Verdun: Arsène Lux triple la mise

Publié le par P.A.

Un soir de deuxième tour, seule la victoire est belle. Arsène Lux a donc savouré. Hier soir, il a été reconduit assez confortablement à la mairie de Verdun pour six ans. Il est ainsi entré dans l'histoire de la ville. Il faut remonter au début du siècle pour trouver un premier magistrat qui a enchaîné trois mandats. C'était Louis Maury dont le règne sur Verdun s'est achevé en 1904. « J'éprouve une certaine fierté ce soir à demeurer le maire de Verdun », confiait Arsène Lux à l'abri du brouhaha célébrant sa victoire.
 
En s'imposant avec près de 53 %, Arsène Lux a évité le piège de l'usure, et contourné l'obstacle de l'union de Jean-Louis Dumont avec Martine Pergent, ses deux adversaires rassemblés pour le faire chuter. Cela n'a pas suffi. Arsène Lux, bien implanté dans sa ville, a obtenu la confiance de la majorité pour poursuivre les transformations entamées. Évidemment, depuis sa permanence, Martine Pergent a vécu amèrement l'annonce des résultats : « Je pense que c'est Verdun qui a perdu. Mais il faut respecter le choix des Verdunois
».
Un large sourire, Arsène Lux a reçu dans la grande salle de l'hôtel des sociétés avec un plaisir non dissimulé les félicitations de ses proches, de ses colistiers et de ses supporters verdunois venus suivre sur les écrans géants le dépouillement. Auparavant, la proclamation des résultats dont il avait la charge en tant que maire sortant s'était achevée par un énorme cri de joie de sa fille et par des manifestations de tendresses de ses petites-filles présentes ce week-end à Verdun.
Bien avant cette annonce des résultats, les représentants de la liste Dumont-Pergent avaient quitté l'hôtel des sociétés. Les informations en provenance des différents bureaux ne laissaient aucun doute sur l'issue du scrutin, défavorable pour la troisième fois de suite à Jean-Louis Dumont. Réélu député en juin, il espérait bien surfer sur cette vague pour tourner la page de la droite à Verdun et ses treize années dans l'opposition.
Les Verdunois en ont décidé autrement. Il restera le leader de l'opposition. « On est d'autant plus déçu que l'on a fait une bonne campagne, tant au premier tour qu'au second avec la nouvelle liste. Le message n'est pas passé. On n'a pas mobilisé », constatait le député. « Pourtant, nous avons fait une campagne propre. La bataille n'est pas gagnée mais le débat se poursuivra. Je siégerai au conseil municipal avec des analyses critiques, n'en déplaise au titulaire. J'attends du futur maire, respect et responsabilité, deux termes qui lui sont inconnus ». Des remarques qui laisseront certainement de marbre Arsène Lux. Expliquant par la vague rose nationale une partie du net recul de son score par rapport au deuxième tour de 2001, le maire de Verdun retenait surtout la confiance et la reconnaissance du travail accompli. « Les Verdunois ont apprécié un bilan significatif dans la rigueur financière. Ils ont apprécié un programme ambitieux à la dimension de ce qu'ils souhaitent et de ce que doit obtenir la ville de Verdun avec de grands projets à la clef et ils ont bien conscience de l'ambition de promouvoir l'égalité des chances qui nous anime. Tout a été obtenu dans la clarté et sur la base d'une liste d'ouverture », se réjouissait Arsène Lux. Fidèle à ses habitudes lors des grands moments de sa vie, il va aller rapidement embrasser sa mère et se recueillir sur la tombe de son grand-père, avec qui il avait une relation fusionnelle, et sur celle de son père.
Hier, soir, l'homme était soulagé mais aussi serein et heureux. Il avait maintenu sa ville à droite, ce qui ne manquera pas de renforcer sa position sur l'échiquier départemental.
Pour autant, en dépit de l'euphorie légitime, il n'a pas organisé de fête particulière pour célébrer ce troisième mandat. Au contraire puisque ce matin, un TGV l'attendait à l'aube pour l'emmener vers les Invalides afin de représenter Verdun à la cérémonie nationale en hommage à tous les combattants de la Grande Guerre et à Lazare Ponticelli, le dernier poilu décédé la semaine dernière. L'heure n'est pas à la transition.
Source: L'Est Républicain | Sébastien GEORGES

Ce résultat positif illustre bien que finalement le meilleur moyen d'être réélu c'est d'avoir un bilan et des résultats concret à présenter aux élécteurs. Il témoigne également que la distance à l'égard de Sarkozy et de l'UMP est largement appréciée. Quand on regarde de plus près les résultats on s'aperçoit rapidement que les battus ont pour beaucoup payé un manque d'action ou une trop grande proximité avec le chef de l'etat. Saluons également la défaite de Nadine Morano qui en parfaite Sarkozyste n'a pas su dépasser le stade de la campagne permanente et dont l'immobilisme a été trés vite remarqué. Car il s'agit également de çà, cette élection est le symbole du ras le bol de l'inaction symbolisée par Sarkozy et sa Cour.
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V
Ce matin, Dominique de Villepin a annoncé sur RMC Info qu'il entendait fonder un club de réflexion rassemblant toutes les bonnes volontés. Je fonde beaucoup d'espoir dans cette initiative.
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V
Merci à vous PA pour cet article sur Verdun, intéressant et instructif. Je partage complètement l'analyse que vous donnez en conclusion. Je croyais que les français déçus par les belles promesses des uns et des autres se seraient davantage intéressés à la réalité des bilans et malheureusement , à l'occasion des différentes crises qui ont secoué notre pays, j'ai pu constater qu'il n'en était rien. J'espère que nos concitoyens vont se ressaisir sur ce point, qu'ils ne se laisseront plus bercer par le chant des sirènes et qu'ils prendront enfin la mesure de ce "principe de réalité" sans  lequel rien n'est possible !J'avais également été très déçue par le manque de relais que les médias accordaient aux conférences de presse mensuelles de Monsieur de Villepin et dans lesquelles il présentait les acquis de son action et la feuille de route pour l'avenir. A aucun moment dans la presse, je n'ai trouvé une analyse sérieuse et approfondie de ses interventions. Et ne parlons pas de la TV où le sujet était à peine effleuré, juste le thème et encore !!Et pourtant ses interventions étaient particulièrement riches et structurées avec des objectifs clairement affichés et une cohérence entre les différentes solutions proposées. On aurait de là, attendu un vrai débat qui, hélas,n'a pas eu lieu. Dommage pour nous  quand on voit aujourd'hui comment les décisons sont prises de manière si anarchiques et sans ligne directrice évidente !!!
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P
<br /> Merci bcp pour votre commentaire, je partage également votre point de vue, et c'est à nous d'organiser la rupture avec ces pratiques politiques trop superficielles.<br /> <br /> <br />