Dominique de Villepin observateur avisé de "l'action" gouvernementale

Publié le par P.A.

Au travers des récentes interventions de Dominique de Villepin, on le voit clairement, il y aura une opposition au Président Sarkozy au sein de l'UMP de la même façon que durant cinq ans Nicolas Sarkozy incarnait une opposition face au pouvoir présidentiel de Jacques Chirac. Gageons que nous serons nombreux à ses cotés.
Cette technique est trés utile pour éviter au gouvernement d'aller dans le mur, peut être même Dominique de Villepin doit-il une part de son succès à la vigilance des Sarkozystes durant son action.
Malheureusement il semble que l'actuel gouvernement préfère s'endormir et se nourrir à l'autosatisfaction. Ainsi, Laurent Wauquiez,porte parole du gouvernement, a répliqué à Dominique de Villepin. Après ses propos de lundi soir sur TF1, qui demandait à la majorité présidentielle de ne «pas s’endormir sur ses lauriers», en appelant à «des résultats», il a répondu hier sur France 2 par «un proverbe : les conseilleurs ne sont pas les payeurs».«On a un nouveau président de la République, un nouveau gouvernement. C’est à nous de prendre nos responsabilités», a-t-il conclu. Nadine Morano, porte-parole de l’UMP, a également répliqué à Dominique de Villepin : «Nous, on a les mains dans le cambouis et dans le charbon, d’autres ont les mains dans les poches.» Et de se féliciter : «Nous avons la chance d’avoir un Président actif, efficace, avec des promesses qui ont été tenues.» On peut s'interroger sur la façon qu'a Mme Morano de mettre les mains dans le cambouis, si j'osais m'abaisser au niveau où elle a l'habitude de faire de la politique, c'est à dire trés bas comme on a pu le voir dans ses attaques contre Ségolène Royal durant la campagne présidentielle, je dirais que si elle mets les mains dans le cambouis c'est surtout pour s'en servir de maquillage mais je ne me permettrai pas ce genre d'attaque. Mais plus serieusement ces réactions illustrent de la pensée unique qui règne au sommet de l'Etat, chacun n'est plus libre de dire ce qu'il pense sans être ensuite tourné en dérision. Une alternative à droite est pourtant nécessaire, pour proposer des idées et pour servir de garde-fou.
On peut imaginer que les français ne resteront pas aveugles éternellement, et malheureusement, on ne peut que regretter chaque jour le faible niveau d'action du gouvernement, aucun grand chantier n'est encore ouvert et déjà les déceptions pleuvent que ce soit avec le "mini" traité européen, avec la réforme des universités, avec la rationnalisation du nombre des fonctionnaires ou encore avec les interets d'emprunt et leur impact au niveau fiscal, le peu qui est entrepris ne l'est que trés partiellement et bien loin des promesses initiales... A un moment donné les français comprendront qu'ils ont été bernés sur toute la ligne.
Il est temps de redresser la barre, c'est pourquoi les remarques de Dominique de Villepin sont plus que bienvenues.
"La mission d’un gouvernement consiste d’abord à servir et non à plaire" comme l'a si justement écrit notre ancien Premier ministre, il serait donc temps de penser à agir. Pour Dominique Reynié, chercheur au Cevipof, Nicolas Sarkozy "est moins dans l'action que dans la communication". "Il se saisit de l'actualité, enchaîne les déclarations d'intention et se comporte comme si le problème était réglé", explique de façon réaliste le politologue. "Regardez le déplacement en Corse, il n'y a rien de nouveau dans les propos tenus, rien qui soit de nature à faire évoluer la situation." a ainsi estimé Dominique de Villepin à 'issue de son intervention sur RTL. Même chose avec l'irrespect de la promesse faite par le candidat Sarkozy sur la diminution du nombre de fonctionnaires. De l'engagement de supprimer un poste sur deux lors des départs en retraite, le gouvernement s'est mollement contenté de n'en supprimer qu'un sur trois. "En agissant ainsi, a dit Dominique de Villepin, on perd sur les deux tableaux. On mécontente les fonctionnaires et on déçoit les électeurs. Au bout du compte, c'est le désenchantement."
Nicolas Sarkozy, après une phase de conquête du pouvoir est déjà dans la phase où il cherche à se maintenir à tout prix.

P.A.

Publié dans Mes notes

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