Villepin attaque Sarkozy en défendant son "Napoléon"

Publié le par P.A.

L'ancien premier ministre se démène dans les médias pour distribuer bons et mauvais points au président.

 
DOMINIQUE DE VILLEPIN est en tournée de promotion. Sur tous les tons, et avec une liberté retrouvée, l'ancien premier ministre redevenu écrivain défend officiellement son nouveau livre sur Napoléon (Le Soleil noir de la puissance, Perrin). Son plan média lui a déjà ouvert les portes de TF 1, RTL, du Figaro, du Parisien, d'Europe 1 et France Info. Avant de se rendre ce soir sur i-Télé, demain sur France Inter et d'être vendredi le premier invité de Guillaume Durand sur France 2.
 
Après une cure médiatique de cent jours, Dominique de Villepin a donc recouvré la parole. Il a décidé d'exprimer la « rage » qui l'anime depuis qu'il a été mis en examen dans l'affaire Clearstream et avant son prochain rendez-vous, le 13 septembre, chez les juges. Hier, il s'est étonné qu'on puisse « à la fois être partie civile alors qu'on est président de la République, président du Conseil supérieur de la magistrature, qu'on peut se tenir jour après jour informé d'un dossier - y compris de ce qui n'est pas dans le dossier - et qu'on peut donner des instructions à la Chancellerie et au parquet ? »
 
Redevenu bavard, le chiraquien Villepin dit tout haut ce que nombre d'amis de l'ancien chef de l'État pensent tout bas des premiers mois de la présidence Sarkozy. Pas une interview sans qu'il ne glisse tantôt un compliment, tantôt une pique contre son ex-rival. Témoin : sa prestation hier sur Europe 1, qui lui a permis de tacler la politique africaine de Sarkozy et de le mettre en garde sur l'Irak. « Sur la politique étrangère, il y a des dossiers sur lesquels nous pouvons faire mieux », a déclaré l'ancien patron du Quai d'Orsay.
 
Briser l'unanimisme ambiant
 
Revenant sur le discours prononcé par le président au Sénégal en juillet, Villepin s'est dit « blessé » par certains propos. Il a pointé ceux « tenus à Dakar sur l'homme africain qui n'entrerait pas suffisamment dans l'avenir ». Sur l'Irak, celui qui fut le chantre du refus de la guerre, a appelé à avancer « les yeux ouverts » et à « être lucides ». « Pour avancer en Irak, il faut un préalable, un gouvernement d'union nationale et un vrai calendrier de retrait des troupes américaines. »
 
Ces critiques font suite à ses déclarations sur le « développement de l'esprit de cour ». Avant, il avait appelé le président et la majorité à « ne pas s'endormir sur leurs lauriers » et souligné qu'il avait, lui, fait baisser « le chômage de deux points en deux ans ». Bref, Villepin est aux aguets. Prêt à sauter sur le moindre faux pas du successeur de Jacques Chirac.
 
En reprenant la parole, il n'a pas seulement retrouvé sa liberté. Il semble s'installer, même s'il s'en défend, dans le rôle de premier des opposants à Sarkozy. Ou, à tout le moins, de briser l'unanimisme ambiant autour des débuts de Sarkozy. Adepte de la pensée iconoclaste, il est même convaincu que, faute d'une gauche crédible, c'est à la majorité d'organiser, en son sein, le débat contradictoire avec le gouvernement. Un rôle taillé sur mesure pour Villepin. Mais l'ex-premier ministre a-t-il encore les moyens de ses ambitions ? (La réponse est sans conteste: oui!)

Source: Le Figaro

Publié dans Action gouvernementale

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