Le New York Times écœuré par les tests ADN français

Publié le par P.A.

Dans un édito au vitriol, le prestigieux quotidien américain dénonce une «nouvelle loi hideuse» et n'hésite pas à dresser un parallèle avec certaines lois de la France de Vichy.

 
«Les questions d’immigration font ressortir les pires instincts des hommes politiques qui devraient être plus raisonnables». Dimanche, le New York Times a publié un éditorial corrosif intitulé «Bigoterie pseudo-scientifique en France», pour vilipender le projet de loi sur l’immigration de la France, et notamment la mise en place des tests ADN, qualifiée de «loi hideuse».
 
«Les tests ADN peuvent être utiles pour établir la culpabilité ou l’innocence dans une affaire criminelle. Mais ils n’ont rien à faire dans une loi sur l’immigration», peut-on lire.
 
Leçons de l’histoire
 
Le quotidien ne comprend pas que la France n’ait pas retenu les leçons de son histoire. «Des notions pseudo-scientifiques de lignée pure ont été introduites avec de conséquences tragiques, sous l’occupation par les Nazis et leurs collaborateurs de Vichy».
 
Fort de ce constat, le New York Times estime que Nicolas Sarkozy «aurait pu intervenir pour stopper ce projet de loi à n’importe quel instant, et en a encore la possibilité», mais «ne le fera sans doute pas».
 
«Alors qu’il est lui-même le fils d’un immigré hongrois, Mr Sarkozy s’est fait un nom politique avec ses critiques acerbes sur les immigrés récents, et notamment sur ceux originaires d’Afrique du Nord», affirme le quotidien qui voit dans cette thématique un levier électoral.
 
Et de conclure : «Nicolas Sarkozy veut être considéré comme un homme d’Etat. Qu’il agisse en tant que tel.»

Source: Le Figaro

Publié dans Action gouvernementale

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ADN, la suite… Le projet de loi sur l’immigration, incluant « l’amendement modifié » sur les tests ADN, a donc été adopté hier à l’Assemblée Nationale, mais par une courte majorité. En effet, il y eu 282 votes « pour », représentant moins de la moitié (48.9%) des 577 députés (60 n’ont pas pris part au scrutin), et ce résultat est à rapprocher de l’effectif des groupes UMP, Nouveau Centre, et apparentés: 342 membres… La décision finale reviendra donc très certainement au Conseil Constitutionnel. Jacques Chirac, visitant il y a quelques jours la Cité de l’immigration, s’est refusé à tout commentaire sur le sujet, laissant entendre qu’il pourrait peut-être participer aux débats de l’institution dont il est maintenant membre de droit (Jacques Toubon précisant aussitôt que la position de l’ancien Chef de l’Etat était la même que la sienne…). Des parlementaires de la majorité, dont François Goulard ou encore Etienne Pinte, continuent à s’exprimer sur leurs blogs. Aujourd’hui même, Simone Veil, qui siégeait encore récemment au Conseil Constitutionnel, s’est déclarée opposée aux tests ADN. Il est plus que vraisemblable que l’institution présidée par Jean-Louis Debré sanctionnera cet amendement malheureux. Le Président de la République aurait pu mettre un terme à la polémique avant que celle-ci ne prenne trop d’ampleur en retirant cet additif au projet de loi qui, de l’avis de tous, est maintenant quasi-inapplicable. Il aurait pu, dans la foulée, se rendre à l’inauguration de la Cité de l’immigration et, par ce geste rassembleur, apaiser les esprits. Il a manqué ces occasions… Notre Constitution lui offre cependant encore une solution de rattrapage. L’article 10 lui permet, dans un délai de 15 jours, de « demander au Parlement une nouvelle délibération de la loi ou de certains de ses articles. Cette nouvelle délibération ne peut être refusée ». Il préférera certainement la solution consistant à laisser le Conseil Constitutionnel prendre la bonne décision à sa place, ce qui lui laissera par ailleurs la faculté d’expliquer à ses électeurs de la droite la plus extrême qu’il a fait ce qu’il a pu, mais que son ami Debré n’a qu’une obsession: lui mettre « les bâtons dans les roues »…
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