Dominique de Villepin RMC | BFM

Publié le par P.A.

> Les "Réformes"

L'ancien Premier Ministre, interviewé par Jean-Jacques Bourdin mardi 25 mars, s'est demandé « si les réformes vont dans le bon sens ». Selon lui, « il n'y a pas, dans la presse, les vrais débats sur les vraies questions et les Français ont le droit de savoir ». Revenant sur l'annonce de la suspension « des baisses d'impôts », il s'est demandé : « quelle politique économique, quelle politique financière, où va-t-on ? ». Il estime qu'il « y a un manque d'information cruel », malgré « les nouveaux médias qui apparaissent sur Internet et qui nous aident à approfondir un certain nombre de questions ». Enfin, il a souhaité que l'on « dépassionne le débat français, qu'on le rende moins politicien et qu'on aille plus au fond sur un certain nombre de questions ».


>Les J.O.

Dominique de Villepin est revenu sur la répression chinoise au Tibet et le débat sur l'éventuel boycott de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques qui en découle. Prenant position en faveur de ce boycott, il a invité Nicolas Sarkozy à « dire la vérité » car « il est placé dans une situation très inconfortable ». Selon Dominique de Villepin, le Président doit « dire au chinois : « j'ai un problème, car cette cérémonie est sur la table et elle va être rendue très difficile pour vous comme pour nous » ». Evoquant les « problèmes des annonceurs, problèmes des téléspectateurs, problèmes des manifestants », il a rappelé que « personne ne peut maîtriser » des manifestations comme hier à Olympie, où des militants de Reporters Sans Frontières ont perturbé les cérémonies autour de la flamme olympique.

>La laïcité

Dominique de Villepin, invité sur RMC, a estimé que « nous avons suffisamment de problèmes » pour éviter de rentrer dans ce « débat dangereux pour notre pays » autour de la laïcité et d'une possible révision de la loi de 1905. Selon lui, « en matière de laïcité, nous avons une chance formidable et nous nous appuyons sur des siècles de sacrifices : restons fidèles à la laïcité, restons fidèles à la loi de 1905 ». Pour l'ancien Premier Ministre, « il doit y avoir un seul discours sur la laïcité » et il ne faut pas s'adresser « aux chrétiens d'un côté, aux musulmans de l'autre et aux juifs ou aux francs-maçons par ailleurs ». Dominique de Villepin « ose espérer » que « Nicolas Sarkozy a compris le message qui lui a été clairement adressé » et il juge que « la France doit rester exemplaire » en matière de laïcité.

>Afghanistan et politique étrangère

Jean-Jacques Bourdin : Les français vont envoyer 1000 soldats de plus en Afghanistan, est-ce que le Parlement doit être saisi, doit-il y avoir débat et vote au Parlement ?

Dominique de Villepin
 : Le Parlement doit être saisi mais la Nation toute entière est concernée. Nous avons 2200 soldats en Afghanistan, nous avons eu depuis le début des opérations en 2001 14 morts et de nombreux blessés, ce n'est pas rien, c'est un engagement fort de la part de la France. Nous proposons d'envoyer 1000 hommes supplémentaires, c'est une question essentielle en terme de sécurité, comme d'autres mesures qui ont été annoncées. Ce sont les opérations extérieures de la France et je crois qu'il faut savoir plus précisément quelle est notre stratégie, quels objectifs nous voulons atteindre et comment. Je crois que cela fait partie des questions qui sont sur la table. Pour le moment il faut reconnaître que nous n'avons pas beaucoup de précisions.

 

Jean-Jacques Bourdin : Est-ce que vous dites ce matin que la politique étrangère de la France n'est pas claire ?

Dominique de Villepin : Je dis que sur ce plan, la Présidence de la République, le Ministère des Affaires Etrangères et le Ministère de la Défense doivent être plus précis. Envoyer des troupes à l'étranger, cela doit se faire dans un cadre clair. Je vous donne la réflexion telle que je l'ai laissée moi comme Premier Ministre : j'avais dit au Président de la République et nous en avions convenu les uns et les autres, que nous ne pouvions pas renforcer notre dispositif en Afghanistan compte tenu de l'absence d'objectifs clairement définis par les pays occidentaux, qu'il s'agisse de l'Otan ou des Etats-Unis. Dans ce contexte là, nous avions cherché au contraire à diminuer nos troupes pour éviter d'exposer des hommes dans un cadre qui n'est pas un cadre suffisamment précis. Je pense qu'aujourd'hui, avant d'augmenter nos forces sur le terrain, nous devons dire clairement quelle est notre stratégie. Il y a en effet plusieurs objectifs qui sont possibles : stabiliser Kaboul, faire la guerre aux Talibans, restaurer le pays indépendamment d'un ordre mafieux qui est maintenu par les seigneurs de guerres, le trafic de drogues...En tout état de causes, ce que nous voyons, c'est qu'au fil des années, la situation ne s'améliore pas, voire se dégrade. La question d'augmenter les troupes peut être posée, elle est légitime, mais il faut savoir pourquoi car il n'est pas possible d'envoyer des soldats supplémentaires dans cette région du monde, sans leur donner une feuille de route claire, une mission claire, et sans avoir obliger nos alliés à réfléchir davantage à l'objectif stratégique.


>Cercle de réflexion


Jean-Jacques Bourdin : Est-ce que vous allez prendre une initiative politique ?


Dominique de Villepin : Je vais prendre une initiative politique je l'espère, c'est-à-dire que je veux rassembler un certain nombre de bonnes volontés dans notre pays pour mieux comprendre ce qu'il se passe. Je veux donc créer un cercle de réflexions. 


Jacques Bourdin : Un parti ?


Dominique de Villepin : Non, pas sous la forme d'un parti, je ne crois pas que ce soit l'objectif, et poursuivre un objectif politicien c'est discréditer immédiatement l'objectif que l'on vise. Je voudrais créer un cercle de réflexions qui aurait un but simple, c'est d'accompagner la réforme. Je pense que c'est rendre service au gouvernement et au Président de la République que d'essayer de déterminer un certain nombre d'indicateurs qui vont permettre de dire aux français si oui ou non ça va dans le bon sens. En politique, il faut savoir ne pas personnaliser les choses, le combat n'est pas personnel, je n'ai aucun compte à régler avec personnes, ce que je souhaite c'est que la France réussisse. Je pense que nous avons un devoir, c'est de faire en sorte qu'avec François Fillon, avec Nicolas Sarkozy, la France réussisse tout simplement, parce que la chance que nous avons aujourd'hui de réformer notre pays, nous l'avons encore pendant quelques mois. Ces quelques mois passés, cela sera encore plus difficile et j'imagine la désillusion des français. Il n'y a pas de malentendu, ils ont voté pour le changement, pour que les choses changent, il faut les écouter et surtout vérifier que ces réformes dont on nous parle à longueur de journées, vont bien avoir les effets attendus.

 

Source: RMC

 

 


Publié dans Interview

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