Depuis onze mois, Sarkozy déçoit

Publié le par P.A.

Un bilan globalement négatif. Il y a un an, presque jour pour jour, Nicolas Sarkozy virait largement en tête au premier tour de l’élection présidentielle et, quinze jours plus tard, enlevait haut la main, l’Elysée. Onze mois plus tard, c’est un zéro sur - presque - toute la ligne que lui décernent les Français. Pour ce premier sondage de l’institut Viavoice pour Libération (lire page 7) , les personnes interrogées font part d’une amertume largement majoritaire : 59 % d’entre eux considèrent que cette première période du quinquennat est «plutôt un échec», contre 20 % qui estiment que c’est «plutôt un succès» (1). Si 79% des sympathisants de gauche jugent comme un échec ces premiers onze mois, une petite majorité seulement (52 %) des partisans de l’UMP les voient comme un succès. Il y a pire pour le président de la République : les ouvriers, qui constituaient le gros de ses bataillons électoraux en avril et mai 2007, expriment à 66 % leur désapprobation, et les personnes âgées de plus de 65 ans à 44 %. Dans les catégories socioprofessionnelles, les agriculteurs, les retraités et «autres inactifs» ne sont que 50 % à parler d’échec.

Sans appel. Pas un secteur n’échappe à la désillusion. Ainsi, sur le bilan de la présidence, le chef de l’Etat n’obtient que des soldes négatifs. Ses orientations politiques sont rejetées par 55 % de Français, tout comme la gestion de sa majorité (51 %), son style (54 %) et plus encore sa médiatisation et les résultats obtenus (67 % pour chacun de ces deux items).

Sur les réformes ou projets engagés, le jugement est là aussi sans appel. Hormis les secteurs relevant de la politique extérieure (rapprochement avec les Etats-Unis et relance de l’UE) et la défiscalisation des heures supplémentaires (une traduction du slogan de campagne, «travailler plus pour gagner plus» et un point positif sur le pouvoir d’achat), rien ne satisfait : de la revente des jours de RTT (un échec pour 45 %) au «paquet fiscal» (54 %), en passant par la suppression des régimes spéciaux (54 %) et même les efforts déployés pour la libération d’Ingrid Betancourt.

«Régression». Comme l’exprime une personne interrogée par Viavoice, «c’est la régression sur tous les plans». Un constat d’échec tant sur le plan de la justice sociale que sur le pouvoir d’achat ou le style présidentiel. Logique, dans ces conditions que la cote de popularité du chef de l’Etat baisse encore (38 % contre 40 %, fin mars), alors que celle de son Premier ministre, François Fillon, passe sous la barre des 50 %.

«Face aux sentiments de régression révélés par cette enquête, analyse François Miquet-Marty, directeur de Viavoice, il appartient à Nicolas Sarkozy de restaurer sa crédibilité et la confiance des Français en sa capacité à améliorer la situation du pays.»

Source: Libération

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