D. de Villepin: Ne pas rendre les Français allergiques à l'idée de réforme

Publié le par P.A.

Dans une interview au Parisien, l'ancien premier ministre Dominique de Villepin renouvelle ses attaques contre la politique du chef de l'Etat et du gouvernement, et se place comme «alternative» en 2012. Morceaux choisis.

Jamais avare d'une pique à destination de Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin repart à l'assaut. Profitant d'un entretien publié dimanche dans Le Parisien - Aujourd'hui en France, l'ancien premier ministre revient sur la politique du gouvernement, la multiplication des réformes, la radicalisation des conflits sociaux, le grand emprunt national… Et parle de son ambition personnelle pour 2012. Sans oublier le procès Clearstream, dans lequel il est amené à comparaître en septembre.

La politique de réformes de Sarkozy. «Il convient de saluer un certain nombre d'initiatives : la fusion ANPE-Unedic ou le RSA. Mais encore faut-il que ces réformes aboutissent. Or, soit parce qu'elles sont faites à contretemps (heures supplémentaires), ou qu'il s'agit de demi-réformes (travail le dimanche, formation professionnelle, ANPE-Unedic), ou encore de réformes à un coût exorbitant (régimes spéciaux), les résultats ne sont pas au rendez-vous. […] Les Français pourraient devenir allergiques à l'idée même de réforme si elle était perçue comme un simple refrain politicien. L'objectif doit être de rassembler et de servir les Français avec des résultats visibles.»

La radicalisation des conflits sociaux. «Il y a une exaspération, une colère, et rien ne sert de le nier. Quand j'évoque un climat prérévolutionnaire, je ne parle pas d'une révolution politique, mais d'initiatives qui peuvent prendre des formes diverses, des mouvements de désespoir. Cela nous impose beaucoup de vigilance, mais aussi une forte mobilisation.»

 

«Le grand emprunt n'est pas un remède miracle !»

 

Le grand emprunt national. «Le grand emprunt n'est pas un remède miracle ! Cela peut même être un piège. Et puis cet emprunt risque d'envoyer un mauvais message à ceux qui ont entre leurs mains les cordons de la bourse. On dit qu'il y a de l'argent sur la table, autrement dit, dépensez ! C'est comme mettre une nouvelle bouteille sur la table d'un alcoolique.»

Ses propositions. «Je ne cesse de poser une exigence de justice sociale. Je plaide pour des réponses fortes, comme le gel du bouclier fiscal ou une contribution plus importante de la tranche la plus élevée de l'impôt sur le revenu. […] Il faut agir à tous les niveaux. Nous devons nous organiser pour plus de gouvernance au niveau européen, en matière d'harmonisation sociale et fiscale, par exemple, comme au niveau mondial, au plan de l'environnement ou de la régulation financière.»

 

«La gauche souffre d'une crise de leadership et des idées»

 

La crise au Parti socialiste. «C'est à la fois une crise du leadership et des idées au sein de la gauche. Mais je ne me réjouis pas des difficultés des socialistes. On ne construit pas une politique avec le vide autour de soi. Nous avons besoin d'une opposition forte.»

Le procès Clearstream en septembre. «J'attends cette échéance avec impatience. J'attends que la justice aille jusqu'au bout et que l'on sorte des rumeurs et des mensonges.»

Les régionales 2010 et la présidentielle 2012. «[Sur sa candidature aux régionales], je me prononcerai le moment venu. Mais je veux dès maintenant rassembler autour de moi des sensibilités et des opinions très diverses. [Sur 2012], c'est l'échéance centrale de notre vie politique. Les Français ont besoin d'alternatives.

Source: Lefigaro.fr

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