Affaire Clearstream: confrontation Dominique de Villepin, Jean-Louis Gergorin et le Général Rondot au pôle financier

Publié le par P.A.

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Dominique de Villepin a maintenu mardi sa position dans le dossier Clearstream lors d'une confrontation avec Jean-Louis Gergorin et le général Philippe Rondot, mais il s'est parfois retrouvé en contradiction avec les versions concordantes des deux hommes, selon des sources proches du dossier.

Entamée à 10H00, la confrontation a été interrompue durant une heure et demie à l'heure du déjeuner et a pris fin peu après 18H00.

Selon l'une de ces sources, les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons ont tout au long de la journée confronté l'ancien vice-président d'EADS et l'officier spécialiste du renseignement à leurs propres déclarations passées avant d'interroger l'ancien Premier ministre.

Une méthode qui a parfois placé M. de Villepin en porte-à-faux, notamment sur la réunion du 9 janvier 2004 qui a réuni les trois hommes dans son bureau du Quai d'Orsay.

Les deux magistrats enquêtent depuis septembre 2004 sur cette affaire de dénonciation calomnieuse visant des personnalités industrielles et politiques, dont l'actuel chef de l'Etat Nicolas Sarkozy, par le biais de faux listings bancaires de la chambre de compensation Clearstream.

Dans cette affaire, Dominique de Villepin est soupçonné d'avoir tenté de déstabiliser l'ancien ministre de l'Intérieur pour lui barrer la route vers l'Elysée.

MM. de Villepin et Gergorin ont tous deux été mis en examen dans ce dossier dans lequel le général Rondot est témoin assisté.

Mardi, peu avant 10H00, le général Rondot et Jean-Louis Gergorin sont entrés au pôle financier du tribunal de Paris par la grande porte devant laquelle les attendaient de nombreux journalistes pendant que l'ancien Premier ministre pénétrait de son côté en voiture par le parking. Aucun n'a fait de déclaration.

Dans la matinée, les magistrats se sont notamment penchés sur la réunion du 9 janvier 2004 dans le bureau de M. de Villepin, qui a donné un tour politique à cette affaire, selon des sources proches du dossier.

M. de Villepin affirme avoir alors simplement demandé au général de "le tenir informé" de l'enquête qu'il menait sur les listings pour le ministère de la Défense et sur ses éventuelles implications internationales.

Il soutient qu'il n'a "pas souhaité rentrer dans le détail nominatif des listings" dans lesquels apparaissait le patronyme de Nicolas Sarkozy.

L'ex-Premier ministre a confirmé mardi cette version, mais selon des sources proches du dossier il a été contredit par Jean-Louis Gergorin et le général Rondot. Selon ces sources, les deux hommes ont en effet affirmé que la mission confiée au général était "bien plus large" et portait sur les titulaires présumés des comptes.

La confrontation devait également porter dans l'après-midi sur les circonstances de la transmission à la justice des faux listings début mai 2004 par le "corbeau" Jean-Louis Gergorin.

Devant les juges d'Huy et Pons, il soutient avoir agi sur instruction de Dominique de Villepin, qui s'en défend.

Le général Rondot a confirmé avoir reçu cette confidence de M. Gergorin qu'il avait retranscrite dans une note exhumée fin juin de son ordinateur.

"J'ai appris que, après avoir, selon lui, reçu des instructions de Dominique de Villepin huit jours auparavant, il avait été décidé de +parler au juge van Ruymbeke+", écrit-il. Cet élément a fondé la mise en examen de M. de Villepin le 27 juillet.

Une autre confrontation est prévue mercredi après-midi entre Dominique de Villepin et Philippe Rondot.

Source: AFP

 

Publié dans Clearstream

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