Shoah: Réactions à la proposition de N. Sarkozy

Publié le par P.A.

> Simone Veil

C'est «inimaginable, insoutenable et injuste», a jugé Simone Veil, présidente d’honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah.La proposition de N. Sarkozy d’associer chaque élève de CM2 au souvenir d'un enfant décédé des persécutions nazies horrifie cette ancienne déportée.
 
«On ne peut pas infliger ça à des petits de 10 ans», «On ne peut pas demander à un enfant de s’identifier à un enfant mort. Cette mémoire est beaucoup trop lourde à porter

«Nous mêmes, anciens déportés, avons eu beaucoup de difficultés après la guerre à parler de ce que nous avions vécu, même avec nos proches. Et aujourd’hui encore, nous essayons d’épargner nos enfants et nos petits-enfants. Par ailleurs, beaucoup d’enseignants parlent - très bien - de ces sujets», ajoute Simone Veil.

Pour elle, la suggestion de Nicolas Sarkozy risque d’attiser les antagonismes religieux : «Comment réagira une famille très catholique ou musulmane quand on demandera à leur fils ou à leur fille d’incarner le souvenir d’un petit juif?»


> Dominique de Villepin:

« Je trouve que c’est une idée étrange […] La charge de la mémoire d’un enfant mort c’est quelque chose de très lourd à porter. J’ai moi-même perdu mon frère jeune. Je crois que c’est quelque chose qu’on ne peut pas imposer […] La mémoire c’est quelque chose de délicat…Ce sont des domaines où l’on risque, sans le vouloir bien sûr, de rouvrir, de raviver des plaies beaucoup plus que de faire comprendre, d’éclairer. Donc ce sont des domaines où je crois qu’il ne faut pas que la politique rentre. Il faut que ceux qui ont vocation d’expliquer, les historiens qui ont vocation à faire leur travail le fassent... Ce sont des domaines d’une extraordinaire fragilité ou complexité.
 
 
 
« […] L’intimité, le poids, la charge : vous savez un enfant c’est compliqué. Tout cela chemine dans la tête d’un enfant, dans le cœur d’un enfant. Il faut beaucoup de soin, beaucoup de doigté, beaucoup de connaissance de cet enfant pour faire cela. Donc je pense que les faits historiques doivent être éclairés mais le poids affectif, la charge ceux sont des choses qu’il faut mesure, qui ne peuvent pas, une fois de plus, ni s’imposer ni se décréter […] La charge d’un enfant mort c’est quelque chose de difficile, c’est quelque chose qui chemine. Ce n’est pas, je pense, dans la responsabilité du Président de la République […] Je suis convaincu d’une chose : le XIXème siècle c’est le siècle des nationalités, le XXème a été le siècle de la barbarie et des idéologies, le XXIème est le siècle des identités […] Je ne crois pas que la mémoire doive devenir un champ d’expérimentation politique […] »

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