je remercie également pour son engagement.

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1. Pour commencer, je voudrais faire le point avec vous sur la priorité absolue du gouvernement : l’emploi.

Vous le savez, les chiffres du chômage du mois d’août étaient décevants. Nous avons donc travaillé, avec Jean-Louis BORLOO et Gérard LARCHER, pour identifier les problèmes et apporter de nouvelles solutions.

Nous avons lancé la troisième étape de la bataille pour l’emploi. J’ai la conviction que les instruments que nous avons mis en place pour aider ceux qui sont le plus éloignés du marché du travail marcheront.

Nous avons créé les parcours d’accès à la vie active. Ils vont permettre à des jeunes sans qualification de bénéficier d’un accompagnement spécifique dans leur recherche d’emploi : ces 50 000 formations financées par l’association pour la formation professionnelle des adultes (AFPA) leur offriront les bases nécessaires pour accéder à un contrat de professionnalisation dans une entreprise.

Nous avons également lancé les actions préparatoires au recrutement. 50 000 personnes, principalement des jeunes sans qualification pourront ainsi être formés en entreprise pendant 3 mois sur leur futur poste de travail. A l’issue de cette période, l’entreprise s’engage à leur proposer un contrat de travail durable.

Enfin, nous avons créé les premiers groupes solidarité-emploi dans les zones urbaines sensibles (ZUS) pour mieux coordonner l’action des différents acteurs de l’emploi. C’est l’un des axes forts de la politique du gouvernement en faveur des quartiers en difficultés où les taux de chômage sont souvent deux fois plus élevés que la moyenne nationale. Nous avons décidé de concentrer les moyens de la politique de l’emploi dans ces zones. Pour nous assurer que ces moyens apporteront bien des résultats, nous fixerons des objectifs précis de réduction du chômage quartier par quartier.

Le chômage doit poursuivre sa baisse, et rapidement. J’ai bon espoir que le mois de septembre nous apportera de meilleurs résultats. Affiner notre action en fonction des résultats, adapter en permanence notre réponse, vérifier concrètement sur le terrain que les dispositifs marchent, c’est bien dans cet esprit que travaille le gouvernement. L’emploi est un combat de tous les jours et nous le gagnerons.

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2. La clé pour accéder à l’emploi, c’est l’éducation.

L’école et l’université sont au cœur des préoccupations des Français. Ils savent que l’école est le premier moteur de la réussite et de l’ascenseur sociale. Ils savent qu’avoir un diplôme reconnu, c’est la meilleure garantie contre le chômage. Mais aujourd’hui, ils ont le sentiment que notre système éducatif ne parvient plus à remplir son rôle démocratique. Ils voient que les filières qui attirent le plus d’étudiants sont parfois celles qui offrent le moins de débouchés. Ils voient aussi que beaucoup d’étudiants échouent dans leurs études et sortent de l’université sans diplômes. Cette frustration et cette inquiétude, elles se sont exprimées tout au long de la crise du CPE.

Le gouvernement en a tiré toutes les leçons en organisant un grand débat sur les liens entre l’université et l’emploi. Je veux saluer une nouvelle fois le travail remarquable de la commission présidée par Patrick HETZEL pour le rapport qui m’a été remis il y a quelques jours. Et je suis heureux de saluer Pierre LUNEL, le nouveau délégué interministériel à l’orientation qui sera chargé de mettre en œuvre les mesures proposées.

Une bonne orientation, c’est la première condition du succès. Lorsqu’on choisit une voie qui correspond à ses talents et à ses aspirations, lorsqu’on s’engage dans une filière en toute connaissance de cause, on peut donner le meilleur de soi même, on a d’autant plus de chances de réussir son parcours et de trouver un emploi.

Une bonne orientation, c’est d’abord une orientation précoce. Une orientation qui commence tôt. Il ne s’agit pas d’enfermer les élèves dans un carcan. Il s’agit de leur donner la possibilité de réfléchir plus en amont à ce qu’ils veulent faire. Lorsqu’un jeune prend une décision qui engage son avenir, il doit avoir le temps de mûrir son choix et de s’informer sur les différentes voies qui s’offrent à lui. Un entretien d’orientation sera rendu obligatoire en 3e, ainsi qu’en 1ère ou à la fin du premier trimestre de terminale.

Une bonne orientation, c’est en deuxième lieu une orientation volontaire, une orientation qui respecte la liberté et les aspirations de chacun. Ce n’est pas seulement une question de principe. C’est aussi une question de bon sens. On est toujours meilleur dans une filière et dans un métier lorsqu’on les a choisis librement. Notre objectif c’est de guider les élèves et les étudiants, d’éclairer leurs choix et non de les contraindre. C’est tout le sens du dossier unique d’accès à l’enseignement supérieur et du système de pré-inscription universitaire qui seront mis en place dès cette année. Désormais, les étudiants auront tous les éléments à leur disposition pour effectuer leurs choix. Les professeurs de terminale, réunis en conseil de classe, et les universités donneront leur avis sur les vœux d’orientation qu’ils formulent. Mais c’est aux élèves que reviendra la décision finale.

Une bonne orientation, c’est aussi une orientation continue, c’est-à-dire une orientation qui se poursuit tout au long de la scolarité. Parce que l’orientation, cela ne se joue pas une fois pour toutes. Il arrive que l’on se trompe de filière, qu’on se découvre une nouvelle vocation ou de nouvelles perspectives. Prenez le contrat que nous voulons proposer à chaque étudiant. Grâce au bilan établi à l’issue du premier semestre, les étudiants qui le souhaitent pourront être réorientés sans attendre la fin de l’année scolaire.

Une bonne orientation, c’est enfin une orientation ouverte, à la fois sur la vie et sur le monde professionnel. Notre objectif, c’est de permettre aux jeunes de nouer des relations avec le monde du travail tout au long de leurs études, de se familiariser avec l’univers de l’entreprise et de mieux connaître les métiers auxquels ils aspirent.
Dans chaque université un service des emplois, des stages et des carrières sera mis en place.
Dans toutes les licences, l’acquisition des compétences indispensables pour trouver un emploi sera obligatoire, qu’il s’agisse de maîtriser une langue étrangère, de savoir utiliser l’outil informatique pour rédiger un CV ou encore savoir conduire un entretien d’embauche.

Ces réformes ne peuvent pas attendre. Elles seront mises en place dès cette année universitaire.

Tous les élèves de 3ème auront dès cette année un entretien d’orientation auquel leurs parents pourront assister.

Tous les élèves de terminale bénéficieront dès cette année du dossier unique d’accès à l’enseignement supérieur.

Dans chaque académie, il y aura dès cette année un dispositif de suivi des affectations à la sortie du baccalauréat.

Je veux que nous nous dotions des moyens nécessaires pour mettre en œuvre ces réformes.

Les moyens humains tout d’abord. Avec Pierre LUNEL, nous voulons faire en sorte que tous ceux qui s’occupent de l’orientation dans les établissements scolaires et universitaires travaillent plus efficacement ensemble et que les dispositifs qu’elles animent soient mieux coordonnés.
Le délégué interministériel remettra à Gérard LARCHER et à François GOULARD un schéma national de l’orientation et de l’insertion professionnelle en janvier prochain.
Nous allons par ailleurs affecter dès 2007 des emplois supplémentaires dans les Universités qui souhaiteront mettre en place les dispositifs proposés dans le rapport HETZEL.

Des moyens matériels ensuite : avec François GOULARD, nous voulons que les étudiants puissent travailler dans les meilleures conditions possibles. J’ai décidé de débloquer 75 millions d’euros dès maintenant afin d’achever les projets de construction de bâtiments universitaires et de logements étudiants.

Ces mesures expriment l’ambition que nous avons pour l’ensemble de notre système éducatif.

Oui, l’Université doit mieux préparer à l’emploi et à la vie professionnelle. Mais elle doit aussi être un lieu d’ambition, de recherche et d’innovation qui place notre pays aux premiers rangs de la compétition internationale. Dans le « supérieur du supérieur », nous devons être les meilleurs. L’excellence est aujourd’hui le prix de l’innovation, de la puissance économique et de l’emploi. Pour concilier ce double impératif, il y a un choix à faire :

Nous ne pouvons pas nous résigner à un système éducatif cloisonné, avec d’un côté des établissements de plus en plus sélectifs, comme les grandes écoles, et de l’autre des universités qui accueillent des étudiants de plus en plus nombreux. Cette réalité, personne n’en veut, et certainement pas les directeurs des grandes écoles eux-mêmes, qui font des efforts sans précédent pour ouvrir leurs portes à des jeunes de tous les milieux et faire du tutorat, comme l’ESSEC, Sciences Po ou l’Ecole normale supérieure.

Le choix que nous devons faire, c’est donc le choix de l’ambition pour tous, le choix d’une coopération étroite entre les universités et les grandes écoles, le choix du rassemblement de nos forces. C’est un choix pour l’égalité des chances, mais aussi pour le rayonnement de notre pays. Et vous savez à quel point je tiens à ce que l’égalité des chances, que nous avons mise au premier plan de nos préoccupations, devienne le grand combat national. L’injustice, c’est le ferment de tous les dérèglements. Chacun doit avoir le sentiment qu’une chance lui a été donnée, qu’une deuxième chance lui sera donnée, et c’est notre responsabilité collective que de nous engager résolument dans cette voie.
Car c’est bien en multipliant les liens entre Grandes Ecoles et Universités comme nous le faisons au sein des Pôle de recherche et d’enseignement supérieur, c’est bien en permettant au plus grand nombre d’accéder aux filières d’excellence, que notre pays retrouvera sa place, sa pleine place dans la compétition internationale.
C’est comme cela que nous pourrons bâtir une société ouverte, une société qui permette à chacun de se former tout au long de la vie. Une société dans laquelle chacun puisse choisir sa voie, se réorienter ou emprunter d’autres chemins. Une société dans laquelle choisir ne signifie pas fermer des portes, mais bien ouvrir de nouvelles possibilités, de nouvelles chances. Une société de règles mais aussi une société de liberté.

Vous le voyez, en définitive, nous avons une triple ambition.

Une ambition pour l’Université française, qui doit être en mesure de rivaliser avec les meilleures universités du monde ;

Une ambition pour les jeunes, pour leur permettre d’accéder à l’emploi et de trouver leur place, toute leur place dans notre société ;

Une ambition pour la France, enfin. Car cet effort en faveur de l’Université s’inscrit dans le cadre d’une stratégie qui vise à faire de la France le premier pays européen dans l’économie de la connaissance.
Cette stratégie, c’est celle des 66 pôles de compétitivité qui rassemblent centres de recherche, universités et entreprises autour de projets innovants.
C’est également celle des Pôles de recherche et d’enseignement supérieur (les PRES) qui permettent aux acteurs de mettre en commun leurs activités et leurs moyens sur un même site.
C’est enfin celle des Réseaux thématiques de recherche avancée qui deviendront les fers de lance des projets les plus ambitieux de la science française.

Notre capacité à innover, l’excellence de notre recherche, voilà nos meilleurs atouts pour être aux avant-postes dans la compétition internationale et pour créer les emplois de demain.

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3. Pour terminer, je voudrais faire le point sur l’action gouvernementale qui a été particulièrement riche au cours du mois d’octobre.

Une action pour préparer l’avenir du pays, d’abord.

Le projet de loi sur l’énergie, qui rendra possible la fusion Gaz de France / Suez, a été adopté en première lecture dans les deux assemblées. Aujourd’hui, l’organisation de la future entité se met en place. La Commission européenne devrait donner son accord très prochainement.

C’est une avancée fondamentale, qui permettra à notre pays de mieux maîtriser les enjeux énergétiques dans un contexte international de plus en plus incertain.

Une action pour améliorer le pouvoir d’achat des Français, ensuite. Je l’ai dit dès la rentrée : les préoccupations des Français sur leur pouvoir d’achat sont légitimes. Alors que nos résultats économiques s’améliorent, nos concitoyens ont l’impression que les choses deviennent plus difficiles pour eux. Pour y répondre il faut bien sûr des mesures concrètes comme le chèque transport. Il faut surtout permettre à tous les salariés de bénéficier davantage des résultats de leur entreprise. Nous devons leur donner la possibilité de recueillir les fruits de leur travail et de voir leurs efforts mieux récompensés.

C’est tout le sens de la loi sur la participation qui vient d’être adoptée. Elle étend la participation aux entreprises de moins de 50 salariés et concerne ainsi l’immense majorité des salariés français.

Au-delà de ce texte, nous préparons un rendez-vous important : la conférence sur les revenus et l’emploi, qui aura lieu en décembre. Sur la base du rapport du Conseil de l’emploi, des revenus et de la cohésion sociale présenté par Jacques DELORS, nous réunirons les partenaires sociaux et les principaux acteurs concernés pour aborder ensemble des enjeux essentiels : le smic et l’emploi peu qualifié, la prime pour l’emploi, la précarité et les inégalités salariales, dont sont victimes notamment les femmes.

Enfin, je veux dire un mot particulier sur la situation de certains retraités qui ont aujourd’hui des revenus faibles. L’augmentation du coût de la vie, les abonnements, le coût de la dépendance les laissent souvent démunis et parfois désemparés.
C’est pourquoi j’ai voulu que nous fassions des efforts très significatifs dès 2007 en faveur des petites retraites agricoles. Cela concernera plus de 300 000 personnes.
Au-delà, je souhaite que Xavier BERTRAND et Jean-François COPE réfléchissent à des mesures d’accompagnement qui permettent d’apporter une aide à la vie quotidienne des retraités, notamment en matière de frais de dépendance et de services à la personne. Nous avons déjà prévu dans le budget 2007 une augmentation du crédit d’impôt lié aux charges de placement de personnes dépendantes en maisons de retraite.

Une action pour améliorer notre vie en commun, enfin.

Je pense à la décision que nous avons prise pour lutter contre le tabagisme dans les lieux publics : au 1er février 2007, fumer sera interdit dans les lieux de travail. C’est une innovation majeure, une mesure qui sera mise en œuvre de manière exemplaire dans l’administration. Par ailleurs nous serons extrêmement soucieux d’accompagner les professions les plus touchées dans leur adaptation à cette nouvelle situation.

Je pense aussi à la parité. Faire toute leur place aux femmes, c’est un défi majeur pour notre société.
Nous le voyons, aujourd’hui, il y a encore trop d’inégalités, qu’il s’agisse d’accès aux responsabilités, de temps de travail ou de salaires. Les femmes rencontrent encore trop de difficultés pour concilier vie familiale et vie professionnelle. Nous voulons apporter des réponses à chacun de ces problèmes, et en premier lieu à la question des femmes en politique.
C’est l’objectif du projet de loi sur la parité qui sera présenté prochainement en conseil des ministres et auquel je suis profondément attaché, et vous savez quel a été l’engagement du Président de la République. D’abord, les exécutifs des communes de plus de 3500 habitants et ceux des conseils régionaux devront respecter la parité. Par ailleurs, pour chaque conseiller général, il devra y avoir un suppléant de sexe opposé. Enfin, le projet de loi augmentera de 50% les pénalités pour les partis qui ne présenteraient pas suffisamment de femmes aux élections législatives.

Enfin, s’il y a un domaine dans lequel le gouvernement a agi avec une détermination sans faille, c’est bien la politique en faveur des quartiers. J’entends dire ici ou là que rien n’a été fait pour les banlieues, j’entends dire ici ou là que rien n’a été fait pour les banlieues. J’entends dire que rien ne change.. Cela, je ne peux pas l’accepter. Evidement, tous les problèmes ne seront pas résolus en un jour. Mais le gouvernement a engagé une action de fond, une action de long terme dont nous commençons à voir les effets.

Sur le cadre de vie tout d’abord : avec Jean-Louis BORLOO, nous avons lancé une politique de rénovation urbaine sans précédent dans notre pays. 135 conventions ont été signées avec l’Agence nationale de rénovation urbaine. Elles permettront de réhabiliter 182 000 logements sociaux et d’en construire 84 000 nouveaux. Elles concerneront plus de deux millions d’habitants. Au total, l’aide de l’Etat permettra de réaliser plus de 35 milliards d’euros de travaux jusqu’en 2013.

Nous avons également mené une action déterminée pour encourager l’activité et l’emploi dans les quartiers sensibles.
Je pense aux 15 nouvelles zones franches urbaines que nous avons mises en place. Elles permettront de créer 12000 emplois supplémentaires dont au moins 4000 pour les habitants des zones urbaines sensibles.
Je pense aussi aux 150 000 jeunes qui ont été reçus par l’ANPE et les missions locales depuis le début de l’année.

Cette action, nous la conduisons en concertation avec les habitants, avec tous les acteurs de terrain qui s’engagent dans les quartiers difficiles. 100 millions d’euros ont été débloqués cette année pour soutenir l’action des associations. Cette enveloppe sera reconduite en 2007.

Vous le voyez, le gouvernement est tout entier dans l’action. Je sais que ce n’est pas la tradition dans notre pays en fin de mandat. Mais c’est l’engagement que j’ai pris devant les Français : travailler jusqu’au dernier jour pour répondre à leurs attentes. Cet engagement sera tenu. Ma détermination, au service des Français est plus forte que jamais.

Publié dans Action gouvernementale

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