Et le procureur Jean-Claude Marin commet un lapsus...

Publié le par P.A.

Le procureur de la République, Jean-Claude Marin, ne s'encombre pas de précautions. Ses interventions à l'audience témoignent chaque jour que le seul prévenu qui l'intéresse est Dominique de Villepin.

Lorsque la genèse de cette affaire a été examinée, avec Florian Bourges et Denis Robert, il a séché les débats, laissant à son jeune collègue, Romain Victor, le soin de mener les interrogatoires. Jean-Claude Marin s'était, en revanche, réservé l'interrogatoire de l'ancien premier ministre, le 30 septembre. Un éclair de haine, dans le regard de Dominique de Villepin, a traversé le prétoire où sa position de prévenu le plaçait en contrebas, lorsque du haut de son pupitre, le procureur de la République s'est adressé à lui sur un ton offensif, parfois inutilement railleur.

L'ancien premier ministre devait se rappeler le temps, pas si lointain, où Jean-Claude Marin lui rendait compte des "affaires sensibles" du parquet de Paris. Mais depuis, Nicolas Sarkozy est devenu président de la République et Dominique de Villepin comparaît pour complicité de dénonciation calomnieuse, ce qui change singulièrement les hiérarchies.


Lundi 5 octobre, alors qu'il interrogeait le général Rondot sur une intervention de M. de Villepin, en mars 2004, en faveur de la libération d'
Imad Lahoud, qui venait d'être placé en garde à vue, la langue de M. Marin a fourché. "Juste après la garde à vue de Dominique de Villepin... euh, d'Imad Lahoud..." Rires et sourires dans la salle. - "Plaît-il ?", s'agace M. Marin. - "Joli lapsus !", ironise Me Metzner. - "Lapsus, oui. On va voir qui n'en fait pas dans cette affaire !", reprend d'un ton sec le procureur.


Source: Le Monde | Pascale Robert-Diard

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