Clearstream : Yves Bertrand en défense de Villepin

Publié le par P.A.

Rencontre avec l'ancien patron des Renseignements généraux : pour lui, Villepin n'est pas coupable et Sarkozy savait.

L'ancien patron des Renseignements généraux fut l'un des premiers à consulter les fichiers Clearstream, les vrais, pas les faux. Il ne croit pas à la culpabilité de Dominique de Villepin, mais assure que Nicolas Sarkozy savait. Bien avant la révélation publique de l'affaire… Entretien avec l'ex-patron des Grandes oreilles.

Les RG destinataires du premier fichier

Yves Bertrand est rangé des voitures depuis janvier 2004, date où il quitte son poste de directeur central des RG pour le cimetière de l'Inspection générale. Cinq ans plus tard, c'est Nicolas Sarkozy en personne qui le déclare persona non grata à la place Beauvau, à cause de la publication des carnets de l'intéressé où il qualifiait Cécilia Sarkozy de « fêtarde ». Retraite anticipée, « un coup de pied dans le cul », écrit l'expert en basses manœuvres dans son dernier livre qui en veut beaucoup au chef de l'Etat. Son témoignage n'est pas celui d'une personne neutre, loin de là.

Il a donc des choses à dire sur ce qui apparaît aujourd'hui comme une succession de coups tordus dans les cuisines de la République, qu'Yves Bertrand peut se targuer d'avoir animées pendant douze ans ! Commençons par ce jour de « novembre ou décembre 2003 », où l'une de ses relations -un journaliste- lui apporte un CD-Rom qui contient… un fichier de clients de Clearstream. (Voir la vidéo, désolé pour le petit décalage image/son)


Si l'on en croit les méandres décrits par Frédéric Charpier, dans son livre « Une histoire de fous » (Seuil), quelques semaines plus tard, c'est la DGSE qui entre en possession du même fichier, par le biais d'Imad Lahoud et de son officier traitant. A l'époque, le service de renseignements extérieur n'accorde pas plus de crédit à ce CD-Rom. L'ajout de noms connus et de responsables des services secrets n'interviendra qu'après.

Mais l'affaire se complique avec l'intervention de Brigitte Henri, commissaire des RG spécialisée dans les affaires financières, qui « traite » Imad Lahoud de 2001 à 2003. Une mission qu'elle a longuement racontée aux juges d'instruction. Problème : Bertrand, son chef direct, nie avoir été tenu au courant de ces contacts. Or, les magistrtats n'ont pas organisé de confrontation pour savoir qui ment et pourquoi…

Nicolas Sarkozy savait, bien avant la révélation publique

Deuxième aspect du témoignage d'Yves Bertrand : la connaissance qu'avait Nicolas Sarkozy de l'affaire. Officiellement, le ministre de l'Economie et des finances s'étrangle en apprenant l'affaire, quelques jours avant que le scandale n'explose publiquement, le 8 juillet 2004. Le Point publie un article suggérant que les noms de plusieurs ministres figurent dans un fichier de Clearstream, censé rassembler un réseau mafieux de haut vol.

C'est à ce moment-là que Nicolas Sarkozy jette son anathème du « croc de boucher » et fulmine en privé contre le cabinet noir de l'Elysée, animé par Yves Bertrand.

En réalité, selon Bertrand, Nicolas Sarkozy aurait eu vent de l'affaire juste avant de quitter la place Beauvau, le 30 mars 2004. Le ministre de l'Intérieur a toujours suivi de près les histoires qui se trament à quelques pas de son bureau. Au sein de la DCRG, il s'appuie sur Bernard Squarcini, sous-directeur de la recherche, le numéro 2 d'Yves Bertrand. Un témoignage vient à l'appui des dires de Bertrand, celui de Charles Pasqua, qui a raconté dans le Parisien avoir averti Nicolas Sarkozy au printemps 2004.

Yves Bertrand répètera-t-il tout cela à la barre du tribunal correctionnel ? Cité comme témoin par les parties civiles, il refuse pour l'instant de se rendre devant la 11e chambre du TGI, comme il en a le droit. Mais le président pourrait décider de le convoquer. Histoire de vérifier que, sous serment, il ne colporte pas les rumeurs habituelles des RG…

Source: Rue89.com

Publié dans Clearstream

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