Dominique de Villepin lance une nouvelle charge contre Nicolas Sarkozy

Publié le par P.A.

Après avoir contesté les propos tenus par Nicolas Sarkozy sur l'affaire Clearstream, après avoir critiqué les déclarations de François Fillon sur la "situation de faillite" de la France, Dominique de Villepin continue son offensive. Interrogé dimanche 23 septembre sur Radio J, il a lancé une nouvelle charge contre le président de la République.

Sur le plan diplomatique, d'abord. "Il y a un infléchissement dans la politique française dans un sens qui peut paraître aujourd'hui un rapprochement, parfois même un alignement sur certaines positions de l'administration Bush", a lancé l'ancien premier ministre, en référence aux récentes déclarations de Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner.

"Je m'en inquiète (...) parce que c'est une administration finissante, qui s'est beaucoup trompée en matière de politique étrangère", notamment sur l'Irak, a-t-il ajouté. S'agissant de l'Iran, M. de Villepin estime qu'il faut "affiner les sanctions" de l'Onu "pour être le plus efficace possible" sans "s'enfermer dans un choix manichéen".

SORTIR DE LA "FRÉNÉSIE"

Mais il s'est aussi interrogé sur l'attitude de la France vis-à-vis de la Banque centrale européenne. "Je comprends très bien la réaction de Nicolas Sarkozy vis-à-vis de la Banque centrale européenne. Est-ce que cela fait avancer les choses ? Je n'en suis pas sûr", a-t-il décalré. Avant d'ajouter : "Il ne faut pas se tromper de cible. La cible, ce sont les Etats. Il faut qu'ils s'entendent sur la définition d'une stratégie économique et financière (...) Trop souvent, l'Europe a été le bouc émissaire de nos plaintes et de nos critiques".

Dominique de Villepin s'est également dit "blessé" par l'instauration de tests ADN pour les candidats au regroupement familial. "Cela me blesse" car "une entorse à un principe, même sur un mode facultatif et expérimental, ce n'est pas acceptable", a-t-il déclaré sur Radio J. "Je pense que ce n'est pas constitutionnel et je pense surtout que cela ne correspond pas à l'histoire et à l'esprit de notre pays. Regardons les autres pays qui (pratiquent ces tests ADN). La Grande-Bretagne n'a pas du tout la même histoire que nous, elle n'a pas connu les rafles" , a-t-il insisté.

"Qu'il s'agisse des quotas, qu'il s'agisse de ces tests ADN, qu'il s'agisse de réunir des préfets pour qu'ils remplissent des critères dans ce domaine, je pense que ce n'est pas utile, ce n'est pas nécessaire et je pense surtout que cela peut diviser les Français", a martelé M. de Villepin.

Et l'ancien premier ministre de conseiller au président de changer de style : "Il faut qu'on sorte un peu de la frénésie actuelle (...) Les Français ne peuvent pas vivre dans un tourbillon permanent", a martelé l'ancien locataire de Matignon."Nicolas Sarkozy a une ambition, il faut qu'il apprivoise cette ambition et qu'il s'apprivoise lui-même pour atteindre la sérénité" et "être dans un rapport avec la nation qui évite les divisions", a-t-il déclaré sur Radio J.

Dominique de Villepin a également égrené « des tas de domaines » où le gouvernement doit être « davantage présent » : lutte contre la pauvreté, hébergement d'urgence, famille, santé... Avant de lâcher une nouvelle pique : « Ce n'est pas parce que la forme donne le sentiment d'une hyper-présence » du chef de l'Etat « que l'ensemble des problèmes est traité ».

Source: Le Monde, Le Figaro

Publié dans Action gouvernementale

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