Assemblée: Bernard Accoyer monte au "perchoir"

Publié le par P.A.

A l'issue d'un vote sans suspense, le député UMP Bernard Accoyer, 61 ans, a été élu mardi président de l'Assemblée nationale par 314 voix sur 531 suffrages exprimés, dès le premier tour. Il succède au "perchoir" à Jean-Louis Debré avec qui il entretenait des rapports notoirement difficiles.

Ce scrutin très protocolaire ne recelait aucune surprise. L'UMP détient à elle seule la majorité, sans compter le soutien des députés du Nouveau centre. Contrairement au match fratricide Jean-Louis Debré/Edouard Balladur en 2002, il n'avait aucun dissident UMP face à lui et n'avait rien à redouter de la socialiste Marylise Lebranchu, son unique adversaire (216 voix).

M. Accoyer devient ainsi le quatrième personnage de l'Etat et le onzième président de l'Assemblée sous la Ve République, si on compte l'intérim de Patrick Ollier depuis le 7 mars suite au départ de M. Debré pour le Conseil constitutionnel. Il était président du pléthorique groupe UMP sous la précédente législature, poste où Jean-François Copé lui a succédé.

« Bernard Accoyer est diplomate, plein de finesse et d’humour. » Josselin de Rohan, président du groupe UMP au Sénat, ne tarit pas d’éloges sur son ancien homologue à l’Assemblée nationale. Ensemble, ils ont mené les discussions avec les partenaires sociaux en 2006, au moment de la crise du CPE. «Je l’ai vu à l’oeuvre, il a grand sens du dialogue. »

Médecin ORL de formation, ce fondu de ski et de vélo fait des débuts tardifs en politique. En 1989, il est élu maire RPR d’Annecy-le-vieux, à l’âge de quarante-quatre ans. Il rentre au Palais-Bourbon aux élections législatives de 1993. Pour Josselin de Rohan, son expérience de médecin lui est d’une grande utilité dans sa vie politique. « Il est très marqué par sa formation médicale. Grâce à ça, il sait émettre des diagnostics justes sur les événements. Il est intègre. »

Nommé président du groupe UMP à l’Assemblée nationale en 2004, Accoyer réalise vite que l’activité n’est pas de tout repos. L’année 2006 est mouvementée. Les relations sont électriques entre les députés de la majorité, divisés entre sarkozystes et villepinistes, sur fond de dossiers épineux : le CPE et la fusion Suez GDF. «Accoyer a joué un rôle pacificateur efficace »,  se souvient Jean Tiberi, député UMP de Paris, avant de décrire « un homme très à l’écoute des uns et des autres ». Un avis partagé par la majorité du groupe qu’il dirigeait, même si certains n’ont pas pardonné à Accoyer des prises de position en faveur de Nicolas Sarkozy.
Ainsi pour Georges Tron, député UMP de l’Essonne, proche de Dominique de Villepin, « Accoyer ne discute qu’avec ses amis, ce qui ne s’appelle pas discuter», dit-il, amer, avant de concéder qu’il a « malgré tout les capacités d’être un bon président ».


Source: Le Point et Nouvel Obs
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